Les leçons de communication de la campagne présidentielle

Date de publication : 07/05/2012

Pas de démocratie sans communication. L’élection présidentielle que nous venons de vivre rend visible ces liens indissolubles. Au lendemain de la victoire de François Hollande,  quelles sont, sous l’angle de la communication politique, les principales leçons de ces élections ?

1) La télévision reste le média central de la campagne
, Internet n’ayant qu’un rôle d’appoint
La télévision est au cœur de l’élection. Non seulement, le débat télévisé du 2 mai  entre les deux finalistes a rassemblé 17,8 millions de téléspectateurs avec un pic de 19,5 millions, mais les chaînes d’information en continu, en diffusant, en direct et en intégralité, les meetings des candidats ont donné le ton à cette campagne 2012. Certes, les partis politiques ont développé des sites interactifs, les candidats ont créé des pages Facebook et les portes-parole ont gazouillé sur tweeter, mais contrairement à la campagne de 2005 portant sur le référendum sur le projet de constitution européenne, ces nouveaux médias n’ont eut qu’un rôle périphérique. L’exemple le plus parlant étant le débat du 2 mai où les sites d’information vérifiaient en direct les chiffres avancés par les candidats, vérifications qui, ensuite circulaient sur Tweeter – qui, au passage, n’est pas un réseau social numérique (1) - sans que cela n’affecte le moins du monde le cours du débat télévisé.

2) La diversification des outils accroît la prégnance de la stratégie et réduit le temps politique
. 

Censés incarner une parole plus simple, directe et spontanée les nouveaux outils de communication doivent, au contraire, comme ils sont plus instantanés, être contrôlés de manière plus rigoureuse encore pour s’inscrire dans la stratégie voulue. Mais, en contre- partie de cette maitrise, tous les candidats doivent faire preuve d’une réactivité encore plus grande. L’instantanéité des médias d’information en continu et des nouveaux outils de communication réduit le temps de réflexion des politiques. S’ensuit une course perdue d’avance entre un temps médiatique qui s’efface dès qu’il apparaît et un temps politique qui doit laisser des traces s’il veut convaincre l’électeur.

3) Une fascination toujours aussi forte pour des sondages
qui ont un pouvoir de prédiction toujours aussi faible.
Malgré la multiplication des organismes de sondages et l’emploi de méthodes différentes (enquête par téléphone, internet, etc.), les instituts de sondage n’ont prévu de manière exacte ni le niveau de participation ni le score de M. Le Pen ni le score de J.L. Mélanchon. Certes, ils avaient prédit de manière exacte le vainqueur  mais quel analyste n’aurait pas, au soir du premier tour, fait le même pronostic ? Pour autant, une fois de plus, l’agenda médiatique a été calqué sur les sondages et les responsables de ces instituts ont pu gratuitement se faire de la publicité en passant pour des experts de communication politique qu’ils ne sont pas.

4) Le peu d’impact de la mobilisation de la société civile sur l’agenda médiatique.

Le caractère central des élections présidentielles pour la démocratie française, fait que tous les mouvements sociaux, de l’ économie solidaire aux antinucléaires en passant par le mouvement associatif et les féministes essayent de transformer la campagne en tribune médiatique pour les thèses qu’ils défendent. En vain ! Même si les candidats prennent soin de répondre aux sollicitations de ces organisations de la société civile, ces dernières ne parviennent que faiblement à influencer l’agenda médiatique. Ce dernier reste fortement structuré d’un côté, on l’a vu, par les sondages, et de l’autre, par les équipes de campagne des partis des candidats susceptibles de gagner l’élection.



5) Dans la communication politique, l’essentiel reste la politique.

Dans une campagne présidentielle, la communication est devenue un facteur tellement important qu’aucun parti, aucun candidat ne la néglige. Les équipes sont de plus en plus professionnelles et les erreurs de plus en plus rares. Du coup, comme neutralisée, la communication laisse la place à ce qui reste au centre de l’élection présidentielle : le choix politique. Les électeurs et électrices de Marine Le Pen ne l’ont pas choisie parce qu’elles communiquerait mieux que Jean Luc Mélanchon ou François Bayrou, mais parce qu’ils adhérent à ses thèses xénophobes. Certes, l’élection présidentielle est aussi une rencontre entre une personnalité et un peuple et, dans un pays aussi grand que la France, cette rencontre est surtout symbolique. Elle passe par l’image donc par la communication des candidats. Mais cette image, Nicolas Sarkozy l’a appris à ses dépens, ne se construit pas en quelques jours : les choix politiques et les comportements publics de l’ex président pendant le quinquennat ne se sont pas estompés d’un coup de baguette magique. L’art de la communication n’est pas celui de l’illusionniste. C’est là la leçon principale de ces présidentielles.

Eric Dacheux
Professeur en sciences de l’information et de la communication, directeur du laboratoire "Communication et solidarité" à l’université de Clermont-Ferrand



(1) Les réseaux sociaux type Facebook sont générés à partir de profils mis en ligne qui permettent à une personne de se faire des relations en diffusant du texte, des images et du son. Tweeter, qui ne diffuse que du texte (140 mots) n’appartient donc pas à ce type de média.

