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Politique | Nora Berra : “Tout est allé très vite !” |

16/07/2009

Nora Berra : “Tout est allé très vite !”

Elue députée européenne, Nora Berra a aussitôt démissionné pour entrer au gouvernement comme secrétaire d’Etat chargée des Aînés. Ce qui fait désormais de cette conseillère municipale un personnage qui compte au sein de l'UMP lyonnaise.

Pourquoi avoir dit que votre entrée au gouvernement n’était qu’une rumeur quand l’information a commencé à circuler ?
Nora Berra : Parce que je ne savais pas moi-même que j’allais devenir secrétaire d’Etat. D’ailleurs, tout est allé très vite. Le 7 juin, je ne suis même pas sûre d’être élue au Parlement européen puisque j’étais en cinquième place sur la liste UMP et qu’on espérait plutôt quatre places. Et le 23 juin, j’entre au gouvernement.
Comment on vous a annoncé la nouvelle ?
J’étais en train de m’installer à Bruxelles quand le directeur de cabinet du premier ministre m’a demandé de venir le voir à Paris. A peine le temps de rentrer à Paris. Et en fin de journée, le secrétaire général de l’Elysée annonçait la composition du nouveau gouvernement.
Vous avez hésité ?
Quand on vous propose de servir la République, ça ne se refuse pas.
Vous avez rencontré Nicolas Sarkozy avant d'être nommée ?
Non. Mais je l’avais rencontré pendant l’élection présidentielle de 2007.
Pourquoi Nicolas Sarkozy vous a choisie ?
Parce que je suis médecin et que j’ai été confrontée aux difficultés que rencontrent les personnes âgées. Mais aussi parce que mon élection comme députée européenne m’a donné plus de visibilité.
Mais ce n'est qu’un strapontin !
Non, c’est tout le contraire d’un strapontin ! Car en nommant un secrétaire d’Etat aux Aînés, Nicolas Sarkozy veut pleinement prendre en compte cette question. Pas seulement dans son aspect santé avec le plan Alzheimer mais dans toute sa dimension humaine. Car il veut valoriser la question intergénérationnelle.
Mais vous êtes aussi là pour représenter la diversité !
Personnellement, je suis étonnée que ça surprenne encore quand une fille d’immigré algérien est nommée au gouvernement. Car ça me paraissait normal qu'un gouvernement soit représentatif de la France d’aujourd’hui, dans toute sa diversité !
Mais Sarkozy fait moins de place à la diversité dans ce nouveau gouvernement ?
Pas du tout. Je ne suis pas un cas isolé. Fadela Amara est toujours chargée de la Politique de la ville, Rama Yade est passée aux sports...
Vous avez eu du mal à vous imposer en tant que fille d’immigré ?
Non à Lyon, j’ai toujours été reconnue pour mes compétences. Que ce soit dans mon métier ou à l’UMP. Mais je sais que certains rencontrent parfois des difficultés.
Vous redoutez d’être attaquée comme Rachida Dati ou Rama Yade ?
Mais pourquoi devrais-je être comparée à Rama Yade ou Rachida Dati plutôt qu’à une autre ministre ?
Mais il y a déjà des vidéos qui circulent sur le net où on vous voit bafouiller...
Avec internet, tout est possible, y compris le pire ! Dès qu'on prend des responsabilités, on s’expose au risque de voir ressortir des vidéos hors contexte. Mais je prends ces moqueries avec sérénité. Car je sais où je vais !
Mais vous risquez d’être très sollicitée comme représentante de la diversité !
Rassurez-vous, je me méfierai des médias. Et j'éviterai la surexposition !
Vous refuserez de prendre position dans certains débats comme l’interdiction de la burka par exemple ?
Bien sûr que non. Mais il y a une commission parlementaire chargée de réfléchir à cette question et je la laisserai faire son travail. En revanche, ce que je peux dire, c’est qu'on n'a pas besoin de porter la burka ou le voile pour être une bonne musulmane. D'ailleurs, ce n'est pas un problème religieux mais culturel. Car le Coran n'a jamais imposé la burka qui est apparue dans certains pays d’Extrême-Orient où la femme n’est pas encore considérée comme l’égal de l’homme. Alors qu'en France, la femme n’a pas à se soumettre à l’homme. Et on doit donc protéger les musulmanes comme toute femme française.
Au fond, vous êtes contre la discrimination positive prônée par Sarkozy !
Idéalement oui. Mais je reconnais qu’il faut parfois un coup de pouce. Y compris des lois. Prenez les femmes. J’aurais préféré qu'on se passe de la loi sur la parité. Mais elle était indispensable.
Vous n’avez jamais hésité entre la gauche et la droite ?
Non. J’ai toujours été gaulliste.
Et quand Sarkozy promet de karcheriser les banlieues, c'est gaulliste ?
On ne va pas revenir sur cette vieille polémique. Je dirai simplement que Nicolas Sarkozy s'est fait piéger avec une petite phrase sortie de son contexte. Mais je sais qu'il est attentif au devenir des banlieues.
Mais dans les années 80 et 90, les enfants d’immigrés étaient plutôt de gauche...
A une époque, la gauche était très engagée pour défendre la diversité. Mais elle s’est fait dépasser par la droite qui est plus concrète, plus réaliste mais qui, à la différence de la gauche, évite les grands discours, les belles promesses... D'ailleurs, c’est un signe de maturité politique que des enfants d’immigrés puissent s'engager sans complexe à gauche, à droite ou au centre. Comme tout Français !
Ça vous choque que Dominique Perben vous présente comme sa protégée ?
Non. On a des relations très amicales. Il m’a observée pendant les élections municipales à Lyon en 2008 où j’étais tête de liste UMP dans le 8e arrondissement. J’ai mené un combat difficile en respectant mes adversaires, tout en étant parfaitement loyale avec lui. Il a apprécié ce côté “sport”. Et il est toujours là quand j’ai besoin de lui pour un conseil.
Certains vous voient déjà tête de liste UMP aux prochaines élections municipales à Lyon...
C’est vraiment prématuré ! Aujourd’hui, on a un chef de file : Michel Havard. Je suis derrière lui. Et puis je dois m’investir à fond dans ma nouvelle fonction de secrétaire d’Etat, constituer un cabinet, travailler les dossiers...
Vous n’allez plus intervenir dans le débat politique lyonnais ?
Je ne compte pas me déconnecter de la vie lyonnaise et je vais assumer mon mandat de conseillère municipale.
Votre jugement sur la première année du second mandat de Gérard Collomb ?
Il a été confortablement réélu en mars 2008. Mais les Lyonnais commencent à réaliser qu'il n'a pas réussi à créer la même dynamique qu'au début de son premier mandat car il a moins de projets, il est moins présent... Ce qui pourrait bien avoir des conséquences aux prochaines élections municipales.

Propos recueillis par Lionel Favrot

Commentaire

Le Cors@ire

apparemment tout est allé TROP VITE pour Mme BERRA rattrapée par ses arrêts maladie à répétition qui l'ont empêchés d'aller bosser chez SANOFI mais pas d'aller siéger pour percevoir ses indemnités d'Elue... Alors trop souffrante pour bosser mais pas suffisamment pour siéger ????
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