Un an après sa réélection, le maire de Lyon est plébiscité par les Lyonnais. Même si quelques figures émergent pour assurer le relais. C’est la principale leçon du sondage réalisé par TNS Sofres pour le Mag2 Lyon.
Les Lyonnais sont assez paradoxaux. D’un côté, ils exigent que leur maire soit présent à Lyon, accessible, proche de leurs préoccupations quotidiennes... Ce qui les rassure. Et d’un autre côté, ils adorent quand leur maire fait parler de lui au niveau national, qu’il prend des responsabilités, qu’il passe à la télé... Ce qui flatte leur fierté d’être lyonnais. Bref, les Lyonnais sont tout à fait normaux : ils veulent le beurre et l’argent du beurre. C’est au fond la grande leçon de ce sondage. Car la plupart des sondages réalisés à Lyon au cours des dernières années soulignent cette double exigence. Pas facile pour Gérard Collomb de naviguer entre ces deux écueils en prenant le risque de donner aux Lyonnais l’impression de les abandonner ou au contraire de ne pas peser assez lourd dans le débat national. Mais le maire de Lyon, pourtant considéré par certains “pros de la politique” comme un amateur, se débrouille pas mal, en arrivant à conjuguer ces deux impératifs contradictoires. Un an après avoir été triomphalement élu pour un deuxième mandat et alors qu’il va aborder sa dixième année de pouvoir, pas la moindre usure, ni même de l’agacement chez les Lyonnais. C’est peut-être ça aussi le modèle lyonnais !
Au-delà de ce diagnostic général, les quatre grandes leçons de ce sondage réalisé par TNS-Sofres pour le Mag2 Lyon.
1 - Une cote d’enfer
“C’est le début de la fin”, murmuraient depuis plusieurs semaines certains observateurs de la vie politique lyonnaise qui estimaient que la cote de Gérard Collomb était en baisse chez les Lyonnais. En soulignant son absence sur le terrain à Lyon, son combat à risque contre la direction du PS, les projets sensibles qui sont bloqués comme le Grand Stade... Bref, les pronostics étaient assez mauvais sur l’avenir du maire de Lyon. Et surprise, ce sondage TNT-Sofres dément cette analyse de façon magistrale. Le maire de Lyon a toujours une sacrée cote. Avec 77 % de Lyonnais qui se disent satisfaits. Et seulement 19 % qui affichent leur déception.
Chez les plus jeunes, la satisfaction est encore plus forte (84 % pour les 25-35 ans, 83 % chez les 18-25 ans). Alors que la gauche lui reste fidèle (83 %), il réalise toujours de bons scores à droite (67 %) et au centre (79 %). Même les écologistes sont sous le charme (89 %). Les hommes et les femmes sont à égalité. En revanche, les cadres, eux, restent des fans de Collomb (82 %) comme les intellectuels, alors les patrons et les commerçants sont toujours nombreux à le soutenir (73 %) même si Collomb fait un meilleur score chez les ouvriers (76 %). Qui dit mieux ?
2 - Il a raison contre le PS
Là encore c’est la surprise. Surtout après le vote des militants socialistes lyonnais qui lui ont infligé une claque en mars (sur les investitures aux élections européennes), en votant à 75 % pour la direction du PS, contre laquelle Gérard Collomb bataille depuis plusieurs mois. 58 % des Lyonnais estiment qu’il a eu la bonne attitude en critiquant ouvertement le fonctionnement de son parti. Et 22 % considèrent même qu’il n’est pas assez critique. Le plus étonnant, c’est le score que le maire de Lyon réalise chez les électeurs socialistes. Ils sont 67 % à le soutenir ! Alors qu’à droite, on est paradoxalement moins enthousiaste (58 %) sur la zizanie qu’il sème au PS.
3 - Ils en redemandent
Surprenant, toujours. Alors qu’on commençait à parler d’usure du pouvoir à Lyon, Gérard Collomb est plébiscité par les Lyonnais qui en redemandent. Et ils sont 68 % à souhaiter qu’il se représente, une confortable majorité en perspective pour les prochaines municipales de 2012. A condition bien sûr qu’il se représente. Et même s’il a alors 67 ans, avec un tel score, ce sera tentant !
D’autant plus que là encore, le maire de Lyon ratisse large. A gauche bien sûr (81 %), mais aussi à droite (51%) où il remporte la majorité et surtout au centre toujours fidèle (71 %) comme les écolos. Même phénomène des ouvriers (76 %) aux patrons (67 %). Alors que là encore les jeunes le plébiscitent (79 % pour les 18-25 ans, 78 % pour les 25-35 ans).
Bref, de quoi décourager les prétendants, à droite comme à gauche, qui devront attendre 2020 pour avoir leurs chances !
4 - Une succession très disputée
Les Lyonnais adorent Collomb mais ils sélectionnent tout de même cinq élus de gauche qui auraient leurs chances au cas où le maire de Lyon ne se représenterait pas aux prochaines élections municipales. Un petit jeu qui permet de placer en tête des prétendants Jean-Jack Queyranne, le très prudent président du conseil régional, et Jean-Louis Touraine, le très discret premier adjoint au maire, qui l’un et l’autre n’ont apparemment rien demandé. En revanche les trois autres ont des ambitions plus ou moins clairement affichées. Et ils réalisent de bons scores, au dessus de 20 % : Thierry Philip, le maire du 3e arrondissement de Lyon et vice-président du conseil régional (21 %), Nathalie Perrin, la fille rebelle de Collomb (lire portrait page X) qui réalise une jolie percée (22 %) et Najat Belkacem avec ses 28 %, qui s’impose à 32 ans comme une personnalité incontournable dans le paysage politique lyonnais.
