Les funérailles de l’ancien maire de Lyon, décédé vendredi à l’âge de 98 ans, ont eu lieu mercredi matin à la cathédrale Saint-Jean, dans le Vieux Lyon
Vers 10 heures, quatre hommes en noir ont transporté le cercueil tricolore de Francisque Collomb à l’intérieur de la cathédrale, entre deux rangées d’Anciens combattants et de membres de la Compagnie des Pennons de Lyon, bénévoles qui perpétuent les vieilles traditions lyonnaises datant du Moyen-Age. La cathédrale Saint-Jean était presque pleine au moment de la cérémonie religieuse. Des lyonnais anonymes sont venus rendre hommage à l’homme qui fut leur maire de 1976 à 1989. Des proches de la famille ont soutenu Renée Collomb, l’épouse, visiblement très affaiblie mais entourée de ses nombreux enfants, petits-enfants et arrières-petits-enfants. On a aussi aperçu quelques personnalités publiques, comme l’ancien footballeur et entraîneur de l’OL Bernard Lacombe, le recteur de la grande mosquée de Lyon, Kamel Kabtane, ou encore le médiateur du crédit René Ricol.
De nombreux compagnons
Mais les plus nombreux étaient peut-être les hommes et femmes politiques de Lyon et ses environs, qui ont connu, de près ou de loin, l’ancien élu centriste. On a entre autre aperçu les députés UMP Michel Havard et Dominique Perben, le sénateur-maire UMP d’Oullins François-Noël Buffet, le conseiller général et maire Modem de Limonest, Max Vincent, le député PS Jean-Louis Touraine, le vice-président Modem du Grand Lyon, Gilles Vesco. Et bien sûr l’actuel sénateur-maire PS de Lyon et président de l’agglomération Gérard Collomb, qui s’est exprimé devant l’assemblée pour rendre hommage à l’oeuvre de son prédécesseur. Truffant son discours d'anecdotes, Gérard Collomb a d’abord retracé “le destin exceptionnel d’un homme du peuple parti d’un milieu modeste, pour ne pas dire pauvre” et qui allait bénéficier, “par sa force de travail et le soutien de quelques bonnes fées”, aux bienfaits de “l’ascenseur social”. Puis il a décrit l’homme politique, insistant sur ses talents de “bâtisseur” : “Francisque Collomb aura été un maire de transition au sens noble du terme, c’est à dire capable de faire passer Lyon de l’époque Louis Pradel à l’époque du renouveau urbain, en privilégiant la qualité de vie, les aires d’espace, et la culture.”
Plus qu’un seul Collomb à Lyon
Plus tard, pour Mag2 Lyon, le sénateur-maire confie qu’avec la mort de Francisque Collomb, s’ajoutant à celle de Raymond Barre, il a “évidemment” perdu une partie de lui : “quand j’ai commencé la politique, j’étais entouré de deux Collomb, Francisque et Henri. On m’avais alors dit que j’aurai du mal à me faire un prénom. C’est plus de 25 ans de ma vie qui s’en vont avec Francisque.” Gérard Collomb a même confié, durant la cérémonie, que son prénom “Gérard”, qui est aussi celui du fils de l’ancien maire, a pu contribué à les rapprocher l’un de l’autre, comme leur conviction que l’avenir de Lyon se jouerait notamment à Confluence. A part Gérard Collomb, deux anciens membres des équipes de Francisque Collomb sont venus décrire le maire qu’il a été pendant 13 ans.
Un “modèle”
Alors qu’elle revenait sur ses talents de “chef d’équipe” et sa “simplicité d’homme modeste“, son ancienne adjointe Simone André n’a pas pu masquer son émotion. La petite fille de l’ancien maire, Fannie, n’a elle pas pu retenir ses larmes, au moment de décrire son “papi” comme un “modèle pour tous ses descendants, qui malgré ses nombreux engagements, a su consacrer du temps à ses proches.” Pour la communion et les derniers “à Dieu”, l’orgue a laissé place à l’air de guitare de Jeff Buckley et son interprétation d’Hallelujah. Puis le cercueil a été rapatrié jusqu’à à la voiture où Renée Collomb, soutenue par deux personnes, l’a rejoint. Francisque Collomb reposera maintenant au nouveau cimetière de la Croix-Rousse.


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