Qui sera le plus fort : le Président ou la Spéculation ?

Date de publication : 28/04/2012

"La crise financière puis économique mondiale ne fait plus la 1° des journaux durant cette campagne électorale et aucun des deux derniers candidats à la Présidentielle ne semble vouloir l’aborder. Et pourtant ne serait-ce pas ce thème qui constitue l’essentiel pour l’avenir des citoyens français ?
A titre d’exemple, le journal Le Monde du Vendredi 27 Avril n’édite pas moins de six articles illustrant l’importance de cette crise : sur l’état économique en délabrement de la Grande-Bretagne, sur l’ambition énergético -militaire de la Chine en mer de Chine, sur la réclamation du commissaire européen Michel Barnier concernant l’usage des prêts accordés aux banques , etc ...
 
Une synthèse et une analyse de l’actualité mondiale démontrent que le péril qui pèse sur notre pays est quasi-certain :

-1. la situation économique en Grande Bretagne se dégrade encore. Aux USA, où le gouvernement et les marchés se tablent sur des résultats prévisionnels intermédiaires et non sur des faits, la situation est encore bien pire malgré de très légers embellissements bien médiatisés. Les agences de cotation qui évaluent les monnaies et les finances nationales sont loin d’être objectives... La crise affecte le dollar en premier, mais les artifices, tel le bluff au poker, sont largement utilisés : « regarder donc dans l’Eurozone, c’est bien plus intéressant ... ».

-2. Pour ralentir sa chute face à la montée d’un projet de monnaie asiatique, les USA font spéculer contre l’Euro, nous détournant de leurs déséquilibres colossaux vis à vis des pays pétroliers et asiatiques. Leurs médias et cercles d’influence minent la zone Euro selon la tactique du damier. Plus un pays d’Eurozône est ébranlé, plus la chute du dollar est ralentie.

-3. Suite à la crise financière US de 2008, les lobbies financiers sont entrés en transe pour se récupérer ou pour se sauver. Une surenchère fratricide, avec cyber-guerre médiatique et technique, avec guerre financière entre groupes militaro-énergético -industriels, s’est mise en oeuvre avec un seul objectif, semble-t’il, pour chacun ; survivre en dernier au sein du monde occidental pour ramasser un jack-pot bien utopique.

-4. Pour défendre ses institutions et son économie, l’Union Européenne a été jusqu’à adopter en 2010 les nouvelles règles comptables bancaires des USA qui permettent d’assimiler à pleine valeur des junk-bonds, c’est à dire des placements à très haut risque sinon sans valeur réelle (grâce en particulier au procédé de «titrisation »). Et l’Union Européenne a accordé en Décembre 2011 le montant de 1.000 milliards d’€, puis en Février 2012 de 650 milliards d’€, pour « soutenir » ses banques . Aujourd’hui en Avril 2012, le commissaire européen Michel Barnier demande des éclaircissements sur l’usage de ces fonds, accordés sans condition parait-il, en constatant que les conditions de crédit accordé à l’économie réelle - c’est à dire aux entreprises comme aux particuliers- se sont considérablement renforcées. Provoquant ainsi une chute des demandes, et en conséquence une chute accentuée de notre socio-économie !
Où sont passés les 1.650 milliards € accordés aux banques européennes depuis six mois, demande t’il  naïvement ? la réponse est évidente : dans les zones spéculatives favorables, en particulier celles misant contre l’Euro-zône !

-5. les Elections présidentielles en France apporte une opportunité extraordinaire aux spéculateurs banquiers et industriels, sans compter les grandes familles fortunées ; celle de déstabiliser davantage et la France, pays clé de cette zône, bien plus que la Grèce, et l’Euro-zône en entier. Cette déstabilisation devrait provoquer une dévaluation de l’Euro de 25% sur un à deux ans, et une dévaluation de nos actifs industriels, les rendant encore plus faciles à acquérir par nos « ennemis économiques » (si l’on veut bien abandonner la langue de bois !). Pour nos banques européennes le bénéfice sera donc de l’ordre de 25% x 1.650 soient 412 milliards d’€ ! En incluant celui des groupes industriels qui veulent racheter des actifs européens, la perte financière par l’Europe sera de l’ordre de 2.000 milliards d’€. Quel Super-Président français pourrait faire face à un tel enjeu mondial ?

-6. Cet énorme bénéfice spéculatif, car obtenu sans effort économique réel, sera compensé par une perte parallèle du pouvoir d’achat des consommateurs européens. Compte-tenu de la passoire mondialiste des accords d’échanges économiques, cela devrait bien renforcer les achats immédiats de produits trans-mondiaux bon marché au détriment, encore, des investissements industriels et des emplois en Europe . La spirale infernale négative s’amplifiera et les pays européens, dans leur désordre institutionnalisé par des traités européens laxistes au nom du « libre échange vu à l’anglo-saxonne », n’auront d’autre choix que celui de se « vendre » pour devenir des colonies, abandonnant la souveraineté, les acquis industriels et sociaux, et les valeurs démocratiques. C’est le processus déjà bien enclenché en Grèce.
 
Face à ce scénario déjà bien avancé en réalisation, de la crise financière 2008 nous sommes passés à une crise économique qui devient politique comme nous le constatons dans bien des pays du monde.
Que peuvent faire nos deux derniers candidats à la Présidence contre la poursuite et l’aboutissement d’un tel scénario ?
 
