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Politique | Azouz Begag : “Je ne suis pas un blagueur !” |

13/10/2009

Azouz Begag : “Je ne suis pas un blagueur !”

C’est le grand retour d’Azouz Begag en politique. Cet écrivain connu pour son franc-parler qui devrait mener la liste Modem aux prochaines élections régionales, plaide pour une grande alliance républicaine contre l’UMP.

Cette fois, vous irez jusqu’au bout pour ces élections régionales ?
Azouz Begag : Bien sûr que je vais aller jusqu’au bout ! Et je tiens à préciser que si j'ai abandonné aux municipales de 2007, c'est pour éviter de tomber dans le piège que m’avaient tendu le président du Conseil général Michel Mercier et toute sa mercerie. La suite m’a d'ailleurs donné raison.
En quoi vous avez eu raison sur Mercier qui au contraire ne voulait pas que vous soyez candidat ?
En fait, Mercier, qui ne voulait pas de liste Modem aux municipales, a fait semblant de préparer une liste autonome avant de se rallier à l’UMP Dominique Perben car il avait promis à Sarkozy de carboniser le centre lyonnais pour obtenir son fauteuil de ministre. Mais il a fallu trois ans pour qu'il soit nommé ministre et que ça confirme ce que j'annonçais déjà à l'époque.
Vous n’avez commis aucune erreur au cours de cette campagne des municipales ?
Si. Quand je me suis présenté, j'ai été soutenu par de nombreux militants autour d’Anne Pellet, Eric Lafont et Gilles Vesco qui se sont battus pour moi. Mais le système était verrouillé par Mercier et j’aurais dû refuser dès le départ de m'engager dans cette bataille qui était perdue d'avance.
Pourquoi vous avez décidé de revenir en politique ?
François Bayrou est venu en août à Lyon pour me demander si je voulais m'engager dans ces élections régionales. Je lui ai répondu que j'étais prêt et que mon engagement serait total. Du coup, il m’a alors proposé de venir participer aux universités d’été du Modem à la Grande Motte.
Cette fois, il n'y a aucun piège ?
Non. Car Bayrou n’a pas la même attitude vis-à-vis de moi. Je pense qu'aujourd’hui, il me soutient personnellement alors qu'aux municipales de 2007, à Lyon, il avait laissé faire Mercier. Je peux donc assurer aux militants que j’irai jusqu’au bout.
Comment la tête de liste Modem va être désignée dans la région ?
A priori, François Bayrou va proposer des candidatures qui seront validées ou non par les militants. D’ailleurs, j’invite tous les candidats à se dévoiler pour qu’on puisse choisir une tête de liste et lancer la campagne assez rapidement.
Mais certains militants Modem estiment que vous n'êtes pas assez solide !
Je sais bien que certains élus lyonnais affirment que je ne serai pas armé pour supporter la violence de cette bataille politique. Et que je ferai mieux de rester dans mes bouquins. C’est un discours lamentable mais assez révélateur d'une évidence : il faut absolument déprofessionnaliser la politique si on veut que les citoyens renouent confiance avec leurs hommes politiques
Vous n’êtes pas trop susceptible pour faire de la politique ?
Je peux supporter toutes les attaques, même les plus dures, à condition qu’elles viennent de mes adversaires et non de mon propre camp. Quand j’étais ministre à l’Egalité des chances de Dominique de Villepin, j’ai fait preuve de ma combativité mais aussi de ma capacité à bosser des dossiers compliqués, à représenter la France à l’étranger... Et dans les débats, je ne crois pas être mauvais !
Qu’est-ce qui vous distingue des pros de la politique ?
Je n’ai jamais perdu le contact avec la réalité. Même si je vais très souvent à l’étranger, je vis toujours dans mon quartier de la Guillotière, je fais mes courses à Franprix, je me déplace à Lyon en bus ou en vélo... Regardez ma carte Vélo’v : je l’ai toujours sur moi. Je ne suis pas un blagueur ! Bref, je peux parler à ces jeunes qui ne sont pas allés voter aux élections européennes, à ces Lyonnais qui gagnent 1 300 euros par mois, alors que les élus cumulent les mandats et les indemnités...
Mais si on paye mal les élus, cela ne va pas attirer que des nuls ?
Mais la politique, c’est se mettre au service des citoyens. Cela doit être un sacerdoce et non un métier qui vous assure un revenu.
Eric Lafont, le vice-président du Modem, vous reproche d'avoir dévoilé publiquement votre candidature avant de la soumettre aux militants...
C’est faux. Depuis deux ans, j’ai rencontré pratiquement chaque semaine un petit groupe d’une dizaine d’élus Modem, notamment Thomas Rudigoz, Eric Desbos, Gilles Vesco, Catherine Panassier ou Fabienne Faure. Un groupe qui n’est pas moins légitime qu’Eric Lafont.
Qu'est-ce que vous pensez de l'affrontement entre Lafont et Morales, le leader du Modem à Villeurbanne ?
Rien. Ma force, c’est justement de ne pas m’être mêlé à cette bagarre. Je pense que sur le fond, rien ne les sépare. Ils devraient donc accepter leurs différences pour travailler ensemble.
Certains reprochent à Lafont d’être trop rigide...
Je crois qu’on peut aussi reconnaître sa constance et sa détermination car il a monté une liste aux élections municipales dans des conditions difficiles après le retrait du candidat poussé par Mercier. Donc il faut compter avec lui pour les élections régionales. Même si 6% d’électeurs lyonnais seulement ont voté pour lui, ce qui veut aussi dire qu’il manque de charisme.
Vous pensez que le Modem doit présenter une liste autonome au 1er tour ?
Oui. Il n’y a aucune raison de dissoudre l’identité du Modem dans ce qui reste du PS. D'autant plus que, si je suis choisi comme tête de liste, moi, je vise un score à deux chiffres !
Malgré les claques que le Modem a prises aux élections municipales, législatives, européennes...
Mais en politique, il faut être tenace. On peut se prendre trois claques mais à la quatrième tentative, ça passe !
En attendant, vous avez déjà rencontré Gérard Collomb pour négocier une alliance avec lui !
Pas du tout. On a eu un déjeuner très sympathique avec Gérard Collomb en septembre. Ce qui nous a permis de renouer la confiance après quelques moments difficiles. Mais je l’ai aussi averti que mon intention était d'être candidat contre lui aux prochaines élections municipales et de devenir le prochain maire de Lyon ! Ce qui a provoqué chez lui un petit rictus...
Avec qui le Modem doit-il faire alliance au deuxième tour des régionales ?
Avec tous les républicains qui refusent la moindre alliance avec le FN et qui résistent à la tentation de draguer ses électeurs. Contrairement aux sarkozystes qui multiplient les appels du pied à l’extrême-droite avec ce ministère de l’identité nationale, l’expulsion des clandestins, les contrôles permanents des “basanés”, les tests ADN, la burka...
Le Modem est pour la burka !
Non ! Mais Sarkozy a lancé cette histoire car il préfère qu’on parle des 1 000 jeunes filles qui portent la burka plutôt que des millions de chômeurs ! Pourquoi Sarkozy ne parle pas des violences conjugales qui ne concernent pas seulement les musulmanes ?
Qu’est-ce que vous avez envie de dire à ces jeunes filles qui portent la burka ?
Mais j’ai envie de les écouter avant de leur donner des leçons ! Et je refuse de rentrer dans ce débat pourri !
Finalement, seule une alliance Modem-PS vous semble possible...
Pas du tout. Je souhaite un grand rassemblement des républicains où je verrais aussi bien des Verts, des PS et des PC que des UMP capables de dire, comme Michel Noir, qu’il vaut mieux perdre une élection que perdre son âme en s’alliant avec le FN.
Mais certains au Modem refusent toute alliance avec le PC !
Moi aussi, je suis contre le stalinisme mais le stalinisme est mort ! C’est pourquoi je trouve que ce racisme anticommuniste est nul. D’autant plus que les maires communistes accordent la majorité de leur budget à l’éducation et à la culture qui, pour moi, sont des priorités. Et puis je n’oublie pas que les communistes français ont toujours été en première ligne quand il fallait défendre la liberté : résistance, décolonisation...
Les principaux thèmes de votre programme pour les élections régionales ?
Tout d’abord l’éducation, car c’est une condition essentielle pour développer l’égalité des chances. C'est pour cette même raison que ma priorité, c'est aussi de développer les transports en commun car il faut offrir les mêmes conditions de mobilité aux habitants des quartiers et des zones rurales qu’aux habitants du centre-ville. D'ailleurs, j’ai été chercheur au laboratoire lyonnais d’économie des transports et j’ai quelques compétences dans ce domaine !
D'autres priorités ?
Je veux faire passer un message en faveur de la diversité pour prolonger la dynamique que j'ai tenté de mettre en œuvre quand j'étais au gouvernement. En fait, je souhaite, avec ma candidature, proposer aux électeurs une autre politique, fondée sur des valeurs d'ouverture et de partage auxquelles je suis attaché. Je ne suis pas un professionnel de la politique, je suis même réputé incontrôlable et ce n’est pas à 52 ans que cela va changer... C’est donc une garantie que je ne transigerai pas sur mes valeurs.

