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30/11/2009

Culture : Succès pour Lise Berthaud

La jeune altiste a fait salle comble hier pour son concert organisé au château de Saint-Bernard dans l'Ain par l'association Eolia. Interview parue en intégralité dans le Mag2 Lyon de novembre 2009. 

“J'ai une vie assez rock”

Lise Berthaud est une des figures montantes de la musique classique. Cette altiste originaire de Trévoux va enregistrer un album en quatuor.


Votre parcours?
Lise Berthaud : Je suis originaire de Sainte-Euphémie, un petit village situé près de Trévoux. J’ai commencé la musique à 5 ans à l’école de musique de Villefranche-sur-Saône et vers 12 ans, je suis entrée au conservatoire à Lyon. C’est là que j’ai commencé l’alto.
Vous êtes originaire d’une famille de musiciens?
Pas du tout. Il n’y a pas de musiciens dans la famille. D’ailleurs, mes parents sont tous les deux instituteurs dans l’Ain. En fait, quand j’étais petite, on leur a dit que le professeur de violon de Villefranche était génial et c’est pour ça qu’ils m’ont inscrite dans la classe de violon. Un peu par hasard.
Pourquoi vous êtes passée du violon à l’alto ?
Quand je suis arrivée au conservatoire de Lyon, ils manquaient d’altiste et ils nous proposaient de prêter des instruments. J’ai d'abord joué des deux instruments en même temps mais j'ai rapidement choisi l’alto. Un instrument plus gros avec lequel je me sens plus à l’aise physiquement. De plus, sa sonorité m'a plu tout de suite. Je suis restée à Lyon jusqu’à mes 15 ans et après, j’ai réussi le conservatoire de Paris. En terminale, j’étais au lycée de Trévoux et je montais à Paris tous les mercredis et jeudis. Mais après mon bac, je me suis consacrée entièrement au conservatoire.
Qu’est-ce que vous jouez ?
J’essaye d’aborder tous les compositeurs du répertoire, même ceux que j’aime moins. Ce qui va de la musique baroque à la musique contemporaine. Exemple, je travaille en ce moment sur une création pour janvier avec Nicolas Bacri, qui est en résidence au théâtre des Champs-Elysées. Ce qui est très sympa parce qu’on est en contact direct avec le compositeur donc on sait ce qu’il veut, on peut lui faire des remarques alors qu'il est en train de composer...
Mais l’alto, ça n’est pas très fun?
J'ai 27 ans et je n'ai jamais senti que j'étais dans le camp des ringards. D'ailleurs, si on connaît un peu les musiciens classiques, on voit qu’ils font la fête comme tout le monde. Et puis ma vie a un côté assez rock, je voyage beaucoup, je ne suis jamais au même endroit. J’ai un copain qui est aussi musicien professionnel et qui fait du jazz.
Vous auriez été plus connue avec un autre instrument !
Oui c’est sûr ! Mais personne ne connaît non plus les meilleurs violonistes ou pianistes français actuels. La notoriété, c’est la Star Ac. Moi je préfère la reconnaissance de mes collègues. Même si c'est dommage qu’il n’y ait pratiquement pas de jeunes aux concerts car la musique classique est mal enseignée dans les collèges et les lycées.
Et financièrement, on s’en sort avec l’alto?
Depuis l'âge de 18 ans, je suis indépendante financièrement. Mais ça a très vite bien marché pour moi.
Vous travaillez seule ?
Je travaille seule chez moi à Paris entre 3 et 4 heures par jour. Et quand j’ai des concerts, je répète avec les orchestres et les pianistes. Mais je donne aussi des cours au conservatoire du 12e arrondissement. De plus, je travaille avec des musiciens comme David Grimal, François Salque ou Eric Le Sage. D’ailleurs, j’enregistre un disque avec Eric et François en Belgique à partir du 10 novembre.
Et c’est votre premier album?
Oui, c'est la première fois que j’enregistre seule et avec une grosse maison de disques, Sony. Mais mon rêve, c’est de faire un live. En studio, quand on joue à 4 ou 5, ça peut être excitant, mais je vois moins l’intérêt de jouer toute seule. Et puis, un disque doit être parfait. Il y a des centaines de points de montage. Voilà pourquoi j’aimerais faire un disque en live, pour qu’il n’y ait pas de triche. Mais ça ne sera pas pour tout de suite.
Vous donnez beaucoup de concerts?
Entre 80 et 100 par an, surtout l'été. Je serai aux journées de la Baule les 6, 7 et 8 novembre. Et je donnerai un récital dans la région lyonnaise, au Château de Saint-Bernard près de Trévoux, le 29 novembre.

Propos recueillis par Sophie Albanesi

Article paru dans le Mag2 Lyon de novembre 2009.

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