Présentateur de “C dans l’air” sur France 5, Yves Calvi explique pourquoi Gérard Collomb passe de plus en plus souvent à la télé.
“Je connais bien Gérard Collomb pour avoir travaillé trois ans à TLM à la fin des années 1980, alors qu’il était l’invité quasi permanent de la chaîne en tant que chef de l’opposition. Il avait un petit côté Poulidor assez touchant avec ses 1 257 défaites électorales ! On avait donc un petit faible pour lui car il avait le mérite de s’accrocher. Et on sentait que c’était un homme intelligent. Pourtant, je n’aurais jamais parié qu’il réussisse à devenir maire de Lyon. D’ailleurs, à six mois des municipales de 2001, Gérard Collomb était monté à Paris. On avait déjeuné ensemble à côté d’Europe 1 et il m’avait annoncé qu’il allait devenir maire de Lyon. En m’expliquant toute sa stratégie centriste, comment la droite allait se diviser... Je suis resté courtois mais je n’en croyais pas un mot ! Pour moi, il ne pouvait pas réussir car il avait déjà subi trop d’échecs. J’étais persuadé qu’il n’avait plus d’avenir politique. Mais finalement c’est lui qui a adopté la bonne stratégie en transcendant les clivages droite-gauche à Lyon. Une stratégie confirmée par sa belle réélection il y a un an.
Le 5 avril, on donc décidé d’inviter Gérard Collomb dans l’émission “C dans l’air” sur France 5 pour débattre d’un dossier sensible, la flambée des impôts locaux. On pensé à lui car c’est un maire actif, qui n’est pas langue de bois et qui ne fuit pas les questions. Je savais qu’il était capable d’affronter des questions un peu directes sur la gestion de sa ville sans se défiler. Et il ne m’a pas déçu. Pourtant, cette émission n’a pas été simple pour lui car les autres invités l’ont interpellé avec une certaine vigueur sur les subventions qu’il accorde aux différentes associations, sur le salaire de ses vice-présidents au Grand Lyon... Mais il assume vraiment ses choix. Même sur des thématiques complexes. Il a d’ailleurs annoncé clairement qu’il avait prévu d’augmenter les impôts locaux de 4% mais qu’il va finalement les augmenter de 6%. Et là encore il ne se défile pas.
C’est pour ça que les médias nationaux s’intéressent de plus en plus à lui, car il a le courage de dire les choses franchement. D’ailleurs, dans l’émission de Laurent Ruquier, “On n’est pas couché”, Collomb s’est vraiment bien débrouillé, surtout face à Zemmour et Naulleau qui pensaient se payer un petit maire de province. En fait, il joue à fond son rôle d’élu de terrain, il prend les choses avec philosophie. Et je pense que sa bonhomie et sa rondeur faussement provinciales plaisent beaucoup aux télés. Collomb a aussi fait de gros progrès de communication. Je pense qu’il a transformé ses défauts en qualités et qu’on le verra de plus en plus souvent à la télé, car selon moi, il a un vrai rôle à jouer au niveau national. Je le vois très bien devenir ministre, voire Premier ministre. Mais il a encore des progrès à faire en essayant d’aller plus rapidement au but quand il s‘explique. Ce qui donnerait alors plus de punch et d’efficacité à ses interviews.”


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