Coup de théâtre à l'ouverture du procès de Saint-Fons aujourd'hui. La partie civile, c'est-à-dire la mairie de Saint-Fons, a obtenu le report du procès au 9 décembre 2010 pour obtenir un supplément d'information.
Lundi matin, les avocats des deux principaux prévenus, Yves Blein et Yves Mongenot, avaient demandé la nullité de leur renvoi devant le tribunal correctionnel au motif qu'ils n'avaient pas été informés avec suffisamment de précision du montant qui leurs était reproché d'avoir détourné. Respectivement maire de Feyzin et ancien maire de Saint-Fons, ils sont accusés d'avoir participé à un système de détournement de fonds publics via les subventions votées aux associations, en particulier Léo Lagrange dont Yves Blein était le délégué régional avant d'en prendre la direction nationale. Mais c'est Me Michel Rivat, l'avocat de la partie civile, c'est-à-dire la mairie de Saint-Fons, qui a créé la surprise en demandant pour sa part le report de cette affaire le temps que la justice procède à un supplément d'information pour préciser le mécanisme de surfacturation qui aurait permis de détourner ces fonds. Le travail des magistrats instructeurs étaient pourtant assez précis car l'affaire dure depuis huit ans pour des faits datant de la mandature PS 1995-2001. Le procureur avait d'ailleurs estimé qu'il y avait “des éléments suffisants dans le dossier pour juger cette affaire." Mais le président de la 5e chambre du tribunal correctionnel de Lyon, Jean-Louis Cor, en a décidé autrement. Cette demande de report est très critiquée par Michel Denis, l'ancien maire de Saint-Fons qui est témoin à charge dans ce procès car c'est lui qui a fait éclater le scandale en prenant la mairie aux socialistes en 2001. D'autant qu' il a toujours soupçonné Christiane Demontès, l'actuelle maire PS, de ne pas vouloir que l'affaire aille jusqu'au bout "pour épargner ses amis socialistes". Ce qu'elle a toujours démenti. Son avocat, Me Rivat, a donc obtenu satisfaction et l'affaire est reportée au 9 décembre 2010. "Cela fait 15 ans que nous nous battons. On n'est plus à un an près, estimait Michel Denis pour qui c'était la confirmation qu'il était nécessaire de créer un contre-pouvoir pour défendre les habitants". Car pour lui, il y a "fatalement un conflit d'intérêt. Entre la défense du Parti socialiste et celle des habitants, Christiane Demontès a choisi.”
Photo : Yves Blein
Voir l'enquête parue dans Mag2 Lyon de novembre 2009.


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Eddy