“Le Net est la plus grande saloperie jamais inventée par l'homme”, c’est la dernier bêtise que vient de proclamer le publicitaire Jacques Séguéla en dénonçant “l’intox” permanente relayée par différentes sites.
A 75 ans, l’inventeur de la “force tranquille” qui a contribué à l’élection de Mitterrand en mai 1981 et qui est devenu le grand pote de Sarkozy, démontre qu’il est désormais totalement “out”. Et qu’il ferait mieux aujourd’hui de se taire. Surtout qu’en fait, ce “fils de pub” s’est lâché tout simplement pour défendre son vieux complice Julien Dray, le créateur de SOS racisme, qui, après nous avoir fait la morale pendant des années, est mis en cause dans une affaire de détournement de fond. Et malgré le bouquin qu’il vient de publier pour se blanchir, on peut légitimement s’interroger sur cet ancien militant d’extrême gauche qui a viré collectionneur de montres hors de prix. Et qui accuse les médias qu’il a si souvent manipulés pour la bonne cause. Et notamment le net.
Mais cette petite phrase révèle aussi une certaine “haine” des cercles du pouvoir vis à vis du net, un média beaucoup plus incontrôlable que les médias traditionnels souvent tenus par des grands groupes industriels.
Bien sûr il faut reconnaître que sur le net, l’amateurisme, la rapidité et l’anonymat provoquent parfois certains dérapages. Mais faut-il pour autant condamner ce média exceptionnel qui a ouvert un formidable espace de liberté mondial ? Non, c’est évident.
Mais il faut toujours se méfier d’un Séguéla qui au fond est assez en phase avec les décideurs notamment politiques. Car il dit tout haut ce que certains n’osent pas avouer. Et ses petites formules bling-bling résument souvent la pensée dominante dans ce microcosme qui supporte difficilement les vrais contre-pouvoirs.
Réglementer cet espace, c’est évidemment indispensable pour renforcer sa crédibilité. Mais il ne faut pas que ces règles encadrent progressivement de façon rigide cette liberté. Pour finir par l’étouffer. Le risque est bien réel aujourd’hui. Et on le sent bien à travers certains discours encore prudents et l’esprit de certaines lois comme Hadopi. Reste à savoir s’il ne faudra pas qu’un jour, les internautes réagissent face à ces attaques plus ou moins sournoises. En ne se contentant pas d’une protestation virtuelle. Mais en lançant un vrai avertissement à ces décideurs pas très “net”. Une liberté ça se mérite et ça se défend.



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