Après le report de la taxe carbone, une réforme qu'il continue à soutenir sur le fond, le sénateur-maire UMP d'Oullins François-Noël Buffet donne sa vision du développement durable et se prononce pour la mise en place d'une véritable fiscalité verte.
“Alors que vient de s’ouvrir la semaine du développement durable et que le deuxième volet du Grenelle de l’environnement passera en débat à l’Assemblée le 4 mai prochain après avoir été adopté le 8 octobre dernier par le Sénat, il faut plus que jamais envoyer un message fort à nos concitoyens : Non ! Le gouvernement ne se désintéresse pas des questions environnementales. Non ! Les enjeux écologiques ne sont pas le monopole d’un parti politique. Oui ! Il est urgent de modifier notre modèle économique pour le rendre plus « vert ». Oui ! Ces modifications de nos comportements passent par un engagement politique déterminé et un arsenal législatif et fiscal incitatif.J’ai conscience que le report de la mise en place de la taxe carbone a pu en décevoir certains. Malgré tout, les Français sont conscients que certaines mesures doivent être passées au filtre de la « realpolitik » pour rechercher l’intérêt national, au-delà des clivages partisans. Las d’une gestion déconnectée de la réalité c’est même pour cela qu’ils ont donné leur confiance à Nicolas Sarkozy et à son gouvernement en 2007. Cependant, il n’aura échappé à personne qu’entre 2007 et aujourd’hui la situation économique française et mondiale a été touchée par une crise qui a ébranlé très durement nos entreprises. Etait-il opportun de grever le retour à l’emploi et à la croissance dans ces conditions ? La réponse est dans la question.
Malgré tout, j’ai la conviction que nous allons dans le bon sens grâce aux 270 mesures du Grenelle de l’environnement, véritable acte fondateur d’une nouvelle politique de développement durable. Grâce aussi à l’implication des élus locaux qui dans leurs collectivités s’emparent de ces questions et mettent rapidement en place de vraies actions de terrain. Grâce enfin à nos concitoyens dont la prise de conscience environnementale se traduit de plus en plus par des changements de comportements.
En tant que responsables politiques, au plan national comme au plan local, nous faisons face quotidiennement à ces défis et nous tentons d'y apporter les réponses les plus adaptées, y compris, et je dirais même "surtout", en ces temps difficiles. Car à la crise que nous vivons, avant tout économique et sociale, s’ajoute la crise inédite, sans précédent, d’épuisement des ressources naturelles, avec ses différentes composantes, alimentaires, énergétiques, climatiques et écologiques. Il faut donc tirer toutes les conséquences de cette inexorable mutation.
Pour répondre à ces changements, nous devons définir de nouvelles régulations qui refusent la course folle à l’accumulation et au productivisme parfois effréné, et qui permettent de nouveaux progrès économiques et sociaux compatibles avec les équilibres écologiques. Face à ce constat, nous devons faire montre d’un volontarisme qui réconcilie tous les acteurs de la société autour d’un projet commun : inventer une société sobre en carbone, une société respectueuse de la nature et des fruits de la nature, une société qui cherche à concilier le développement économique, la qualité de vie, la protection de l’environnement et le progrès social.
Depuis plusieurs années, j’ai engagé sur ma commune, à Oullins, de nombreuses actions en faveur de l’environnement et du développement durable : opérations programmées d'amélioration de l'habitat (OPAH) pour la réhabilitation des logements anciens ou HLM, création d’un Comité consultatif « Environnement », ou encore projet ECHO (Environnement – Citoyenneté – Handicap – Oullins) mis en place dès 1999 pour sensibiliser les enfants, par diverses actions, au respect de leur environnement, au handicap et à la citoyenneté.
Nous poursuivons chaque jour cette démarche, qu'il s'agisse de la valorisation et la préservation des espaces naturels avec l’aménagement du parc naturel de l’Yzeron, de la redynamisation du commerce de proximité, de la préservation du lien social avec la création des jardins du Golf, de l’aide à la réinsertion par l’introduction des clauses d’insertion dans les appels d’offres de la Ville, de la lutte systématique en faveur des économies d’énergie à travers les travaux d’aménagement et d’entretien des bâtiments municipaux pour les rendre plus économes, des nouvelles constructions privées aux normes BBC ou encore de l’ouverture vers de nouveaux modes de déplacements avec l’arrivée du métro à Oullins.
C'est encore et toujours dans cette perspective que je souhaite construire et développer sur les friches de la Saulaie un éco-quartier qui fera de la Ville et de ce grand projet un modèle en matière de développement durable, comme nous l’avions annoncé dans nos engagements. Toutes ces réalisations, passées ou à venir, sont de nature à enrichir la réflexion autour de notre Agenda 21, actuellement en cours d’élaboration.
Notre but est de construire un nouveau socle de croissance : celui de la sobriété, de l’autonomie énergétique et de l’indépendance. Ce programme, ce but à atteindre doivent permettre à notre société de faire un saut qualitatif. Au fond, la croissance sélective est le chemin le plus court et le plus sûr vers une société de qualité : qualité de vie, qualité de l’air, qualité de l’alimentation, des biens et des services. La crise d’aujourd’hui implique inéluctablement que le monde, mais aussi la France et toutes ses composantes territoriales se tournent vers cette nouvelle croissance sur un principe de base : "penser global" et "agir local", que je traduis par « agir au quotidien pour contribuer à l’intérêt général».
Il y a unanimité en effet pour considérer que l’enjeu écologique est un facteur clef de la compétitivité de nos entreprises. Parce qu’une économie qui consomme moins d’énergie est nécessairement une économie qui dépense moins d’argent. Parce que les relais de la croissance de demain se trouvent dans le bâtiment, dans le traitement des eaux et des déchets ou encore dans le développement des énergies renouvelables et de la chimie "verte". Parce que les produits les plus compétitifs ou les plus demandés par les consommateurs seront les produits les plus sobres en carbone et en énergie.
Ensemble, chacun à son niveau, guidés et appuyés par la feuille de route du Grenelle 2, nous pouvons, nous devons, faire bouger les lignes et accélérer cette mutation structurelle. Je suis convaincu qu’une action publique responsable doit se nourrir de l’expérience et de l’enthousiasme de chacun. La révolution du « new deal » écologique passe ainsi par l’engagement de tous à construire un monde meilleur et plus respectueux de l’environnement."
François-Noël Buffet, sénateur, membre de la commission des lois, maire d'Oullins


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