Mag2 Lyon était en bouclage dans la nuit de mardi à mercredi. Et une fois de plus, ça a été dur. Mais le résultat est là.
Un super magazine en novembre, à la fois vif, musclé, ouvert... Pas de doute, Lyon Mag a évolué. Plus serein, plus solide. Mais toujours la petite flamme. Ce qui explique sans doute que nos lecteurs sont fidèles. Malgré toute la tempête qu'on a traversée depuis 18 mois.
Du coup avec ce bouclage, on n'a pas pu envoyer un journaliste à Paris pour assister la conférence de Jean-Michel Aulas qui présentait les comptes de l'Olympique lyonnais pour la saison dernière. Dommage, d'autant plus qu'Aulas s'est une fois de plus imposé comme un vrai artiste. Ses résultats sont mauvais, très mauvais pour l'OL. Baisse du chiffre d'affaires d'environ 10%, résultats en chute libre... La faute à la crise, nous explique le roi du foot business. Nous, à Mag2 Lyon, on expliquerait ça en présentant nos comptes, on aurait droit à un ricanement général. Mais avec Aulas, ça passe. Ses principaux sponsors l'ont laissé tombé ? La crise. L'année dernière, il nous expliquait que Benzema valait 100 millions d'euros. Mais finalement il l'a vendu 35 millions seulement ?
La crise ! Sa trésorerie a fondu en un an... Bref, quand il perd de l'argent, pour Aulas, c'est un investissement. D'ailleurs, tous les financiers et les experts applaudissent, parait-il. Et d'une certaine façon, le patron de l'OL a tout à fait raison. C'est le jeu et ça marche. Je ne vais pas donner ici des leçons de gestion à Aulas. Surtout moi qui ai déposé le bilan de Lyon Mag il y a un an, même si on s'est fait en réalité flinguer par un type qui voulait notre mort. Mais quand même, on ne peut pas rester silencieux face à ce numéro d'Aulas. Et sans affirmer, comme mon “ami” Christian Latouche que tous les bilans sont faux, je dirais simplement à Jean-Michel Aulas, bravo. D'ailleurs je parie que le cours de l'OL qui s'est effondré depuis son introduction en Bourse, va sans doute remonter. Et avec un petit coup de pouce en coulisse, ça peut même être spectaculaire !
En plus, Aulas, il va en profiter pour nous vendre son grand stade. En nous expliquant que c'est la seule solution pour que le club lyonnais s'impose sur la scène européenne... Et là encore, bravo l'artiste car on a besoin de rêver. Surtout en période de crise ! Et comme Aulas est entouré de trouillards, il n'y aura pas grand monde pour le contredire. Et il pourra pousser le bouchon encore loin, très loin.
Mais je me permettrais de lui poser un petite question innocente. Pourquoi promettre sans arrêt que l'OL va gagner un jour des milliards ? Au fond, ce n'est pas l'objectif. L'objectif c'est de faire rêver les Lyonnais. Et d'ailleurs, même si c'est le jeu, je ne crois pas que tous ces patrons comme Aulas se défoncent pour leur entreprise uniquement pour gagner toujours plus de fric. Mais pour construire un projet, fédérer des équipes, apporter un peu de bonheur aux autres... Non, je ne ricane pas. Même Aulas, il a ça au fond de lui. D'ailleurs, cette crise, elle a du bon. Car elle permet de souligner l'essentiel : une économie fonctionne d'abord sur du rêve. Pas sur du fric. Mais le secret est bien gardé.



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