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jeudi 09 février 2012 - 02:03
Météo Lyon :
Société | Lettre ouverte de René Ricol à Philippe Brunet-Lecomte |

20/04/2009

Lettre ouverte de René Ricol à Philippe Brunet-Lecomte

Ancien président de l'Ordre des experts-comptables, le Lyonnais René Ricol est aujourd'hui le Médiateur du crédit.

"Mon vieux Philippe,

Je le sais, je vais te choquer toi, le bourgeois lyonnais, je vais te piquer ton procédé et peut-être même ton style, en commençant par reprendre le truc que tu utilises dans tes éditos, tutoyer les gens importants ! Histoire de mieux faire passer le message. En douceur, comme tu dis.

Entre toi et moi, tout a commencé par un procès ! Pas vraiment étonnant si on connaît ta vie agitée de journaliste. C’était il y a quelques années, Lyon Mag avait publié un article à la gloire d’un vieux copain mais qui me faisait passer pour un type peu recommandable avec quelques âneries en prime qui m’ont mis de mauvaise humeur, vraiment. Je t’ai attaqué en justice. J’ai gagné. A cette époque, nous avons même échangé des courriers assez musclés et quelques amabilités, puis tu as fini par m’envoyer un cachet de Xanax, histoire de m’expliquer que j’étais dingue ! Cachet que je t’ai renvoyé en t’expliquant que, de nous deux, c’était certainement toi le plus dingue.

Les années ont passé. Et régulièrement, comme tu es un peu rancunier, mais si, mais si, je me suis fait “allumer” dans Lyon Mag. Un mot, une petite phrase... C’est comme ça que je suis devenu, moi le Lyonnais exilé à Paris, un fidèle lecteur. Et j’ai fini par apprécier ce magazine un peu insaisissable. Anticonformiste, c’est peu dire. Jamais là où on l’attend. Je me suis alors dit qu’une grande ville comme Lyon pouvait assumer un magazine « à surprise » comme Lyon Mag. Et puis, la contradiction est un exercice sain et enrichissant. Pas nécessairement facile mais vital. Mieux encore, je suis devenu fier de ce journal qui pourtant m’égratignait régulièrement.

Un jour, j’ai fini par te rencontrer. Vu notre histoire commune et ta réputation, je m’attendais au pire. Rapidement, j’ai compris que j’avais à faire à un type bien. Tu es un bagarreur mais au fond tu es surtout un naïf qui voit le monde sans arrière-pensée. D’ailleurs quand tu prends un coup, ça te rassure, tu te dis qu’au fond tu as raison car tu déranges. Pour toi la prudence est forcément une faiblesse. Et les nuances sont le signe d’une maladie incurable : l’hypocrisie. Mais il t’arrive aussi d’en faire trop, sans vraiment le vouloir, mais le mal est fait et c’est souvent trop tard. Tu sais que je t’en ai voulu de cet article sur la famille Mérieux. Ton indépendance, tu y as droit bien sûr, mais dans le respect des autres. Je crois que même ta femme, Géraldine, est d’accord avec moi !Et je te fais confiance car maintenant que je te connais, je sais que non seulement tu es un vrai journaliste, mais aussi, ne rougis pas, que tu as du cœur et que tu respectes tes engagements.
Avec l’expérience, j’ai compris que pour être efficace, il fallait, sans renier ses valeurs, éviter d’avancer tête baissée et privilégier une approche souvent plus souple, moins agressive, des situations et des individus. Pas facile, je sais, mais tu as beaucoup appris, j’en suis sûr. Il faut cependant que tu restes optimiste et confiant malgré les épreuves.

Et puis il y a eu cette bagarre de Lyon Mag avec le Pdg de Fiducial, un copain de longue date dont j’apprécie l’intelligence et la réussite. Je n’aime pas la guerre, surtout quand elle est absurde et ne mène à rien. Et quand je sens monter la haine, j’ai du mal à rester sans réagir. Voilà pourquoi j’ai choisi mon camp, celui de la raison. J’ai une âme de médiateur. On ne se refait pas. C’est pour ça que je m’en suis mêlé, en tentant d’apaiser les esprits. En vain.
D’ailleurs, j’ai rapidement senti que cette guerre était perdue d’avance pour Lyon Mag, trop vulnérable et qui avait tellement agacé. Mais j’ai aussi été fasciné par la solidarité et la témérité de ta petite équipe. Ils ont pris des coups mais sont restés convaincus, déterminés, unis derrière toi. Cela dit, à peine enterré, tu nous fais le coup de la résurrection en lançant un nouveau magazine : Mag2 Lyon. Tu as osé en nous promettant que vous aviez tourné la page, que vous aviez réfléchi, que vous vous étiez tous remis en cause, que vous alliez faire un magazine plus ouvert, plus serein... Sans pour autant renoncer à vos valeurs. Bref, je m’attends au pire. Car si en plus vous devenez malins, on est foutu !

Bonne chance donc à cet étonnant Mag2 Lyon qui surgit au cœur de la crise. Un nouveau projet éditorial, une nouvelle entreprise, une quinzaine d’emplois créés... Vous méritez d’être soutenus car, au fond, cette détermination est exemplaire. Et en plus vous vous lancez en coopérative ! Ton devoir, c’est maintenant d’accompagner cette équipe, lui permettre d’aller plus loin et ensuite de la laisser vivre, sans toi.
Savoir se remettre en cause, ne jamais baisser les bras, faire confiance aux jeunes qui sont avec toi, c’est essentiel, surtout aujourd’hui, et c’est ce que tu fais. Alors bon courage et bon vent ! Et n’oublie pas, la vie est belle !"

René Ricol

Commentaire

Bernard

Je ne vois pas pourquoi PBL"devrait" ensuite quitter l' équipe de Mag2Lyon, il n' a en rien démérité.
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