Adlène Hicheur : 5 ans de prison

Date de publication : 07/05/2012

La justice reproche à cet ancien ingénieur du CERN d’avoir été en contact par mail avec Al-Qaïda au Maghreb islamique en vue de commettre des attentats. Ce qu’il a toujours contesté. Il a été condamné vendredi 4 mai à cinq ans de prison, dont un an avec sursis. "Une peine scandaleuse” selon son avocat Me Patrick Baudoin qui dénonçait dans Mag2Lyon de mars 2012 un "acharnement” contre son client.


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Affaire Adlène Hicheur
Article publié dans Mag2Lyon de mars 2012
:

Al-Qaïda :
Le procès de l’intention

Le 29 mars prochain, le tribunal correctionnel de Paris jugera Adlène Hicheur, chercheur au CERN de Genève, pour association de malfaiteurs en lien avec une organisation terroriste : Al-Qaïda. Par Stéphane Damian-Tissot.



Depuis octobre 2009, Adlène Hicheur est en détention à Fresnes. Aujourd’hui âgé de 35 ans, ce chercheur au CERN de Genève est soupçonné d’avoir échangé des mails avec un membre d’Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), un certain Mustapha Debchi. Repéré par la Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI), c’est le contenu des 35 mails qui a interpellé les services secrets français. Dans ces écrits, Adlène Hicheur évoque la possibilité de "punir l’Etat à cause de ses activités militaires en Afghanistan”, en ciblant par exemple le 27e bataillon de chasseurs alpins d’Annecy. Lorsque Debchi lui propose de travailler "dans une unité active en France”, le chercheur français reste vague. S’il répond "Oui, bien sûr”, il explique qu’il doit "réviser le plan qu’il avait préparé”. Des preuves jugées suffisantes par la DCRI qui interpelle Hicheur, alors qu’il allait prendre l’avion pour l’Algérie avec 13 000 euros en liquide. On le soupçonne de s’y rendre pour rencontrer des membres d’AQMI. Une accusation que réfute Hicheur. Il part pour acheter un terrain dans son pays d’origine. "Une information confirmée au cours de l’instruction, mais qui n’apparaît pas dans le dossier”, s’insurge Me Patrick Beaudoin, son avocat, qui dénonce "une instruction à charge”.
Placé en garde à vue pendant quatre jours, il est interrogé près d’une vingtaine de fois. S’il avoue avoir échangé ces mails, l’homme nie toute volonté de passer à l’acte. "Je fais la différence entre les personnes physiques qui appartiennent à mon cercle de vie et ceux qui appartiennent à une réalité déconnectée. C’est vraiment du virtuel”, justifie-t-il. Il explique également qu’il ignorait qui était réellement l’homme avec qui il dialoguait. Malgré cette ligne de défense, il est placé en détention et n’en sortira plus.  

"Bon client”
Une aberration pour Me Beaudoin. "Il y a un acharnement contre lui. C’est un bon client pour la DCRI qui prouve ainsi que le pays est bien protégé. Mais dans ses mails, il n’y a pas de début de réalisation d’acte opérationnel, comme la réalisation de plan, la formation d’une équipe... Ce sont juste des propos”, rétorque-t-il. "Ces échanges l’ont poussé plus loin que ce qu’il avait prévu. Il y a eu de l’excès dans les propos, mais ça reste dans le cadre de la liberté d’expression et d’opinion”, renchérit-il. Une vision partagée par de nombreux scientifiques, puisque 600 d’entre eux ont signé une pétition demandant sa remise en liberté conditionnelle. Sans  succès.  
Après plus de deux ans d’instruction, la justice a tranché et décidé de juger Adlène Hicheur devant le Tribunal Correctionnel de Paris pour "association de malfaiteurs en lien avec une organisation terroriste”. "C’est curieux de le poursuivre pour association de malfaiteurs, et de le voir seul sur le banc des accusés après autant de temps d’instruction”, note Me Beaudoin. A quelques jours du procès, l’avocat parisien se veut confiant malgré la difficulté de la tâche. "Comme il y a eu deux ans et demi de détention, la justice cherche toujours à couvrir le temps d’enfermement”, explique-t-il. S’il est reconnu coupable, Adlène Hicheur risque une peine maximale de huit ans de prison et une interdiction de se rendre sur le territoire français. (voir Mag2 Lyon numéro 7)
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