Bienvenue sur le nouveau site de Mag2 Lyon
vendredi 03 septembre 2010 - 03:25
Météo Lyon :
Société | “Transparence” |

26/01/2010

“Transparence”

Avec une note de A, le centre anticancéreux Léon Bérard fait partie des bons élèves dans la lutte contre les infections nosocomiales. Explications de Jean-François Latour, président du "CLIN" de cet établissement.

Vous êtes satisfait de cette note ?
Jean-François Latour : Oui, car elle récompense les efforts de notre établissement. Mais on avait déjà obtenu cette note maximale l’année dernière car ça fait longtemps qu’on est sensibilisés à ce problème. D’ailleurs, on a créé notre CLIN, comité de lutte contre les infections nosocomiales en 1990, alors que ce n’était pas encore obligatoire. Dans un centre anticancéreux, les malades sont plus sensibles car ils sont immunodéprimés. Donc plus fragiles.
Les critères pour attribuer cette note ?
Il y en a plusieurs, comme l’utilisation de liquide hydro-alcoolique pour se laver les mains. Et ça fait maintenant 5 ans qu’on utilise systématiquement ces produits, l’hygiène des mains étant notre principale préoccupation. Chaque intervenant doit donc se frictionner avant et après tout contact avec un patient. De plus, il y a la surveillance des sites opératoires car les staphylocoques peuvent être présents sur la peau du médecin ou du malade et le contaminer au cours de l’opération.
Mais tous les établissements ont des bonnes notes cette année !
Cela prouve qu’il y a eu une vraie prise de conscience. Avec des progrès importants. Car les résultats de ces enquêtes ministérielles étant publics, les établissements ont désormais une pression forte. En fait, c’est la transparence qui a permis ce saut qualitatif. Notamment depuis l’affaire de la Clinique du Sport à Paris.
Mais cette note ne prouve pas que vous n’ayez pas d’infections nosocomiales !
Tout à fait. Elle mesure les moyens mis en œuvre, pas les résultats. Mais il y a quand même une corrélation entre les deux. Et puis on publie aussi un taux de SAMR qui mesure les staphylocoques résistants. Le nôtre est de 0,37 pour 1 000 journées d’hospitalisation. Un critère qui devrait bientôt compter pour cette note. D’ailleurs, notre travail consiste désormais à recenser de façon précise les infections pour les réduire.
Vous êtes totalement transparents sur le nombre d’infections dans votre établissement ?
On est prêts à communiquer ces chiffres. Mais le problème, c’est de les comparer avec des établissements similaires, pour éviter les mauvaises interprétations. Donc on peut juste dire pour l’instant qu’on se situe dans la moyenne...
Les domaines où vous devez encore progresser ?
En antibiothérapie. On utilise un peu plus d’antibiotiques que les établissements de notre catégorie, c’est-à-dire les 20 centres anticancéreux français. On va donc mettre en place un plan d’action en 2010 pour essayer de raccourcir les durées de traitement, car il faut éviter de rendre les microbes résistants, tout en garantissant la qualité de soins.
Et vous êtes touchés par la grippe A ?
Très peu. Nos médecins sont vaccinés à 80 %, nos personnels soignants un peu moins mais on a mené une politique de prévention auprès des malades pour les inciter à se faire vacciner très tôt. Donc la situation est sous contrôle.
En tout cas, toute cette démarche qualité n’empêche pas les erreurs médicales !
La démarche qualité a pour objectif de mettre en place des procédures mais l’erreur est humaine, donc toujours possible. Evidemment, on encourage la prévention. C’est pour ça qu’on a mis en place des fiches incidents, qui peuvent être remplies par n’importe quel collaborateur du centre et qui signalent par exemple un repas froid, un local mal éclairé, mais aussi des chutes de patients pendant la nuit ou des infections. Et dès qu’on constate des cas répétés, on réagit immédiatement grâce au service d’hygiène. Car on a remarqué que les petits craquements précèdent souvent les grandes catastrophes.


Article publié dans Mag2 Lyon de janvier 2010 disponible sur commande ou au format numérique sur Relay.com

Propos recueillis par Maud Guillot

Commentaire