Les élections présidentielles et législatives ont lieu en mai aux Philippines. Analyse de l’avocat lyonnais Jean-Jacques Rinck qui est Consul de la République des Philippines.
Pourquoi la présidente actuelle des Philippines ne se représente pas ?
Parce qu’elle Gloria Macapagal-Arroyo ne peut pas se représenter. Elle a été présidente pendant 9 ans puisqu’avant d’être élue en mai 2004, elle a remplacé Joseph Estrada, l’ancien président qui avait été destitué pour fraude. Et qui a été emprisonné avant d’être gracié.
Son bilan ?
Les Philippines reviennent de loin parce que le dictateur Marcos a dirigé le pays jusqu’en 1986. Et Gloria Arroyo a réussi en partie à mettre un terme aux problèmes de corruption et aux crises politiques provoqués par les groupes islamiques séparatistes du Sud des Philippines. Mais son mandat n’a pas suffi et tout est entre les mains du futur président.
Les candidats ?
Il y a 10 candidats pour ces élections présidentielles dont Joseph Estrada, l’ancien président qui revient avec le PMP, le parti du peuple. L’autre figure emblématique, c’est Benigno Aquino pour le parti libéral. C’est le fils de l’ancienne présidente Cory Aquino. A noter aussi, Manuel Villar, l’ancien président du Sénat, tête de liste du parti nationaliste. C’est un des hommes les plus riches des Philippines notamment grâce à des opérations immobilières. Il y a aussi un ancien partisan de Marcos, Vetallano Acosta. Et pour les législatives, il y a des candidats plus originaux notamment Manny Pacquiao qui a été 5 fois champion du monde de boxe et qui se lance en politique. C’est un héros national donc il a ses chances.
Il y a déjà eu des violences pendant la campagne !
C’est vrai et d’ailleurs les élections aux Philippines sont toujours très compliquées. Les attentats organisés par les séparatistes inquiètent beaucoup la population.
L’enjeu de ces élections ?
Le prochain président devra continuer à apaiser le Sud de l’archipel qui est un foyer permanent d’insurrections. Ce qui donne une image instable au niveau international.
Et ce sera d’autant plus difficile que c’est un pays qui est dur à gérer. C’est le 2e plus grand archipel du monde avec 7107 îles. En plus, c’est une société complexe avec au moins une dizaine de dialectes mais aussi de la pauvreté. Mais pour l’économie, ça va dans le bon sens. Les Philippines attirent les investisseurs Chinois et Américains, mais essayent aussi de se protéger pour faire du commerce sans se faire écraser.
Crédit photo : Quentin Bischoff


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