Le débat sur l'identité nationale s'est tenu vendredi soir en présence du ministre de l'Immigration Eric Besson. Ambiance calme dans la préfecture et agitation aux alentours.
Devant la préfecture, près de 300 manifestants se sont retrouvés à l'initiative d'associations de lutte contre le racisme pour protester contre ce qu'ils qualifient de "débat de la honte". Des élus comme Etienne Tête (Verts) et la maire du 1er arrondissement Nathalie-Perrin-Gilbert (PS) se sont joints à eux. Au moment où Eric Besson a fait son entrée dans le salon de la préfecture, des jeunes militants d'extrême-droite, proche des groupuscules identitaires, s'attaquaient aux manifestants de gauche devant des policiers qui ont tardé à réagir. Mais dans la salle du débat, l'ambiance est restée calme. Il faut dire que les élus présents dans la salle étaient en grande majorité UMP même si le vice-président du FN Bruno Gollnisch et la conseillère municipale centriste de Lyon Fouziya Bouzerda participaient au débat. Les élus de gauche ayant boycotté la réunion, ils n'étaient pas là pour apporter la contradiction.
Les invités avaient visiblement été triés sur le volet pour éviter tout dérapage lors de ce dernier débat auquel participait le ministre qui a fini sa "tournée" à Lyon. Un quart de la salle était composé d'élus, un quart de responsables économiques tandis que l'autre moitié de représentants d'associations ou de professeurs parfois venus avec quelques élèves.
"L'identité nationale, elle est là ce soir. Notre assemblée reflète la société", a déclaré le préfet du Rhône pour ouvrir le débat. A la tribune, Eric Besson était entouré de la secrétaire d'Etat aux aînés, Nora Berra, de la vice-présidente du Conseil économique et social régional, du proviseur du lycée du Parc, Pierre-Jean Bravo ou encore du Père Bernard Devert de l'association Habitat et Humanisme. Mais pendant plus de deux heures, il n'y a pas eu de vrai débat. Plutôt une succession de témoignages et d'interventions décousues. Les élus UMP ont notamment eu largement la parole. Tandis que les lycéens étaient déçus de ne pas avoir plus facilement accès au micro.
"La France est un peuple, un territoire, une culture, un art de vivre profondément marqué par la civilisation chrétienne", a déclaré Bruno Gollnisch qui cherchait visiblement à ne pas tenir un discours trop dur. Du coup, Besson n'a pas hésité à lui répondre qu'il était "d’accord avec l’essentiel de ce qu'il venait de dire.“ Tout en précisant que le peuple français était pour lui d'abord "uni par les valeurs républicaines", même s'il avait "des racines chrétiennes“ et que l'islam étant aujourd'hui la seconde religion de France, "quelque chose avait changé dans l'identité nationale française.” Alors que Nora Berra a insisté sur le fait que l'identité nationale ne pouvait se forger qu'après “un long processus d'acquisition".
Pour clôturer la soirée, le ministre Eric Besson a fait une synthèse des interventions et a qualifié le rendez-vous lyonnais de particulièrement "érudit". En tout cas, ce "débat" a été encadré du début à la fin et les sujets qui fâchent n'ont pas été abordés. Au point que certains jeunes participants ironisaient sur cette "foirfouille des poncifs".


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