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26/03/2009

Le blog spectacles

“D’autres vies que la mienne” d’Emmanuel Carrère, la foire au musée d'art contemporain, rétro Scala à l'institut Lumière...

C’est sans doute le best-seller de l’année 2009. Le nouveau livre d’Emmanuel Carrère, “D’autres vies que la mienne”, est passionnant. Et hyper bien écrit. Du coup, on ne le lit pas on le dévore.
Basé sur des faits réels, ce livre commence par le tsunami de décembre 2004. Emmanuel Carrère qui est alors en vacances au Sri Lanka avec sa femme, journaliste à LCI, et leurs enfants respectifs va être confronté à la mort d’une fillette de 4 ans, emportée par la vague. Mais surtout à la douleur de ses parents, un couple d’amis. Avec beaucoup de pudeur et de précision, il décrit cet événement insoutenable. Puis l’auteur de “L’Adversaire” (la fameuse affaire du faux médecin Jean-Claude Romand qui a assassiné toute sa famille) et de “La Moustache”, deux livres qui ont été adaptés au cinéma, enchaîne avec un drame qui va frapper sa famille quelques mois plus tard : le cancer puis la mort de sa belle-sœur, Juliette, 33 ans, mère de trois enfants et juge au tribunal de Vienne. Une jeune femme dont lui, l’auteur parisien à succès, est assez éloigné mais qu’il va apprendre à connaître, post mortem, à travers le témoignage d’un de ses collègues : Etienne Rigal, également juge à Vienne. On va alors revivre la carrière de ces deux magistrats, confrontés très jeunes à la maladie, tous deux boiteux, mais habités par un combat contre les sociétés de crédits qui exploitent la vulnérabilité des familles les plus pauvres. Un livre fort et sincère. A lire absolument.
“D’autres vies que la mienne”, Emmanuel Carrère, P.O.L, 318 pages, 19,50 euros.

Expo : la foire au MAC. Triple expo au musée d’Art contemporain. Contrastée et inégale. A voir jusqu’au 19 avril.
Trois étages pour trois expos très différentes. Le musée d’Art contemporain accueille pour quelques semaines encore “Quintet”, “N’importe quoi” et Marlène Mocquet. Au premier niveau, c’est de la BD. Avec notamment les superbes dessins de Joost Swarte qui traite avec humour des petites et grandes aventures de la vie. L’amour, la sexualité ou la guerre, tout inspire le maître hollandais. Mais on est vite attiré par les bruits mécaniques et incessants qui viennent de la salle voisine où sont exposés les dessins de Stéphane Blanquet. Un tout autre style. Car chez cet artiste tout est sombre et terrifiant. Ses encres montrent des pendus, des femmes accouchant de squelettes... On a ensuite droit au remake d’un “train fantôme” de fête foraine. Mais dans les grincements du wagon, on découvre la chambre d’un enfant pervers en plein cauchemar avant de passer devant la statue d’un suicidé, la tête explosée, son fusil encore entre les jambes. L’œuvre de Blanquet est souvent morbide et glauque mais surtout forte et puissante.
On respire mieux devant les BD ludiques de Shelton, auteur de comics des années 1970, notamment de “Fat Freddy’s cat”. Enfin, avant de passer au deuxième étage, on découvre les surprenantes installations de Masse, notamment cette statue mi-homme mi-cheval, formée de vieux harnais de cuir, ou cette bicyclette tordue en forme de chien.
C’est ensuite là, devant ce “N’importe quoi” du deuxième étage, qu’on peut se poser un certain nombre de questions. Car le MAC a choisi la provocation en exposant une cinquantaine d’artistes avec des œuvres qui vont des casseroles trouées par balles à la bibliothèque de “Que sais-je ?” complètement farfelus, en passant par un lampadaire tordu ou une peau de banane en bronze. Une expo difficile mais qui offre un vrai tour d’horizon de la création contemporaine. Le livre d’or recueille en tout cas des réactions souvent extrêmes : “N’importe quoi, vraiment !” ou ce provocateur “Très spécial mais gardons l’esprit ouvert. Chacun son art (j’ai des pots de yaourt dans ma poubelle, pourrais-je être célèbre ??).”
Après cette frénésie contemporaine, les 70 toiles de Marlène Mocquet installées au troisième étage proposent un vrai moment de poésie. Colorées, lumineuses et faussement naïves, ces figures de jeunes filles constituent une pause agréable.
Au final, une expo qui tourne un peu à la foire mais dont on ne sort pas indifférent.

Festival. Un beau printemps à Pérouges

Le treizième festival du Printemps de Pérouges se déroule du 2 avril au 1er juillet. Avec quelques habitués, dont Al Jarreau en ouverture du festival à la Cité internationale. Mais aussi Liane Foly le 23 avril à Saint-Vulbas. La Lyonnaise présentera sa “Folle parenthèse” où elle imite de nombreuses stars de la chanson, du show-biz ou de la politique. Autre artiste déjà invité au festival : Martin Rappeneau, un chanteur pop et mélodique qui sera en concert le 14 mai au prieuré de Blyes. Mais il ne faudra surtout pas manquer les deux derniers concerts : le pianiste et chanteur gospel Craig Adams donnera un concert exceptionnel le 4 juin, dans le Hall TGV de l’aéroport Saint-Exupéry. Alors que c’est la star de l’opéra Roberto Alagna qui clôturera en beauté le festival le 1er juillet.
Renseignements : www.festival-perouges.org

Cinéma. Rétro Ettore Scola à l’institut Lumière
Vittorio Gassman, Marcello Mastroianni, Ugo Tognazzi, Sofia Loren... Ils ont tous tourné avec Ettore Scola. Un réalisateur italien à qui l’institut Lumière rend hommage du 3 avril au 24 mai en proposant une vingtaine de ses films. Dont les classiques "Nous nous sommes tant aimés", "Une journée particulière", "Affreux, sales et méchants" ou "Le Bal". Mais aussi des films beaucoup moins connus en France, comme "Parlons femmes", "Belfagor le magnifique" ou "Le Fouineur". Scola, qui a reçu des prix dans tous les grands festivals internationaux, sera d’ailleurs à l’Institut Lumière le 29 avril pour rencontrer les Lyonnais.
Renseignements : 04 78 78 18 95 ou  www.institut-lumiere.org

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