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mardi 07 février 2012 - 23:51
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Economie | Bourse : “Une belle année 2009” |

08/12/2009

Bourse : “Une belle année 2009”

Responsable de gestion chez Oddo, Alain Tholon explique pourquoi les valeurs régionales ont été particulièrement performantes en 2009.

Comment se sont comportées les entreprises de la région cette année ?
Alain Tholon : Super bien ! Il faut dire que l’année 2008 avait été catastrophique. Donc beaucoup de sociétés avaient bien baissé puis ont rebondi depuis le début de l’année 2009. D’ailleurs, le CAC a progressé de 13 % au cours des trois premiers trimestres 2009, alors que les valeurs régionales ont été encore plus performantes. Ce qui est assez original.

Pourquoi c’est original ?
Parce que généralement, ce sont les grosses valeurs qui repartent les premières, suivies par les petites. Alors que là, c’est l’inverse. On a toujours des surprises avec la Bourse ! Mais ces petites valeurs qui sont souvent sur des activités de niche, donc moins concurrencées par des groupes internationaux, ont attiré les investisseurs. L’autre explication, c’est qu’avec la crise, les fonds anglo-saxons sont rentrés chez eux. Ce qui a fait très mal, entraînant de fortes baisses. Du coup, ces valeurs étaient presque bradées. Alors même que les résultats économiques n’étaient pas si mauvais que ça.
En fait, les PME de la région ont bien résisté à la crise ?
Elles se sont pas mal débrouillées... D’ailleurs globalement, malgré les blocages que les patrons dénoncent, l’économie française a bien résisté. Avec des entreprises qui se sont adaptées assez rapidement. Résultat, leurs performances économiques, notamment en termes de rentabilité, ont été moins mauvaises que ce qu’on avait anticipé.
Les secteurs qui ont été très performants ?
Il y a clairement des valeurs anti-crise. Notamment dans le secteur médical et la pharmacie. Comme LVL Medical, le groupe de Jean-Claude Lavorel qui est spécialisé dans l’assistance à domicile. Une valeur qui a encore progressé de 84 % sur les trois premiers trimestres 2009. Alors que LVL avait rencontré d’importantes difficultés il y a quelques années. Mais il y a aussi Biomérieux spécialisé dans le diagnostic médical qui ne fait que monter.
D’autres entreprises qui ont bien résisté à la crise ?
En fait, la plupart des valeurs régionales ont été massacrées par la crise ! Mais plus elles ont baissé, plus elles ont rebondi en 2009. Comme U10, dans la distribution de textile, qui a augmenté de 176 % depuis le début de l’année, retrouvant son niveau d’avant la crise. Ou encore Soitec, dans les composants électroniques, qui a carrément flambé : 263 % ! Mais certaines SSII, qui n’étaient plus à la mode pendant la crise, se sont également ressaisies. Comme Cegid, Sword ou encore Sopra. 
Il y a des entreprises qui ont continué de baisser en 2009 ?
Très peu. A part les Docks lyonnais qui sont en fait un holding détenant des participations dans d’autres valeurs. Sinon, la plus faible hausse, c’est Prismaflex à + 4 %.
Mais il n’y a pas eu d’introduction en 2009 ?
Non, il y a eu quelques inscriptions sur le Marché libre mais rien de bien important. Car c’est vrai qu’il y a une reprise boursière. Mais la préparation d’une introduction prend 6 mois à un an. Donc il est possible que ça reparte vraiment en 2010. En revanche, en 2009, il y a eu quelques belles opérations, comme des augmentations de capital. Car les entreprises ont trouvé auprès de la Bourse les financements qu’elles ne trouvaient plus auprès des banques.
Des exemples ?
Casino a lancé un emprunt sur trois ans à 7 %. Ce qui lui a permis de lever de l’argent rapidement, tout en conservant une indépendance vis-à-vis des banques. Il y a aussi eu l’augmentation de capital de Medicrea qui s’est bien passée : plus d’un million d’euros en avril. En fait, ces opérations ont été facilitées par la loi Tepa qui permet de déduire 75 % de son investissement de son Impôt sur la Fortune.
Vous êtes confiant pour 2010 ?
Il y a des signes de reprise de la Bourse qui est désormais un placement plus intéressant que la banque où les taux dépassent à peine 1,25 %. Mais on ne sait pas si la reprise sera importante et surtout durable. Et puis, la leçon, c’est l’extrême volatilité des investisseurs. Le marché est encore plus imprévisible qu’avant. Avec des valeurs qui plongent ou se redressent violemment très rapidement. En tout cas, la Bourse anticipe la reprise économique de 6 mois. On peut donc espérer une sortie de crise réelle en 2010.
Et la fermeture du bureau lyonnais d’Euronext aura des conséquences ?
C’est vrai que la fermeture de cette antenne lyonnaise en 2009 aurait pu avoir des conséquences importantes. Parce que les chefs d’entreprises apprécient d’avoir un contact rapide et accessible. Mais Lyon Place Financière a décidé de lancer un pôle bourse. Ce qui devrait garantir la continuité du service.

Propos recueillis par Maud Guillot

 

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