Un projet à  230 millions

Date de publication : 09/01/2012

Un emplacement stratégique. Près de 900 lits dans 32 pavillons, reliés par 2,5 km de galeries souterraines. Edouard Herriot est le principal établissement des Hospices Civils de Lyon. Avec ses fameuses urgences qui voient passer 65  000 patients par an.
Pourtant, il est le seul à ne pas avoir bénéficié d’une restructuration d’envergure. Contrairement à Lyon Sud et la Croix-Rousse, sans parler de la construction de l’Hôpital Femme Mère Enfant. Il vient certes de lancer sa révolution de l’ambulatoire, avec une plate-forme spécifique, pour permettre aux patients d’être hospitalisés à la journée. Ce qui est plus confortable, plus sûr et moins cher. Mais avec beaucoup de retard par rapport au secteur privé. Avec ses bâtiments vétustes et sa structure pavillonnaire plus vraiment adaptée, Edouard Herriot finit donc par perdre de l’activité.
Résultat, ce site est désormais la “priorité” des HCL, selon son directeur Daniel Moinard qui a annoncé en septembre dernier des travaux à hauteur de 16 millions d’euros sur trois ans... Une somme dérisoire au vu du dossier. Ce qui laissait supposer que cette “priorité” était en fait un vœu pieux.
Il faut dire que cette restructuration est un véritable serpent de mer. Le maire de Lyon, Michel Noir, avait proposé dans les années 90 de détruire les pavillons pour construire un nouvel hôpital. Pas vraiment réaliste. Puis c’est Raymond Barre qui a tenté de relancer ce dossier en proposant un regroupement des plateaux techniques. Trop coûteux. Surtout que depuis les années 2000, la priorité des HCL, c’est le redressement des comptes…
Mais un cabinet spécialisé Antarès a finalement été mandaté pour établir un nouveau projet médical. En travaillant avec les professionnels de santé. Pour réfléchir à une stratégie globale. Objectif : avoir une démarche cohérente en s’appuyant sur les spécialités fortes de l’établissement, mais en évitant les doublons avec les autres hôpitaux, y compris hors HCL comme Desgenettes, Saint Luc-Saint Joseph... Le cabinet a travaillé plusieurs mois sur ce dossier qui va finalement être proposé dans le cadre du plan Hôpital 2012.

Deux scenarii
Première surprise dans ce document, la fermeture d’Edouard Herriot a bel et bien été envisagée. Dans le scénario 1, le cabinet propose la construction d’un hôpital neuf, dans l’Est lyonnais, en récupérant une partie des activités de l’hôpital cardiologique Louis Pradel, lui aussi très ancien. Problème, il faut trouver un terrain, qui sera forcément loin du centre-ville. Et que faire du site actuel d’Edouard Herriot ? Mais ce qui fait définitivement capoter cette hypothèse, c’est le coût : 830 millions d’euros pour une ouverture en 2025. Scénario écarté.
Reste donc l’hypothèse de la restructuration du site actuel. Il faut d’abord tenir compte d’une contrainte, l’inscription au titre de monuments historiques de certains bâtiments dont la chapelle et le réseau souterrain.
A partir de là, les HCL envisagent deux options. La première, la A, moins coûteuse et plus rapide, semble désormais privilégiée. Il s’agit dans un premier temps, d’ici 2016, de regrouper, donc de mutualiser, les blocs opératoires aujourd’hui éparpillés entre une dizaine de pavillons, les soins critiques, les urgences et l’imagerie. C’est-à-dire tout ce qui nécessite des équipements lourds et coûteux. Investissement prévu : 80 millions d’euros.
Puis dans un deuxième temps, donc d’ici 2022, de créer une unité d’hospitalisation de 500 lits, un bâtiment neuf et fonctionnel avec un parking souterrain. En laissant les consultations, la recherche et l’enseignement dans les pavillons d’origine. Montant de l’investissement : 150 millions d’euros. Soit un projet évalué au total à 230 millions d’euros.
Dans l’option B envisagée, il s’agit de regrouper les blocs opératoires, les soins critiques et l’imagerie dans un nouveau bâtiment en détruisant un pavillon et en laissant les urgences dans un autre bâtiment. Une option qui coûterait 120 millions et qui aboutirait en 2019 seulement. Avant de passer à la deuxième tranche, donc la construction du bâtiment d’hospitalisation qui ouvrirait alors en 2025. Coût total : 270 millions.

Filière gériatrique
Mais quelles sont les spécialités qui vont être pratiquées dans ce nouvel ensemble ?
Le rapport insiste d’abord sur le pôle d’urgences médicales lourdes, une sorte de “Trauma Center” qui deviendrait le Pôle de recours régional d’ici 2020. Avec notamment une meilleure prise en charge des AVC, les accidents vasculaires cérébraux. Une garde resterait tout de même ouverte à Lyon Sud et Croix-Rousse.
Priorité ensuite à l’ambulatoire, avec des plateaux spécifiques et un bloc commun aux différentes spécialités. Mais aussi un appui aux transplantations rénales et pancréatiques qui sont un point fort de l’HEH. Et à la filière digestive et hépatique avec la création d’un centre d’excellence en imagerie interventionnelle (scanner, salle interventionnelle vasculaire). Mais la grande nouveauté, c’est le développement d’un pôle d’excellence en gériatrie, dont la création d’un pôle universitaire neuro-cardio-vasculaire du sujet âgé. Avec un transfert des lits de médecine de Charpennes, un hôpital de jour, une filière de prise en charge en chirurgie gériatrique...
Les deux spécialités dont le sort est en arbitrage : la chirurgie vasculaire qui pourrait être transférée vers Louis Pradel, mais pas avant plusieurs années, et l’ORL qui nécessite peu de lits, pourrait être relogée à l’hôpital Neuro.
Proposé par les HCL dans la cadre du Plan Hôpital 2012, ce projet devrait être définitivement tranché par le ministère de la Santé dans quelques semaines.

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