Droite lyonnaise : et c’est reparti !

Date de publication : 13/09/2012

L’UMP Michel Havard, battu aux élections législatives, propose des primaires pour désigner la tête de liste de droite aux prochaines municipales à Lyon. Mais ses concurrents comptent bien se faire entendre.

Les élections législatives devaient être une étape décisive pour départager les prétendants à droite. Emmanuel Hamelin, Denis Broliquier, Nora Berra, Michel Havard... Raté ! Tout semble au contraire repartir à zéro avec de belles empoignades en perspective.
Michel Havard, le seul député lyonnais de l’UMP à se représenter, aurait bien aimé conserver son siège à l’Assemblée nationale. Ce qui lui aurait permis de clairement se distinguer de ses trois rivaux. Prudent, il avait annoncé qu’il perservérerait dans ses ambitions même s’il perdait. De plus, sa défaite reste honorable puisqu’il est resté proche du score de Sarkozy à l’élection présidentielle avec 46 % au second tour contrairement à d’autres qui ont décroché. Emmanuel Hamelin, par exemple, a récolté 25% au 1er tour contre 42 % en 2007 où il était député sortant. Denis Broliquier n’a pas non plus réussi sa démonstration de force puisqu’en réalisant seulement 7 % dans la 2e circonscription, il confirme juste son poids personnel face aux autres candidats de son mouvement divers droite beaucoup moins bien placés.
Mais il y a surtout une revenante qui avait révélé ses ambitions avant d’affronter une mini traversée du désert. Il s’agit bien sûr de Nora Berra. Elle a renoncé à se présenter faute d’avoir obtenu l’investiture dans la 4e circonscription qui était la seule circonscription lyonnaise où le candidat de droite était certain d’être élu. Elle a ensuite perdu son ministère après la défaite de Sarkozy. Du coup, ses rivaux lyonnais la voyaient marginalisée affirmant que les militants "ne voulaient plus en entendre parler” depuis qu’elle avait accusé l’UMP de racisme. De plus, ils étaient persuadés qu’elle ne pourrait pas récupérer son fauteuil au Parlement européen où elle avait renoncé à siéger pour entrer au gouvernement Fillon en 2009. Analyse technique à l’appui. "Pauvre Nora, cela parait bien compromis”, ironisait ses faux amis. Mais contre toute attente, cette élue va faire son entrée au Parlement européen qui l’a confirmé le 2 juillet. Dès le soir des élections législatives, elle déclarait "réfléchir à son rôle à Lyon”. Elle a désormais à nouveau une légitimité et une tribune. Sans oublier une indemnité suffisante pour avoir quelques conseillers autour d’elle.

L’inconnu Buffet

Le soir du second tour, Michel Havard semblait abattu par sa défaite. Dénonçant le "système Collomb” qui était selon lui à l’origine de la victoire de Thierry Braillard, adjoint aux Sports, il avait rapidement abandonné les journalistes
présents à la préfecture, précisant que son souci était désormais la réussite de sa fille au bac. Mais quelques jours plus tard, conscient du danger, il a repris l’initiative en proposant d’organiser des primaires. A l’écouter (voir entretien), un consensus se dégage d’ores et déjà autour de cette idée. Ses rivaux ont, certes, jugé l’initiative "intéressante”. Sauf qu’aucun n’est d’accord sur les modalités ! Qui pourra voter  ? Qui pourra se présenter ? Des nuances selon Havard. Pas sûr. Le plus tranché, c’est Denis Broliquier, le maire du 2e arrondissement. "Si on écoute Havard, le gagnant des primaires pourra désigner, seul, les 221 candidats nécessaires pour présenter une liste dans chacun des neuf arrondissements de Lyon.” Ce qui lui semble déséquilibré. Et il cite un exemple pour mieux se faire comprendre : "Si je gagne ces primaires et que je ne prends aucun UMP avec moi, je vois mal ce parti renoncer à présenter sa propre liste aux élections municipales de 2014 !”
Reste l’inconnu François-Noël Buffet, sénateur-maire UMP d’Oullins. Celui-ci avait déclaré dans Mag2 Lyon en septembre 2010 qu’il n’était pas question pour lui de se présenter à Lyon. A l’époque, il soutenait Havard sans pour autant cacher ses ambitions pour la présidence du Grand Lyon. Havard battu, il serait tenté. Sauf que beaucoup d’élus lyonnais ont des doutes sur sa capacité à franchir le pas. "Dès les années 1995-2001, alors que Barre était maire mais qu’il avait annoncé sa volonté de ne faire qu’un seul mandat, Buffet rêvait de Lyon à voix haute”, se rappelle un cadre de l’UMP passé par le RPR de l’époque. Pour ce dernier, Buffet n’osera pas sauf si c’est une opération décidée au niveau national. Mais l’UMP tentera-t-elle l’aventure d’un parachutage de proximité après l’échec de Perben en 2008, pourtant ancien ministre ? Et quel élu lyonnais pourrait sortir du bois et soutenir Buffet alors que ses paires l’ont souvent accusé de jouer trop perso ?

Valeurs et alliances

La droite lyonnaise va avoir une autre occasion de se diviser dès l’automne, juste au moment où Michel Havard souhaiterait lancer le rétroplanning de ces primaires. Les militants vont devoir en effet choisir entre François Fillon et Jean-François Copé, les deux candidats à la présidence de l’UMP. Broliquier n’est pas concerné puisqu’il n’est pas adhèrent. Mais que vont choisir Berra, Hamelin et Havard ? Difficile à dire car les éléments qui entreront en ligne de compte sont compliqués. Sur le plan des valeurs, ces trois élus semblent plus en phase avec la droite sociale de Fillon. Mais ils pourraient très bien se ranger derrière Copé dont ils ont été tous les trois proches ces dernières années.
Soutenir Fillon serait aussi un risque de se couper de la direction nationale de l’UMP vu que Copé reste favori pour avoir démontré ses talents d’organisateur et d’animateur comme secrétaire général de l’UMP mais aussi comme patron des députés. A ce jour, seules trois élus ont laissé percevoir un penchant pour l’ancien premier ministre de Sarkozy. Dominique Nachury, nouvelle députée de la 4e circonscription, Michel Forissier, maire de Meyzieu et vice-président du conseil général, connu pour ses convictions démocrate-chrétienne, ainsi que Michel Terrot, réélu à Oullins. En revanche, la majorité des députés notamment Philippe Cochet, Philippe Meunier et Christophe Guilloteau, sont connus comme des pro-Copé.
Et il ne faut pas oublier le débat sur les valeurs. Celui-ci a commencé au niveau national avec un lyonnais, Laurent Wauquiez, ancien ministre redevenu député, et maire du Puy-en-Velay. Il a publiquement regretté la droitisation de Sarkozy pendant sa campagne présidentielle pour annoncer son soutien à Fillon. Mais ce débat a pris un relief particulier à Lyon quand Philippe Meunier a déclaré que l’UMP devait réfléchir à des "alliances”. Une nouvelle déclaration ambiguë pour ce député qui avait déjà paru flou entre les deux tours des législatives. Cette fois, Nora Berra n’a pas laissé passer. Elle est aussi montée au créneau, dénonçant "une communication publique indécente” et "une position scandaleuse inspirée par des motifs électoralistes”. Par le passé, elle ne s’est d’ailleurs jamais gênée de critiquer de telles positions, même quand il s’agissait de ministres.
A moins de deux ans des élections municipales, la droite lyonnaise doit donc encore trouver un leader alors que Gérard Collomb est sorti grand vainqueur de ces élections législatives car le PS tient désormais trois des quatre circonscriptions lyonnaises.
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