Sortir du nucléaire

Date de publication : 14/03/2011

Il y aura un avant et un après Fukushima. Depuis 1986, on nous explique que la catastrophe nucléaire de Tchernobyl s’expliquait avant tout par les défaillances du système soviétique. Aujourd’hui, on voit combien le Japon, un des pays les plus avancés technologiquement au monde, a du mal à contenir les risques liés à cette énergie.
Evidemment, la situation est exceptionnelle car ce pays a du d’abord affronter séisme et tsunami. Mais justement, cela démontre la limite des calculs de probabilité appliqués au nucléaire. Si cette centrale n’est pas dimensionnée pour résister à un tel cataclysme, c’est sans doute que les experts ont considéré qu’ils n’étaient pas assez fréquents dans cette région pour le nécessiter. Avec quelques imprévus de tuyauterie en plus, et c’est la catastrophe.
Aujourd’hui, la presse précise que les centrales de la région Rhône-Alpes sont à l’abri des risques sismiques. Mais qui a le sentiment d’être dans une zone aussi exposée que le Japon ? En revanche, on peut se poser d’autres questions. Exemple : si demain, un terroriste de Ben Laden fonce sur une centrale avec un avion détourné, est-ce que l’enceinte résiste ?
On nous promet désormais la transparence sur les retombées, la transparence sur la sécurité des centrales françaises... Comme si cela n’était pas évident au premier abord. C’est vrai qu’on avait voulu nous faire croire en 1986 que le nuage de Tchernobyl s’était arrêté à la frontière. Mais depuis, il y a quand même des progrès.

Ce qui serait souhaitable, c’est que ce drame puisse permettre de se poser enfin une question de fond en sortant du dogmatisme habituel où on voit s’affronter l’écolo soi-disant ennemi du progrès et le nucléocrate de service qui nous explique que ses centrales sont indispensables pour l’industrie lourde ou la machine à laver. J’imagine qu’on va même nous dire que les tsunami ont fait à ce jour plus de dégâts que le nucléaire. Sauf que les morts de catastrophe naturelle, on les recense en quelques jours. Rien à voir avec tous les contaminés par la radioactivité qui développent un cancer des années plus tard. Aux plus sceptiques, on peut recommander la lecture d’un livre marquant de l’après-Tchernobyl : “La supplication” de la russe Svetlana Alexievitch.

Car la seule vraie question qui fâche, c’est bien de savoir si on veut sortir du nucléaire ? Non pas en quelques jours ou quelques années, car cela tiendrait de la magie. Il ne s’agit pas non plus de faire le procès d’EDF, de ses brillants ingénieurs ou du sens du service public de ses agents. Mais de poser une question comme on doit le faire dans un pays démocratique quand on s’engage dans une voie aussi sensible. En effet, il faut se souvenir que ce choix lourd de danger a été pris dans les années 1970 sans débat public et avec des risques grandement minimisés. Or, c’est un choix qui engage lourdement les générations futures. Même si on prend la décision demain, il faudra des années pour réduire le poids du nucléaire dans la production d’électricité en France.
Daniel Cohn-Bendit a proposé un référendum. Eric Besson a répliqué qu’il était convaincu que les Français ne souhaiteraient pas abandonner le nucléaire. En tout cas, un vrai débat ne serait donc pas superflu.
  

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