Propos recueillis par Lionel Favrot - Interview parue dans le Mag2 Lyon d'octobre 2009, disponible en kiosque ou sur Relay.com au format numérique

Commentaire

Gérard

Bonne remarque de Jonathan : Le fond de commerce de Begag, c'est le communautarisme.

Gag

A méditer... "Les chercheurs qui cherchent, on en trouve, les chercheurs qui trouvent, on en cherche" Charles de gaulle.

Marie

Je ne sais que penser sachant que je l'ai vu dire les yeux dans les yeux aux militants Lyonnais "je serais avec vous, je ne lacherais rien, quand je donne ma parole c'est du solide" ... deux jours après il jetait l'éponge. Et il est surréaliste de l'entendre dire que Rudigoz and co sont légitimes, à ce compte là tout le monde l'est : geourjon, mercier ou abad. J'aime bien Azouz, mais il n'est pas sérieux ou alors ne fait pas suffisamment d'efforts pour l'être.

jeremie

Oui mais Gerin les a bien aide les islamistes lorsqu il etait maire de venissieux. Avant de retourner sa veste. On ne peut jamais tout dire...

Jonathan

Ce monsieur ment car il oublie de dire que c'est un député communiste-André Gérin-qui a lancé l'idée d'une mission parlementaire sur le port de la Burqa avec le soutien de parelmentaires de droite comme de gauche.De toute manière,on sait très bien qu'il ne cherche que les voix "communautaires".Et parlons de son action au gouvernement qu'on peut comparer à une feuille blanche.
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