“Moi, je prends des risques !”

Date de publication : 06/11/2012

Emmanuel Hamelin conteste à Michel Havard la tête de liste UMP pour les élections municipales de 2014 à Lyon. Et il a décidé de passer à l’offensive. Propos recueillis par Lionel Favrot

Entretien publié dans le Mag2Lyon d’octobre 2012

Retrouvez dans le Mag2Lyon de novembre actuellement en kiosque un entretien avec le maire de Lyon qui juge sans concession les premiers mois de François Hollande à l’Elysée

Vous acceptez d’affronter Michel Havard lors des primaires de la droite lyonnaise ?
Emmanuel Hamelin : Oui. Organiser des primaires comme l’a fait le PS pour la dernière présidentielle me semble être une bonne idée. Je l’avais évoqué au cours de la campagne des dernières élections législatives, mais Michel Havard a été le premier à le proposer de manière plus formelle.
Pourquoi ces primaires vous semblent nécessaires ?

Parce qu’il y a plusieurs prétendants avec chacun ses atouts, ses équipes, sa famille politique... C’est un bon moyen de trouver un schéma d’union avant le premier tour.
Pourtant, vous sembliez avoir des réserves avant l’été !
Oui, mais sur des points accessoires. Michel Havard proposait une déclaration de candidature en novembre et une campagne jusqu’en mars. Passer trois mois à se taper dessus me paraît bien trop long si on veut se rassembler avant les municipales derrière une tête de liste. En plus, novembre, c’est l’élection du président national de l’UMP, il ne faut pas tout mélanger  ! Je préfère une déclaration en janvier et un mois et demi de campagne pour des primaires organisées fin février.
Mais vous aviez d’autres objections !
Le système de parrainage permettant aux candidats de se présenter. Michel Havard souhaitait le limiter aux élus. Pour moi, cela n’a pas de sens car ces primaires s’adressent à l’ensemble des Lyonnais de droite et du centre-droit. Il leur suffira de signer une charte affichant ces valeurs. Je propose donc un parrainage par 200 Lyonnais.
Vous allez réussir à vous entendre sur cette organisation ?
Oui. Très rapidement. Mes relations avec Michel Havard sont excellentes. Mais il faut aussi voir qui se présente. Denis Broliquier semble hésiter, Nora Berra a annoncé que si on lui promettait une mairie d’arrondissement, elle était prête à renoncer. En revanche, Christophe Geourjon est partant.
Michel Havard passe déjà pour être le candidat officiel...
Il a aujourd’hui ce titre de chef de file parce qu’il est président du groupe d’opposition au Conseil municipal de Lyon. Mais au sein de l’UMP où le principe de ces primaires a été validé, il n’y a pas de favoritisme. Nos deux candidatures sont prises au sérieux et seront traitées de manière équilibrée.
Quels sont vos atouts pour l’emporter ?
Je me suis situé dans une opposition crédible au maire de Lyon. Je pense même avoir été le seul élu de l’opposition à occuper le terrain sur des dossiers importants depuis deux ans. Le Grand Stade, par exemple. Je me suis rapidement opposé à sa construction à Décines et prononcé pour l’aménagement du stade Gerland, alors que d’autres ont choisi de ne pas choisir ! Moi, je dis ce que je pense et je prends des risques.
Vous pensez à Michel Havard quand vous parlez de ceux qui ne choisissent pas ?
Oui. Mais sa position est aussi respectable !
Vous avez l’impression d’être plus offensif et plus constant ?
Sur certains dossiers, en prenant des positions précises avec des alternatives à ses projets. C’est pour ces deux raisons que dans les trois sondages déjà sortis sur les municipales, dont deux dans Mag2Lyon (*), les Lyonnais me placent en tête de la droite.
Mais Michel Havard estime aussi être le favori de ces sondages !
Michel Havard est devant moi auprès des Lyonnais qui ont voté Perben aux élections municipales de 2008. Mais je crois qu’ils n’étaient pas assez nombreux pour constituer un électorat crédible. En revanche, quand on consulte les Lyonnais en général, je suis devant.
Vous avez de vraies différences politiques avec Michel Havard ?
Je suis d’une droite sociale et humaniste. Il n’en est pas non plus très loin. Mais là aussi, je prends des positions claires. Pour l’élection à la présidence de l’UMP, j’ai annoncé dès juillet mon soutien à Jean-François Copé car il a le profil pour être le chef de notre mouvement d’opposition.
Pas de regret maintenant que Fillon est en tête des sondages ?
Non. François Fillon reste un ami et je le respecte comme un homme politique de tout premier plan. Je suis assez proche de sa sensibilité politique. Mais pour la présidence de l’UMP, je considère qu’il faut un bagarreur comme Copé. Si on me demandait un candidat pour la présidentielle, mon choix serait peut-être différent.
Vous n’êtes pas trop isolé face à Havard ?
Quand j’ai annoncé ma candidature en 2010, je n’étais que simple conseiller municipal face à Nora Berra, alors ministre, Michel Havard, encore député, Denis Broliquier, maire d’arrondissement, le sénateur François-Noël Buffet... J’étais le moins capé. Pourtant je suis encore là, et en très bonne position dans les sondages. Mais le vrai démarrage de ma campagne, se fera avec la proposition d’un projet alternatif.
Comment vous allez vous organiser pour ces primaires ?
J’ai des équipes et des réseaux, notamment les groupes de travail de mon association, Elan. Je multiplie aussi mes rencontres dans les arrondissements avec des sympathisants et des Lyonnais pour discuter des propositions et des alternatives à la politique de Gérard Collomb.
Sur quoi vous allez attaquer Gérard Collomb ?
Là où j’identifie des faiblesses. Par exemple, le Confluent. Collomb le présente comme un magnifique succès. Je lui reconnais le mérite politique d’avoir fait bouger les choses, mais quand il dit que tout le monde en est content, je tiens à dire que ce n’est tout à fait le cas. La phase 1 se termine difficilement avec le départ de Le Bec dans des conditions ubuesques et un centre commercial dramatiquement vide.
Pourtant, ce centre revendique une forte fréquentation !
Oui, mais j’ai l’habitude d’y aller pour me rendre compte par moi-même et je vais aussi discuter avec les commerçants. Je peux vous dire qu’ils sont nombreux à se plaindre. Et ne pas avoir choisi le métro pour desservir le confluent reste une erreur historique. Le tramway ne suffit pas à permettre un accès rapide à un grand nombre de Lyonnais et les embouteillages sont énormes.
D’autres dossiers que vous contestez ?
Le pont Schuman. A l’origine, il devait servir à désenclaver l’ouest lyonnais et le 9e arrondissement. Mais on est passé d’un pont de quartier à 25 millions d’euros à un pont de 27 m de large qui va coûter 65 millions d’euros pour une seule voie de voitures dans chaque sens car il y a des voies réservées au bus. Ce pont va accentuer les embouteillages. Même critique pour le nouveau tunnel de la Croix-Rousse réservé aux modes doux.
Vous êtes contre ces modes de déplacements moins polluants ?
Non. Mais pourquoi les mettre dans un tunnel ? Gérard Collomb aurait dû utiliser ce second tunnel pour faire passer les voitures pendant la rénovation du premier. Au lieu de cela, il va être fermé pendant 9 mois de travaux. Je crois qu’il se fait plaisir par des effets d’annonces, mais qu’il rate souvent le coche par une méthode plus proche de l’autocratie que de la démocratie. Avec, au final, des choix que vont devoir supporter les Lyonnais pendant des années.

