Dans un livre de Fabrice Lhomme à paraître le 19 mai, l'ancien ministre de la Défense Charles Millon révèle avoir demandé aux services secrets français une enquête sur les rétrocommissions liées aux contrats d'armement passés sous le gouvernement d'Edouard Balladur avec le Pakistan.
“Pas envie de prendre une balle”. Charles Millon a expliqué aux auteurs du livre que l'enquête menée par la DGSE a permis de retrouver les traces de l'argent des rétrocommissions dans des établissements bancaires en Suisse, Espagne, Malte, Chypre et Luxembourg. Mais l'ancien ministre n'indique pas les destinataires de ces rétrocommissions.
La justice française enquête sur l'attentat de Karachi de mai 2002 dans lequel 14 personnes ont trouvé la mort dont 11 salariés français de la Direction des constructions navales. Alors que la piste Al-Qaïda a longtemps été privilégiée, les juges d'instruction Marc Trévidic et Yves Jannier enquêtent sur d'éventuelles représailles suite, justement, à l'arrêt du versement de commissions en marge de ce contrat de livraison de trois sous-marins Agosta. Ce livre évoque aussi d'autres contrats en Arabie Saoudite qui auraient pu donner lieu à un système comparable de rétrocommissions.
Suite à la publication d'un article de Guillaume Dasquié dans Libération du 26 avril, l'ancien Premier ministre Edouard Balladur a été entendu à sa demande deux jours plus tard à huis clos pour s'expliquer sur les liens présumés entre le financement de sa campagne présidentielle de 1995 et l'attentat de 2002.
Fabrice Lhomme et Fabrice Arfi :“Le contrat Karachi, l'affaire que Sarkozy voudrait oublier”, aux éditions Stock.


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