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Politique | Régionales : Une indifférence révélatrice |

26/02/2010

Régionales : Une indifférence révélatrice

Avec un taux de participation envisagé d’à peine 60 %, les Régionales ne semblent toujours pas passionner les électeurs. Explications.

“Il n’y a pas une grande visibilité de la Région et les enjeux de ces élections ne sont pas évidents” reconnaît Paul Bacot, prof à Sciences Po Lyon, alors que les taux d’abstention enregistrés au cours des dernières élections régionales sont importants : près de 40 % en 2004 et même 46 % en 1998... Certains experts estiment même que le taux d’abstention devrait être au minimum de 40 % pour ce scrutin de mars prochain. D’ailleurs, selon le tableau de bord politique de janvier de l’IFOP, seuls 20 % des Français parlent de ces élections régionales, alors qu’en janvier 2008, deux mois avant le scrutin, 44 % des Français s’intéressaient aux municipales. Un signe inquiétant.


“Les gens n’identifient pas clairement les compétences de la Région”
souligne Marie-Odile Nicoud, maître de conférence en droit public à l’université Lyon 2 en ajoutant : “Cette collectivité a été créée pour élaborer de grands schémas d’aménagement du territoire, pas pour gérer des services de proximité qui concernent directement les gens dans leur vie quotidienne. Contrairement aux mairies qui gèrent l’éclairage public, la voirie, le ramassage des ordures... ou le Département avec les prestations sociales.”
Un manque de visibilité qu’elle explique aussi par la jeunesse de cet échelon administratif créé en 1982, avec des premières élections en 1986. Et dont l’avenir reste flou avec la réforme des collectivités locales. “Les TER, la rénovation des lycées, les politiques de formation... Je pense au contraire que la Région a un vrai sens pour les habitants. Car c’est un vrai échelon de proximité” réplique Thierry Philip, vice-président du Conseil régional chargé de la Santé et des Sports, qui parie sur un taux d’abstention «correct» pour les élections de mars.


Mais Rhône-Alpes, qui compte huit départements très différents, n’a pas non plus d’identité régionale très forte.
“Il n’y a pas d’unité géographique car Rhône-Alpes ne correspond pas à une ancienne province” confirme Paul Bacot. Avec une histoire et une culture communes comme la Bretagne ou la Corse. D’ailleurs, Rhône-Alpes est une des régions françaises les plus abstentionnistes, alors qu’une région comme la Corse a enregistré un taux d’abstention de 27 % seulement en 2004 ! Et c’est vrai qu’au fond, il n’y a pas vraiment de point commun entre un habitant de la Drôme provençale tourné vers le Sud et un habitant du Beaujolais, du Pays de Gex ou un Savoyard. D’ailleurs en 2000, un sondage IFOP, réalisé pour le magazine Objectif Rhône-Alpes, révélait que plus d’un Savoyard sur deux réclamait la création d’une région spécifique pour la Savoie et la Haute-Savoie réunifiées. Autre point faible, la région n’est pas soutenue par des personnalités connues nationalement. Le président sortant, Jean-Jack Queyranne, qui a été ministre dans le gouvernement Jospin, a une faible notoriété. Selon un sondage LH2 réalisé début décembre, seuls 20 % des habitants de la région citent spontanément son nom.

Alors que ses principaux adversaires sont encore moins connus comme l’UMP Françoise Grossetête, Philippe Meirieu pour Génération Ecologie ou Nathalie Arthaud pour Lutte Ouvrière... A l’exception de l’écrivain Azouz Begag, l’ancien ministre de l’Egalité des chances qui mène la liste du Modem. Et de Bruno Gollnisch, le numéro 2 du Front National. En revanche, d’autres régions sont tirées par des poids lourds médiatiques comme Ségolène Royal en Poitou-Charentes ou Georges Frêche en Languedoc-Roussillon qui affichent dans ce même sondage LH2 une notoriété respective de 85 et 60 %. “En plus, les régionales, c’est un scrutin de liste. Bien sûr, il y a un leader. Mais c’est moins accrocheur qu’un combat entre deux candidats” conclut Paul Bacot. La réforme des collectivités locales pourra-t-elle stimuler l’intérêt des électeurs ? Pas vraiment selon les experts. “Avec la création des conseillers territoriaux qui cumuleront la casquette de conseiller général et de conseiller régional, il y aura encore moins de lisibilité” tranche Marie-Odile Nicoud. Une chance quand même pour booster le taux de participation en mars prochain: ces élections intermédiaires permettent souvent aux mécontents de s’exprimer. L’opposition mais aussi la majorité n’hésitant pas à formuler un “vote sanction sans grande conséquence”. Un signe.

Maud Guillot

Article paru dans Mag2 Lyon de février 2010 disponible sur commande ou au format numérique en cliquant ici

Commentaire

milo

Ras-le-bol de la politique et des politiciens.J'ai beau ne pas avoir le bac,je ne suis pas un blaireau.Tous dans le meme panier,tous partis politique confondus,celui des...CRABES!!!Dégout,ecoeurement,découragement,désespoir...Pauvre France,vers quel avenir vous menez le pays?Pauvre France...
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