Culture lyonnaise - ’On prend des risques’

Date de publication : 12/01/2012

Pourquoi les Lyonnais ne connaissent pas les Subsistances ?
Cathy Bouvard : La fonction des Subsistances, c’est d’être un lieu de résidence pour des artistes du monde entier. On développe toutes les formes d’art : théâtre, cirque, danse... L’objectif étant de faire émerger de jeunes compagnies mais aussi de soutenir des projets d’artistes en leur offrant la possibilité de s’exprimer plus facilement que dans des structures plus traditionnelles. On prend des risques, et forcément, on ne peut pas être comparés à des institutions comme les Célestins ou la Croix-Rousse qui se contentent de diffuser des spectacles grand public. Et puis je préfère donner de l’argent aux artistes plutôt que de faire de grandes campagnes de pub et d’affichage dans la ville.
Mais personne ne vient aux Subsistances !
C’est sûr qu’on ne fait pas défiler 70 000 personnes dans la rue mais on a accueilli 54 510 spectateurs la saison dernière. Ce qui n’est déjà pas mal pour une institution qui existe depuis six ans. Surtout que notre fréquentation a augmenté de 30 % en quelques années. Mais ça ne nous intéresse pas d’attirer uniquement les 300 bobos lyonnais vraiment spécialisés dans la culture. Notre objectif, c’est d’apprendre au public les langages contemporains. Car on refuse que les gens qui n’auraient pas compris un spectacle se sentent pris pour des cons. C’est pour ça qu’on fait un gros travail de médiation pour aller à la rencontre d’un nouveau public, notamment auprès des lycéens. Et qu’on propose des tarifs accessibles à tous.
Pourtant les Subsistances coûtent cher à la ville de Lyon !
La Ville nous verse 1,6 million d’euros de subventions et la Région 300 000 euros. Honnêtement, il y a peu de villes en France qui accordent autant d’argent pour la recherche et l’émergence d’artistes. Mais ça reste insuffisant car cette mission coûte cher. Quand on soutient un artiste, on n’est jamais sûr que ça marche. Et les Subsistances ont beaucoup de charges, notamment pour monter des spectacles dans la verrière extérieure.
Vous allez proposer une programmation plus accessible cette saison ?
On reste sur notre créneau même si le premier spectacle qu’on va proposer est “Hamlet”, un grand classique. En novembre, on va également organiser un week-end russe avec une douzaine de spectacles : théâtre de rue, musique... Et en juin on va organiser un nouveau week-end pour faire découvrir de jeunes créateurs.

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