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vendredi 03 septembre 2010 - 03:26
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Société | Euronews : les dirigeants s’expliquent |

29/01/2010

Euronews : les dirigeants s’expliquent

Mag2 Lyon publie dans son numéro de février une enquête sur cette chaîne d'information continue qui a reçu beaucoup d’argent public pour s’installer à Ecully et qui a sollicité de nouvelles aides pour son déménagement au confluent à Lyon. En complément : les interviews de Michael Peters, son directeur général, et de Lucien Sarb, le nouveau directeur de la rédaction.

“Porter les couleurs de l’Europe”
Le lyonnais Michael Peters, 37 ans, est directeur général d’Euronews. Pour lui, le déménagement de sa chaîne au confluent va lui permettre d'être plus visible à Lyon.

Euronews perd encore de l’argent ?
Michael Peters : Non. On est à l’équilibre depuis 2004. En fait, Euronews a traversé une grosse crise en 2002 quand ITN, qui était alors son actionnaire majoritaire, a voulu vendre ses parts mais qu'il n'a pas trouvé d’acheteur. J’ai alors proposé un business plan pour la période 2003 à 2008 afin de retrouver l’équilibre et les télévisions publiques européennes ont accepté de reprendre les parts d’ITN si on respectait nos objectifs. Ce qui est le cas.
Votre chiffre d’affaires aujourd’hui ?
50 millions d’euros et on prévoit d’atteindre les 60 millions d’euros en 2010 tout en passant de 600 à 700 collaborateurs. Ce qui correspondra à environ 500 en équivalents temps plein.
Comment vous avez redressé Euronews ?
ITN est un bon fournisseur de contenus qui réalise d’ailleurs les journaux télévisés de ITV, la première chaîne privée en Angleterre. Il pensait que cela suffirait pour engager un cercle vertueux. Mais même un bon produit, il faut savoir le vendre ! On a donc profité de cet assainissement pour relancer une démarche commerciale.
Pour quelle audience ?
C’est le grand débat ! La seule source fiable dont nous disposons, ce sont les chiffres du cabinet anglais Picktime qui travaille également pour MTV et  Eurosport. Il crédite Euronews de 6 millions de spectateurs en Europe et on est donc largement devant l'américaine CNN à 1,8 et l'anglaise BBC World à 0,9.
Vous n’avez pas de chiffres pour votre audience dans le monde ?
Non. Ce qu’on sait, c’est qu’Euronews est très faible aux Etats-Unis et en Chine mais très fort en Europe et en Afrique. Mais il n’y a pas de mesure d’audience mondiale. Ceci dit, si des annonceurs sont prêts à investir de 500 000 à 1 million d’euros pour une campagne de publicité sur Euronews, c’est qu'il y a un impact !
Mais la vocation d’Euronews, ce n’est pas seulement de parler aux Européens !
Tout à fait. Euronews est née d’une volonté politique de certains dirigeants européens après la première guerre du Golfe en 1992 où la chaîne américaine d'information continue CNN était en position dominante pour l’actualité internationale. Mais il fallait qu’Euronews consolide ses bases en étant la première en Europe. Il faut d’abord être maître chez soi ! Mais on est posture de conquérir de nouvelles parts d'audience. On diffuse en arabe depuis 2008, et on va ajouter bientôt deux nouvelles langues en 2010 : le turc et le persan.
On reproche souvent à Euronews son ton très aseptisé...
On est conscient de ce problème. Mais le principe, c’est d’utiliser les mêmes images et de les commenter dans dix langues différentes. Du coup, il n’y a pas de visage à l’antenne. S'il fallait mettre un journaliste en plateau, il faudrait aussi le doubler en dix langues avec une voice over. Ce qui ne serait pas très sexy. Mais Euronews est une vraie télé avec 200 journalistes qui travaillent dans sa rédaction. On essaye de porter les couleurs de l’Europe avec une information de qualité.
Vous allez faire évoluer ce style ?
Oui. Lucien Sarb, le nouveau directeur de la rédaction, a décidé de multiplier les duplex avec un journaliste en news room qui dialogue avec un reporter sur place. Ce qui est déjà sensible depuis deux mois. On a aussi changé de logo pour le moderniser. Et on va refondre notre grille qui n'est pas assez lisible pour le moment car on est dans le tout image. Ce qui ne permet pas de donner des rendez-vous aux téléspectateurs. Enfin, on a des émissions consacrées au reportage, aux sciences et à la musique.
C’est vrai que vous avez fait du chantage en menaçant de quitter Lyon si les élus ne vous versaient pas de subventions ?

