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OL en direct | Jean-Claude Triaud : “L’OL n’est pas notre modèle” |

26/02/2010

Jean-Claude Triaud : “L’OL n’est pas notre modèle”

Champions de France en titre, les Girondins de Bordeaux sont bien partis pour conserver leur trophée. Bref, ils ont pris la place de l’OL ! Interview du président du club, Jean-Louis Triaud.

Comment expliquer la réussite de Bordeaux alors que vous avez failli descendre en Ligue 2 en 2005 (1) ?
Jean-Louis Triaud : La vraie question, c’est plutôt pourquoi on a failli descendre il y a cinq ans ! Car sur les 15 dernières saisons, on a toujours été très régulier en haut du classement et on s’est qualifié en Coupe d’Europe au moins 13 fois. Mais cela a été un peu occulté par Lyon, qui pendant sept ans a largement dominé le championnat. Lyon occupait tout l’espace. Ce qui nous a relégués dans l’ombre.
Comment les Girondins de Bordeaux fonctionnent au quotidien?
Je suis président bénévole du club et je travaille avec un actionnaire, Nicolas de Tavernost, le patron de M6, que je connais bien puisqu’on était au lycée ensemble puis à Sciences Po Bordeaux. On travaille donc en confiance.
Mais c’est lui qui a l’argent donc le pouvoir !
C’est plus compliqué car c’est moi qui l’ai fait venir il y a dix ans. Il y a une espèce de jeu entre nous : j’essaie toujours de lui tirer un peu plus d’argent et lui, tente de m’en donner un peu moins.
Mais qui prend les décisions stratégiques ?
On les prend ensemble, en concertation. Exemple, l’entraîneur, Laurent Blanc, exprime une demande. Je la transmets à Nicolas de Tavernost. Et on en discute. Mais le club s’est toujours assumé seul financièrement. En 2005, quand on a été mal classé en championnat, le bilan était très négatif et M6 a assuré les fins de mois. Jusqu’à ce qu’on lui rembourse. Donc, en dehors d’un investissement initial de 120 millions de francs, M6 n’a jamais remis d’argent dans les caisses du club.
Mais vous pouvez vraiment avoir du pouvoir dans un club où vous n’avez pas investi un euro ?
Si j’étais président-actionnaire, je n’aurais pas plus de pouvoirs. Mon luxe et mon confort, c’est au contraire d’être totalement libre et indépendant. J’ai même peut-être un peu plus de recul qu’un salarié ou un actionnaire.
Qu’est-ce qui vous fait courir ?
Je suis plutôt là pour m’amuser. Si j’avais un actionnaire qui me casse les pieds, avec une équipe qui ne tourne pas trop rond, je partirai.
Vous êtes en fait l’anti-Aulas !
Disons qu’on a un chemin différent. Jean-Michel a une présence permanente sur tous les fronts, notamment au niveau du football professionnel. Moi, ce qui se passe à la Fédération ou à la Ligue, je m’en fous. Peut-être que c’est ma limite. Mais je l’assume. Alors que Jean-Michel, lui, ne lâche rien.
Vos rapports avec Aulas ?
J’aime beaucoup Jean-Michel Aulas. Il a une force de caractère et une volonté incroyables...
Et quand vous entrez en conflit avec lui, vous l’aimez toujours autant ?
Je reconnais qu’il m’agace parfois. Notamment quand il veut me piquer un joueur. Et qu’il met la pression. Mais je ne lâche pas non plus. Sans en faire toute une histoire.
L’OL, c’est un modèle pour vous ?
Non, l’OL n’est pas notre modèle. Chacun gère son club comme il l’entend. La méthode lyonnaise fonctionne bien à Lyon. Mais ça ne sert à rien d’adopter une méthode si on ne se sent pas à l’aise avec cette méthode.
Bordeaux finira par se faire coter en Bourse ?
L’entrée en Bourse des clubs de football, je n’y croyais pas et je n’y crois toujours pas. Car si on devait gagner de l’argent dans le foot, ça se saurait ! La Bourse à priori, ça ne nous intéresse pas. D’autant plus que notre actionnaire est lui-même coté. Mais bon, si un jour, ils souhaitent entrer en Bourse, on ira.
Mais vous êtes surpris du déclin lyonnais cette saison ?
Ils ne sont pas si loin que ça. Pour moi, Lyon peut encore penser au titre. Même si c’est vrai qu’on a beaucoup d’avance, mais est-ce qu’on tiendra le coup ? J’en sais rien car la spirale négative est bien plus violente que la spirale positive. Et ça va très vite.

Propos recueillis par Aymeric Blanc

(1) En 2004-2005, Bordeaux a terminé 15e du championnat et a assuré son maintien in extremis à la dernière journée.

Classement final de l’OL et de Bordeaux depuis dix ans en Ligue 1
                  1999   2000   2001   2002   2003   2004   2005   2006   2007   2008   2009  
Lyon              3e       3e       2e      1er      1er      1er      1er      1er     1er       1er      3e
Bordeaux      1er      4e       4e        6e       4e      12e     15e       2e      6e        2e      1er

Article paru dans Mag2 lyon de février 2010 disponible sur commande ou au format numérique en cliquant ici

Commentaire

gone

l'ol est la meilleure equipe du championnat et Bordeaux n'est pas le modèle des lyonnais
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