Volontarisme

Date de publication : 10/10/2011

“Intéressant votre sondage, mais Montebourg paraît un peu surrévalué. Le match des primaires se déroule à trois entre Hollande, Aubry et Royal.”
Cette remarque, je l’ai entendue à plusieurs reprises à la parution du sondage réalisé fin août par l’Ifop pour le Mag2 Lyon de septembre. Les principaux élus PS de la région lyonnaise étaient vraiment sceptiques sur les 11% réalisés dans ce sondage par le député de Saône-et-Loire auprès des sympathisants PS de l’agglomération lyonnaise. Pourtant, les premières tendances créditent ce dimanche soir Arnaud Montebourg de 17% au niveau national pour ce premier tour des primaires et il dépasse les 20% à Villeurbanne. Plus d’un mois après ce sondage, Montebourg a donc creusé l’écart avec Ségolène Royal, pourtant candidate du PS à la dernière élection présidentielle. Ce qui n'a commencé à être sensible dans d'autres études réalisées au niveau national que vers fin septembre .

Il ne s’agit pas de faire les malins et de clamer qu’on avait annoncé le tiercé des primaires dans l’ordre avant tout le monde. Mais à une époque où la mode est de dénigrer les sondages, on peut aussi rappeler qu’Hollande n’écrasait pas Aubry dans cette étude IFOP pour Mag2Lyon. Son avance variait selon qu’on interrogeait les habitants de Lyon ou du Grand Lyon, les sympathisants du PS ou plus largement ceux de la gauche, mais dans chaque cas, tout indiquait qu’il y aurait bien un second tour à ces primaires.

Comment expliquer le bon score de Montebourg ? Peut-être par son volontarisme. Il a affiché sa volonté de changement au lieu de se limiter à des discours durs d’apparatchik ou à des déclarations molles et consensuelles. Alors que de nombreux leaders politiques affirment qu’il n’y a pas d’autres solutions que de subir les contraintes européennes ou internationales, il a parlé de démondialisation. Alors que même la gauche semble parfois s’accommoder de certaines dérives de la finance, il a évoqué une autre manière d’envisager l’économie, par exemple avec le système coopératif. Evidemment, on a entendu des patrons et des experts s’inquiéter d’un retour au protectionnisme économique et rappeler que beaucoup d’entreprises françaises, donc des emplois, dépendaient des exportations vers d’autres pays. Et on comprend leur inquiétude.
 
Mais le score de Montebourg correspond à un mouvement de fond. Lors de la dernière élection présidentielle, Bayrou a créé l’événement en libérant un nouvel espace politique au centre puis Sarkozy l’a emporté avec un discours musclé au second tour. Le message des électeurs est clair : ils n’ont pas envie de se déplacer aux urnes pour rien. Ils veulent des engagements fermes. Il leur reste à distinguer les promesses réalistes des discours du style “demain on rase gratis”, toujours séduisant mais vites oubliés. Bref, choisir un candidat qui s’engage résolument, même si c’est pour un changement raisonnable. Pas facile en période de crise où la défiance vis-à-vis des institutions se généralise. Cela incitera peut-être les candidats à afficher des positions tranchées plutôt que d’espérer être élus sur des malentendus ou des non-dits grâce à une bonne stratégie marketing.

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