Il n’y a eu aucun chantage. Mais je peux vous affirmer que pour mes actionnaires, rester à Lyon n’avait rien d’évident. Ils considèrent même que nous devrions plutôt être à Bruxelles car c’est une ville beaucoup plus internationale.
Mais vous trouvez normal que les collectivités locales vous versent autant d’argent pour vous convaincre de rester à Lyon ?

Les élus ont beaucoup soutenu Euronews sans aucun retour politique car on est installé à Ecully et que beaucoup de Lyonnais ignorent notre présence et notre influence. Là, je rejoins nos détracteurs ! Mais aujourd’hui, on ne demande pas grand chose de plus, sauf un prêt participatif, et avec notre déménagement dans le quartier du confluent à Lyon, les collectivités locales auront enfin un retour sur investissement car Euronews sera plus visible.

“Très classique“
Le roumain Lucien Sarb est le nouveau directeur de la rédaction d’Euronews.

Quel est votre programmation ?
Lucien Sarb : On diffuse toutes les demi-heures un point sur l'actualité en dix langues. Mais ce qui nous distingue de nos concurrents comme CNN ou Al Jazira, c’est que les commentaires sont rédigés par un chef d’édition puis traduit par les journalistes de son équipe en huit langues, et bientôt dix.
Ce n'est pas trop lourd comme fonctionnement ?
Oui et non. On va parfois moins vite que nos concurrents qui ne diffusent que dans une langue, mais notre vision de l’actualité est plus équilibrée.
Mais vos reportages sont très formatés...
Euronews est une chaîne très classique d’un point de vue journalistique. On ne donne pas notre opinion. On a un style pour le monde entier même si on a plusieurs langues. Cela peut paraître aseptisé. Mais on évolue. Par exemple, pour le bilan de la première année d’Obama comme président des Etats-Unis, on a fait des duplex avec des journalistes de différents pays : Allemagne, Espagne, Chine...  Avec un journaliste en plateau pour les interviewer. Ce qui permet d’avoir différents points de vue en fonction des attentes de chacun de ces pays.
Vous avez ce ton très neutre parce que vous avez des actionnaires de nationalités différentes qui n’ont pas une vision commune de l’actualité ?
Non. C'est plutôt pour des raisons pratiques. On ne peut pas avoir huit points de vue différents puisqu’on commente les mêmes images, fournies en général par les grandes agences internationales. Mais aujourd'hui, on tourne de plus en plus nos propres images.
Pourquoi ne pas avoir des décrochages locaux dans certains pays ?

Parce que l’objectif d'Euronews est au contraire de diffuser le même reportage dans le monde entier. Que l’actualité soit anglaise, espagnole ou française.
Vos magazines sont différents de vos sujets d'actualité ?
Sur certains sujets, nos journalistes travaillent à la fois pour les news et pour les magazines. Mais très souvent, ce sont des équipes différentes avec un ton particulier. D’ailleurs, Reporter, notre émission de grand reportage, a beaucoup de succès.
Est-ce-qu'Euronews parle plus souvent de Lyon que si elle était installée ailleurs ?

Non. Notre ligne éditoriale n’a rien à voir avec notre lieu d’implantation. Définitivement non ! On est au contraire une chaîne d’information internationale. En revanche, on précise sur nos images que nos journalistes parlent en plateau depuis Lyon. Ce qui est visible aussi bien aux Etats-Unis qu’à Taiwan. Et il y a des événements lyonnais qui méritent d'être suivis dans le monde entier, comme la Fête des Lumières dont on parlerait même si Euronews n’était pas installée à Lyon
Vous-même, vous êtes intégré dans la vie lyonnaise ?
Je n’en ai pas le temps !
Mais vous avez l’impression de travailler dans une chaîne contestée à Lyon ?
J’ai au contraire le sentiment de travailler dans une chaîne fantastique ! Et très forte. Et même si je me tiens à l’écart de ces polémiques, j’estime que c’est une décision importante pour une ville comme Lyon d’accueillir une chaîne internationale telle qu'Euronews. Tout comme c’est important pour Atlanta, aux Etats-Unis, d’avoir CNN alors qu’elle pourrait être installée à New-York.

Commentaire

jeane 00

j'aimerai savoir si euronews a un grands succés,
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