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LES DERNIERES ACTUALITES

28/06/2020

Albigny-sur-Saône : Yves Chipier  (47,38%)

Bron : le LR Jérémie Bréaud (51,23%) bat le maire sortant PS Jean-Michel Longueval

Charbonnières-les-Bains : le maire sortant Gérald Eymard DVD est réélu (44,89%)

Charly : Olivier Araujo DVD (52,91%) bat la maire sortante Corinne Barbasso-Bruas

Chassieu : ex-aequo inhabituel entre deux DVD Jean-Jacques Selles et Sylvaine Coponat (42,09%) avec l'écologiste Joëlle Percet en arbitre (15,82%°

Collonges-au-Mont-d'Or : Le maire sortant DVD Alain Germain est réélu (59,48%)

Craponne : Sandrine Chadier DVD (50%)

Ecully : Sébastien Michel DVD (49,60%)

Francheville : Le maire sortant LR Michel Rantonnet (50,88%) est réélu avec seulement 72 voix d'avance sur Bernard Legrand

Genay : la mairie sortante Valérie Giraud l'emporte (50,65%)

Givors : Mohamed Boudjellaba a une courte avance (28,88%) sur Christiane Charnay (28,24%)

Meyzieu : le maire sortant LR Christophe Quiniou (37,70%) devance de peu le DVG Issam Benzeghiba (35,86%)

Mions : le maire sortant LR Claude Cohen (58,53%)

La Mulatière : Véronique Deschamps (51,16%)

Oullins : la maire sortante Clotilde Pouzergue DVD (51,32%) devance l'écologiste Jean-Charles Kohlhaas

Saint-Cyr-au-Mont-d'Or : Patrick Guillot (50,20%

Saint-Didier-au-Mont-d'Or : Marie-Hélène Mathieu (50,29%)

Saint-Fons : Christian Duchêne (Union de la gauche) 51,68% bat la maire sortante centriste Nathalie Frier

Saint-Genis-Laval : la centriste Marylène Millet (45,08%) bat le maire sortant centriste Roland Crimier

Saint-Romain-au-Mont-d'Or : Jean-Marie Hombert (51,85%) bat Thierry Loir et le maire sortant Pierre Curtelin

Sathonay-Camp :Damien Monnier (51,32%)

Vaulx-en-Velin : la maire sortante PS Hélène Geoffroy est en tête (44,30%)

Villeurbanne : le candidat PS Cédric Van Styvendael (70,38%) gagne face à Prosper Kabalo



29/06/2020
Avec un potentiel de voix supérieur à 80 sur les 150 élus à la Métropole, le candidat écologiste devrait être élu Président de la Communauté urbaine ce jeudi 2 juillet face à François-Noël Buffet. Le résident sortant David Kimelfeld est également distancé 

Les résultats dans les 14 circonscriptions :

Elections Métropolitaines :

Les résultats définitifs par circonscription

Lyon Ouest

L'écologiste Bertrand Artigny est largement en tête avec 43,50% contre 28,63% pour Thomas Rudigoz (Liste Kimelfeld) et 27,87% pour Gérard Collomb (Liste Buffet)

Lyon Centre

L'écologiste Fabien Bagnon (47,31%) distance le président sortant David Kimelfeld (29,51%) et Pierre Chambon (Liste Buffet) (23,19%)

Lyon Nord

Le LR Pascal Blache (40,44%) devance Florence Delaunay (37,48%) et Catherine Panassier (liste Kimelfeld) (22,09%)

Lyon Est

L'écologiste Isabelle Petiot (45,24%) est largement devant Carole Burillon (liste Buffet) (29,86%) et Guy Corazzol (liste Kimelfeld) (24,90%) 

Lyon Sud

Large avance pour l'écologiste Thomas Dossus avec 56,55% des voix devant Myriam Picot (Liste Kimelfeld) (23,49%) et Christophe Geourjon (Liste Buffet) (19,95%)

Lyon Sud-Est

L'écologiste Nathalie Dehan gagne avec 47,25% devant Louis Pelaez (liste Collomb) (27,41%) et Michel Le Faou (liste Kimelfeld) (27,41%)

Villeurbanne

L'écologiste Bruno Bernard l'emporte largement (66,79%) face à Prosper Kabalo (33,21%)

Val de Saône

Marc Grivel (Liste Kimelfeld) 36,84% devance la centriste Michèle Vullien (Liste Buffet) 33,44% et l'écologiste Jérémy Camus (29,72%)

Plateau Nord Caluire

Le LR Philippe Cochet est en tête avec 52,75% contre 29,42% pour l'écologiste Séverine Hemain, 13,40% pour Cécilia Sanchez (13,40%) et 4,43% pour Emmanuelle Pelluet (Liste Collomb du 1er tour)

Rhône Amont 

La PS Hélène Geoffroy (48,72%) devance le LR Christophe Quiniou (Liste Buffet) (39,07%).

Portes du Sud

La mairie communiste sortante de Vénissieux, Michèle Picard (39,87%), devance l'alliance dirigée par Yves Blein, député LREM (33,65%)

Portes des Alpes

Le maire LR de Saint-Priest Gilles Gascon (liste Buffet) 46,35% devance l'écologiste Véronique Moreira (41,03%) et le RN Rémi Berthoux (12,61%)

Lônes et Coteaux

L'écologiste Jean-Charles Kohlhaas (36,61%) arrive tout juste en tête devant François-Noël Buffet (36,07%) soutenu par Gérard Collomb et Jean-Luc da Passano (liste Kimelfeld) (27,32%)

Ouest

Le LR Pascal Charmot est en tête avec 45,07% devant l'écologiste Hélène Dromain (30,16%) et Alain Galliano (liste Kimelfeld)(24,77%)




28/06/2020
Un hors-série pour l'été

28/06/2020

Une programmation originale pour cet été



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