Grèves à répétition fin septembre dans les transports en commun lyonnais. Et cela smeble presque fini ! Alors que la direction de Keolis qui gère ce réseau a lancé son plan de modernisation, les syndicats bloquent. Et les usagers en ont ras-le-bol. Pourquoi Keolis qui gère les transports en commun lyonnais semble débordée ? Explications du directeur général, Bernard Tabary.
Pourquoi cette volonté de modernisation?
Bernard Tabary : Parce qu'aujourd’hui, il y a une inadéquation entre les accords qui géraient l’entreprise et l’environnement légal mais aussi l’évolution des attentes du public. Notre obligation est de faire évoluer l’entreprise.
Ce qu'exigent aujourd'hui les usagers ?
Les gens veulent un service plus adapté à leurs exigences. Notamment le soir et le week-end. Or notre fonctionnement ne le permet pas, si on ne fait pas évoluer l'organisation de notre entreprise qui repose sur 300 accords et usages dont certains remontent à 1940.
Vous avez vraiment négocié avec les syndicats pour trouver une solution ?
Oui, de novembre 2008 à juin 2009, nous avons organisé 43 réunions, soit plus de 4000 heures au total, essentiellement sur l’organisation du travail. Et nous avons proposé successivement aux syndicats trois versions d'accords, toujours plus ouvertes et plus généreuses.
Résultat de ces négociations ?
Fin juin 2009, aucune organisation syndicale n'avait accepté de signer. L’entreprise a donc décidé de mettre en œuvre les dispositions que nous avions proposées. Mais l’idée, c’est de préserver les acquis sociaux : treizième mois, prime de vacances, primes diverses, ancienneté...
Toutes les discussions sont bloquées ?
Non, les négociations sur la prévoyance et la couverture santé continuent malgré le mouvement de grève. Car l'objectif, c'est d'élargir cette couverture santé dont près de 2 000 salariés des transports en commun lyonnais sur 4 200 sont encore exclus.
Quels sont les principaux points de désaccord?
L’organisation du travail.
Et la rémunération?
Il n’y a pas de problème au niveau de la rémunération. Il n’y a pas de remise en cause des salaires ou des primes.
Pourtant des syndicats demandent un quatorzième mois !
Les syndicats ont demandé, cet automne, un quatorzième mois. Après avoir demandé, au printemps, une sixième semaine de congés payés. Je crois qu'il s'agit d'une surenchère à laquelle se livrent les organisations syndicales dans la perspective des élections professionnelles qui se dérouleront en novembre. Car ces revendications ne justifient pas ce blocage des transports en commun.
Les 300 accords et usages sont désormais supprimés ?
On a dénoncé 98% des accords et usages. Mais ce n’est pas l’esprit de ces accords que nous remettons en cause, c’est leur forme trop complexe, opaque et obsolète...
En fait, les salariés ont peur d’une privatisation !
Mais le réseau des transports en commun lyonnais est déjà géré par une entreprise privée depuis plus de 20 ans. D'ailleurs, entreprise privée, ce n’est pas synonyme de moins disant social.
La grève ne risque pas de mettre Keolis en mauvaise position pour obtenir le renouvellement de votre contrat ?
Ce n'est pas bon pour notre image. Mais pour répondre aux exigences du Sytral, nous avons engagé un travail de fond afin de moderniser l'organisation de l’entreprise. Même si cela doit nuire à notre image.
Les négociations vont reprendre ?
Nous avons fait une troisième proposition d’accord aux syndicats sur l’organisation du travail. Et ils peuvent la signer, même si nous avons déjà engagé la mise en œuvre de cette nouvelle organisation.
Mais vous n’êtes pas prêt à modifier cette proposition?
Je suis toujours prêt à dialoguer. Mais nous avons déjà eu 43 réunions de négociations sur l’organisation du travail. Et pour moi, cette négociation est close depuis plus de trois mois.
Tout le monde se modernise, pourquoi c’est si compliqué à Lyon?
Parce que le réseau lyonnais de transports en commun s'est développé de façon exceptionnelle au cours des dernières années. Mais l’organisation du travail n’était pas encore adaptée à ce développement.


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