A noter au passage que ces cinq prétendants sont soit assez médiatiques comme Belkacem, soit légitimés par leur fonction comme Touraine.
Même tendance quand on élargit aux élus de droite en demandant aux Lyonnais s’ils feraient un bon maire. Quatre élus de gauche figurent dans le peloton des cinq premiers. Les mêmes, à part Nathalie Perrin qui est rétrogradée en sixième position. Alors que le centriste Azouz Begag s‘impose en quatrième position avec 45 %. Malgré les méchantes rumeurs sur son instabilité, l’écrivain-sociologue est considéré par les Lyonnais comme crédible en maire de Lyon. En revanche les grands barons de la droite sont relégués derrière, notamment Dominique Perben, l’ancien ministre, et Michel Mercier, le futur ministre qui, en attendant, continue à présider le conseil général. De plus, les jeunes espoirs de l’UMP ou du Modem, comme Michel Havard ou Eric Lafond, n’arrivent pas à décoller au-dessus des 30 %.
Bref, la légitimité n’est pas facile à conquérir. Et là encore, les barons ou les médiatiques ont une longueur d’avance. Mais Collomb reste indétrônable, pour l’instant.
Antoine Dalguerre
SA COTE A LYON
Comment jugez-vous l'action de Gérard Collomb à la tête de la mairie de Lyon depuis qu'il a été réélu il y a un an ?
Très satisfaisante : 11%
Plutôt satisfaisante : 66%
Pas vraiment satisfaisante : 15%
Pas du tout satisfaisante : 4%
Sans opinion : 4%
SA SUCCESSION
Et souhaitez-vous que Gérard Collomb se représente pour un troisième mandat aux prochaines élections municipales de 2014 ?
Oui tout à fait : 22%
Oui plutôt : 46%
Non plutôt pas : 16%
Non pas du tout : 13%
Sans opinion : 3%
SA CRITIQUE DU PS
Gérard Collomb vous paraît-il trop critique, pas assez critique à l'égard du PS, ou a-t-il une bonne attitude à son égard ?
Trop critique : 10%
Pas assez critique : 22%
Il a une bonne attitude : 58%
Sans opinion : 10%
LA SUCCESSION A GAUCHE
Dans l'hypothèse où Gérard Collomb ne se représenterait pas lors des prochaines élections municipales, laquelle, parmi les personnalités suivantes, souhaitez-vous voir devenir le ou la candidat(e) de la gauche à Lyon ?
Jean-Jack Queyranne : 37%
Jean-Lous Touraine : 33%
Najat Belkacem : 28%
Nathalie Perrin-Gilbert : 22%
Thierry Philip : 21%
Etienne Tête : 12%
Thierry Braillard : 10%
Gilles Buna : 9%
Autre : 3%
Aucun : 19%
Sans opinion : 20%
Le total des pourcentages est supérieur à 100, les personnes interrogées ayant pu donner plusieurs réponses.
CEUX QUI POURRAIENT FAIRE UN BON MAIRE
Dans l'hypothèse où Gérard Collomb ne se représenterait pas aux prochaines élections municipales, pour chacune des personnalités suivantes, pouvez-vous me dire si selon vous, elle ferait un bon maire de Lyon, ou un mauvais maire ?
Jean-Jack Queyranne : 60% bon maire, 19% mauvais maire, 21% sans op.
Jean-Louis Touraine : 57% bon maire, 13% mauvaise maire, 30% sans op.
Najat Belkacem : 47% bon maire, 18% mauvais maire, 35% sans op.
Azouz Begag : 45% bon maire, 34% mauvais maire, 21% sans op.
Thierry Philip : 44% bon maire, 14% mauvais maire, 42% sans op.
Nathalie Perrin : 43% bon maire, 10% mauvais maire, 47% sans op.
Michel Mercier : 43% bon maire, 28% mauvais maire, 29% sans op.
Dominique Perben : 40% bon maire, 48% mauvais maire, 12% sans op.
Etienne Tête : 37% bon maire, 24% mauvais maire, 39% sans op.
Thierry Braillard : 35% bon maire, 16% mauvais maire, 49% sans op.
Gilles Buna : 32% bon maire, 19% mauvais maire, 49% sans op.
Denis Broliquier : 29% bon maire, 17% mauvais maire, 54% sans op.
Philippe Cochet : 29% bon maire, 15% mauvais maire, 56% sans op.
Cyril Isaac-Sibille : 28% bon maire, 20% mauvais maire, 52% sans op.
Michel Havard : 27% bon maire, 15% mauvais maire, 58% sans op.
Eric Lafond : 23% bon maire, 13% mauvais maire, 64% sans op.
Bruno Gollnisch : 13% bon maire, 75% mauvais maire, 12% sans op.
Fiche technique
Sondage réalisé pour Mag2 Lyon, du 16 au 17 mars 2009, par téléphone auprès d’un échantillon de 600 personnes représentatif de la population de Lyon âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage PCS) et stratification par arrondissements.



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