Président départemental du Modem, Cyril Isaac-Sibille analyse la claque du Modem aux Européennes.
Comment vous expliquez le mauvais score du Modem qui n’a qu’un élu dans le sud-est ?
Cyril Isaac-Sibille : La campagne politique a été très dure pour nous car tous les partis ont pilonné François Bayrou en lui reprochant de ne pas faire une campagne pour les européennes mais pour l’élection présidentielle. A chaque interview, à chaque débat, c’étaient les mêmes questions, les mêmes attaques... Pourtant, on ne peut pas séparer les enjeux nationaux des enjeux européens.
Son livre anti-sarko de Bayrou, “Abus de Pouvoir”, ce n’était pas une erreur de stratégie ?
Non. Ce livre abordait des problèmes éthiques dans le fonctionnement actuel de la politique, des médias, de l’économie... Avec un constat sans concession. Ce livre a d’ailleurs eu un gros succès en librairie car les électeurs ont bien compris que pour faire basculer la vie politique en France, il faut gagner l’élection présidentielle.
Votre erreur pendant cette campagne européenne ?
On n’a pas réussi à convaincre les électeurs que l’environnement était aussi pour nous une priorité. Pourtant, ce n’est pas pour rien qu’on a pris l’écologiste Jean-Luc Benhamias comme tête de liste dans le sud-est. Ni que d’autres Verts nous ont rejoint comme Yann Werhling. Mais je suis très content que les électeurs aient eu ce réflexe écologiste. Car c’est un vote pour sauver la planête. Et je partage cette préoccupation. D'ailleurs, la diffusion du film "Home" de Yann Arthus-Bertrand a provoqué un déclic dans l'électorat. Je l'ai moi-même regardé. Il est très prenant. Le message, c'est qu'on a dix ans pour changer de comportement si on veut s'en sortir. Personne ne peut être insensible à l'urgence écologiste.
Le résultat, c’est quand même que les centristes sont marginalisés...
Non. Il faut examiner la situation politique sereinement. Les écologistes ne pourront pas transformer leur succès à ces élections européennes en pesant lors des prochaines élections. Cohn-Bendit va repartir en Allemagne et s’investir au Parlement européen. Et ce n’est pas Eva Joly, José Bové ou Noël Mamère qui pourront devancer Sarkozy à la prochaine élection présidentielle.
Le Modem pourrait disparaître ?
Non. Au contraire. On est un jeune parti en construction, à peine 18 mois d’existence. L'avenir est devant nous.
Comment vous comptez vous en sortir ?
Le Modem souffre d’un problème de lisibilité. Les électeurs se disent que l’UMP, c’est la sécurité, les Verts l’environnement, le PS ils ne savent plus trop... Alors que le Modem, c’est avant tout pour eux une image de modération et d’ouverture. Mais ils connaissent encore mal notre programme. Alors on va se mettre au travail !


Twitter
Facebook

Commentaire
Bernard
Battling
Bernard
Indépendant
Amicale Lyonnaise
Fred