 (*) Mag2Lyon de septembre 2011 et septembre 2012, sondages Ifop
Partager

LES DERNIERES ACTUALITES

20/04/2018
Figure de l'entrepreneuriat lyonnais, de la fondation d'Infogrames à son rebond dans la robotique, Bruno Bonnell était très attendu sur les bancs de l'Assemblée. Il a finalement semblé plus discret que prévu jusqu'au buzz provoqué par ses déclarations au Monde début avril. Explications.

20/04/2018
Le documentaire "Pédophilie, un silence de cathédrale” diffusé par France 3 le 22 mars dernier a suscité une nouvelle vague de témoignages auprès de la Parole libérée, l'association lyonnaise qui a révélé l'affaire Preynat. Interview de son président, François Devaux.

12/02/2018

Après Lyon en juin, Mag2 Lyon poursuit son analyse du marché de l'immobilier avec les communes de la métropole. Quelles sont les valeurs sûres ? Quels sont les quartiers qui montent ? Et quels sont ceux à éviter ? Par Hélène Capdeviole

12/09/2016
La Stéphanoise Elodie Clouvel participera à Rio de Janeiro à ses deuxièmes Jeux Olympiques. Mais en parallèle de sa discipline, le pentathlon, elle baigne dans d'autres activités. Elle est également gendarme, mannequin et peut-être même future actrice. Une véritable ambassadrice de son sport. Portrait.

20/04/2018
Cet ancien champion de boxe ayant grandi à Vaulx-en-Velin s'est fait une place à coups de seconds rôles dans le cinéma français, s'appuyant sur une plastique d'athlète, une discipline de fer et une capacité à tout interpréter. En 2018, il se retrouve sur le devant de la scène avec la sortie de trois films dont le très attendu Mektoub My Love d'Abdellatif Kechiche, où il campe un dragueur insouciant. Rencontre.


Retrouvez-nous sur



Création de site internet: Cianeo