Seul, quasiment rien tant les enjeux dépassent leurs moyens, sauf à ralentir d’un an ou deux certaines étapes de ce processus, selon son expérience et sa compétence en matières de rouages européens et mondialistes.
Aussi ils se taisent tous deux  sur ce péril pourtant immédiat, décevant gravement la majorité des citoyens.
Pour eux, en tant que candidats, en parler amènerait un double risque : 1/ inquiéter l’électeur c’est l’amener aux extrêmes politiques,  2/ inquiéter les « marchés » c’est faire accélérer les évasions fiscales et d’actifs vers les paradis spéculatifs.
 
Pourtant il y aurait bien des pistes à étudier sinon à suivre, mais il leur faudrait avoir de pleins pouvoirs :
 
-créer un gouvernement de coalition nationale comme la république autrichienne et la confédération helvétique le pratiquent avec succès (mais non sans difficultés) depuis bien des années.
-pénaliser les trahisons d’ordre fiscale, financière et économique allant à l’encontre des intérêts nationaux et régionaux, en légiférant et en créant un tribunal ad-hoc spécifique contre les crimes organisés .
-au niveau d’un noyau vraiment européen, constituer une structure fédérale capable de rapprocher et mettre en cohérence les politiques sociales, fiscales, financières, économiques, juridiques et de coercition opérationnelle des Etats membres.
-isoler et annihiler toute zone de privilèges fiscaux et sociaux favorisant ou complices des tels délits de trahison ( à noter que les USA procèdent actuellement à l’assignation de onze banques suisses pour le délit de complicité en évasion fiscale de citoyens américains )
-rétablir des frontières entre Etats européens jusqu’à leur parfaite mise en cohérence efficace.
-etc ...
 
A la faillite financière des USA en 2008 a succédé une faillite économique dans de nombreux pays fragiles ; qui s’élargit sans cesse vers des nations plus importantes tel un cancer financier-socioéconomique. Notre pays devrait faire partie des victimes d’ici 2014 environ. A cette phase de faillite financière élargie à la socio-économie, succédera – c’est déjà réalisé en partie- une phase de désordre politique amenant à des systèmes dictatoriaux. Ce qui devrait entrainer logiquement des conflits militaires de grande ampleur en raison des intrications mondiales entre les problèmes de ressources énergétiques vitales pour les nations-continents.
La crise de Wall Street en 1929 a fortement contribué à la prise du pouvoir par Hitler en 1933, qui amena les conflits armés dans une logique d’extrêmes politiques jugés nécessaires pour provoquer une cohésion nationale forcée.
Nous sommes maintenant dans un processus similaire.
Les USA n’ont plus en terme de 1° puissance mondiale que sa puissance militaro- technologique. S’ils adoptent à nouveau un gouvernement idéologique en 2012, ils évolueront dans le sens positif de ce scénario de guerres.
Face à une Chine devenue la 1° puissance démographique, financière et économique du monde et qui se révèle être en pleine phase d’armement et de développement technologique.
 
En conclusion, notre prochain Président, quel qu’il soit, n’aura pas les moyens de lutter efficacement contre un tel scénario encours, car il ne représentera que 1% de l’Humanité sociale , au sein d’une Europe en décroissance sociale et économique, et en désordres et incohérences structurelles et politiques.
Comme nous le rappelle le diction « l’Union (préventive) fait la Force », nos deux candidats feraient bien , d’ores et déjà, de se préoccuper et de se préparer ENSEMBLE à faire face aux périls immédiats qui nous menacent !
 
Paul Hubert Brunel
expert international (retraité) et conducteur en projets socioéconomiques & industriels
Lyon, le 28 Avril 2012
Partager

LES DERNIERES ACTUALITES

20/04/2018
Figure de l'entrepreneuriat lyonnais, de la fondation d'Infogrames à son rebond dans la robotique, Bruno Bonnell était très attendu sur les bancs de l'Assemblée. Il a finalement semblé plus discret que prévu jusqu'au buzz provoqué par ses déclarations au Monde début avril. Explications.

20/04/2018
Le documentaire "Pédophilie, un silence de cathédrale” diffusé par France 3 le 22 mars dernier a suscité une nouvelle vague de témoignages auprès de la Parole libérée, l'association lyonnaise qui a révélé l'affaire Preynat. Interview de son président, François Devaux.

12/02/2018

Après Lyon en juin, Mag2 Lyon poursuit son analyse du marché de l'immobilier avec les communes de la métropole. Quelles sont les valeurs sûres ? Quels sont les quartiers qui montent ? Et quels sont ceux à éviter ? Par Hélène Capdeviole

12/09/2016
La Stéphanoise Elodie Clouvel participera à Rio de Janeiro à ses deuxièmes Jeux Olympiques. Mais en parallèle de sa discipline, le pentathlon, elle baigne dans d'autres activités. Elle est également gendarme, mannequin et peut-être même future actrice. Une véritable ambassadrice de son sport. Portrait.

20/04/2018
Cet ancien champion de boxe ayant grandi à Vaulx-en-Velin s'est fait une place à coups de seconds rôles dans le cinéma français, s'appuyant sur une plastique d'athlète, une discipline de fer et une capacité à tout interpréter. En 2018, il se retrouve sur le devant de la scène avec la sortie de trois films dont le très attendu Mektoub My Love d'Abdellatif Kechiche, où il campe un dragueur insouciant. Rencontre.


Retrouvez-nous sur



Création de site internet: Cianeo