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Société | Check-up : la nouvelle épidémie lyonnaise |

28/05/2009

Check-up : la nouvelle épidémie lyonnaise

De plus en plus en plus de Lyonnais font des bilans de santé personnalisés. Vraiment utiles ? Réponse de Pierre Amar,  gérant de CBSA.

La Clinique du Parc

Les prestations que vous proposez ?
Pierre Amar : Notre métier depuis sept ans, c’est de réaliser des bilans de santé à la demande des sociétés d’assurance qui garantissent des prêts, afin qu’elles identifient les risques auxquels sont exposés leurs clients et donc qu’elles fixent leurs tarifs. Mais nous venons de lancer un check-up, c’est-à-dire un bilan de santé personnalisé qui permet à n’importe qui d’établir un diagnostic précis sur son état de santé et sur d’éventuels facteurs de risques.
Pourquoi ne pas tout simplement s’adresser à son médecin pour réaliser ce genre de bilan ?
D’abord parce que le médecin généraliste a pour vocation de soigner des patients malades, pas de traiter des gens qui veulent juste savoir où ils en sont. D’ailleurs, ces médecins sont de plus en plus contrôlés. Ils doivent justifier leurs demandes d’examen par une recherche de pathologie. Ensuite, un vrai check-up prend vraiment du temps. Enfin, nous, on se place sur le terrain de la prévention. On va porter à la connaissance du patient les facteurs de risques sur lesquels il doit rester vigilant, et éventuellement lui conseiller d’aller voir un spécialiste pour approfondir un problème. On n’est donc pas concurrents des médecins traditionnels mais complémentaires.
Comment se déroule un check-up ?
Il faut compter deux bonnes heures d’examens pour un bilan de référence. Avec d’abord un questionnaire médical à remplir sur les antécédents personnels et familiaux, le mode de vie, l’activité professionnelle... Puis nous réalisons des examens sanguins et urinaires pour dépister des carences ou certaines pathologies silencieuses, c’est-à-dire sans symptôme, comme l’hépatite, la séropositivité, l’anémie, des infections ou un taux important de cholestérol, ce qui est un facteur de risque cardio-vasculaire. On poursuit avec l’évaluation de la vue, de l’audition et de la capacité pulmonaire, puis avec une radio des poumons et un électrocardiogramme. Et enfin on termine par une consultation avec un médecin qui réalise un examen clinique complet : palpations, prise de tension...
Vous proposez le même check-up à tout le monde ?
Non, on l’adapte en fonction de l’âge et du sexe. Exemple, à partir de 50 ans, on propose un dosage PSA pour dépister un éventuel cancer de la prostate. Ou une mammographie pour les femmes. Et puis, en fonction des habitudes de vie ou des antécédents familiaux, on recommande des investigations supplémentaires. Comme un frottis pour la femme afin de détecter un cancer du col de l’utérus ou différentes échographies, hépatique, de la thyroïde, un électro d’effort...
Le prix de cette prestation ?
600 euros pour le bilan de base. Mais avec des examens complémentaires, il faut compter entre 800 et 1 000 euros, non remboursés. Ça peut sembler cher mais la moitié du prix revient aux laboratoires d’analyses alors qu’il faut aussi payer les médecins cardiologues, radiologues, ou pneumologues qui interviennent. Enfin, on propose un vrai plus : le patient repart avec une clé USB où est répertorié l’ensemble de son bilan de santé, qu’il peut communiquer à son médecin et utiliser en cas de nécessité, notamment en voyage !
Ces check-up qui s’adressent à une population aisée sont vraiment utiles ?
C’est vrai que nous réalisons des check-up essentiellement pour des cadres et des chefs d’entreprise. Une population qui est globalement mieux informée et moins soumise à certains risques comme le tabac, l’alcool, la mauvaise alimentation. Mais il y a aussi dans cette population des gens surmenés qui ne prennent pas le temps de consulter un médecin. D’ailleurs, il n’est pas rare que nous détections des taux de cholestérol un peu élevés ou encore des hépatites qui peuvent être très dangereuses. Nos check-up ne sont donc pas inutiles. Bien au contraire. Ils permettent une vraie prise de conscience de certains risques, donc une meilleure prévention.
Mais ces check-up restent réservés à des privilégiés !
Non, car la Sécurité sociale propose également des bilans de santé aux assurés sociaux, notamment vulnérables. Même si c’est un peu différent. Mais, nous, on n’a pas vocation à remplir une mission de service public. En plus, il ne serait pas réaliste de demander l’éventuel remboursement de ces bilans car ça coûterait trop cher. Même si on peut imaginer que des mutuelles proposent à terme la prise en charge de ces bilans.

Propos recueillis par Maud Guillot

CBSA, 155 ter bd Stalingrad, Lyon 6e, tél. : 0810 332 932.

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