Lisandro - Gomis, un danger pour l’OL ?

Date de publication : 11/03/2013

À l’Olympique lyonnais, deux attaquants se disputent le poste d’avant-centre. Si pour l’instant, l’entente semble cordiale, la situation pourrait déraper. Surtout avec l’élimination de ce club de toutes les coupes, notamment la Ligue Europa.


"On veut éviter une concurrence qui crée parfois des tensions entre joueurs, mais aussi avec le coach. Quand il y a de la compétition, on fait jouer certains à des postes qui ne leur conviennent pas”, clamait Jean-Michel Aulas en janvier dernier, en pleine période des transferts. Dans le viseur du président de l’Olympique lyonnais, deux joueurs : Lisandro Lopez et Bafétimbi Gomis, deux stars de l’équipe en concurrence pour le rôle d’attaquant de l’OL. Dans sa volonté d’abaisser la masse salariale du club, Aulas affichait donc ouvertement sa volonté de se séparer de l’un d’entre eux. Une belle économie en perspective puisque l’ancien stéphanois affiche 3,5 millions d’euros annuels de salaire tandis que l’Argentin est encore mieux payé avec 4,1 millions d’euros.
Pourtant, malgré ses efforts, aucun des deux n’a quitté l’OL cet hiver. Si Gomis était suivi par de nombreux clubs comme Liverpool, Chelsea ou encore Fulham, personne n’a concrétisé. Même constat pour Lisandro. Si la Juventus Turin a insisté pendant de nombreux jours, la volonté du club italien d’accueillir l’argentin sous forme de prêt n’a pas convaincu les dirigeants lyonnais. Pas plus que l’offre de Tottenham de six millions d’euros, jugée insuffisante. Un signe qu’ils ne sont pas au niveau des grands clubs européens ? "Je pense surtout qu’il n’y a pas eu de propositions à la hauteur de ce qu’attendait l’OL. Certes ce sont deux joueurs qui n’auraient peut-être pas une place de titulaire dans des clubs très prestigieux. Mais pour être des éléments de rotation de ces équipes, ils ont les capacités”, explique l’agent Stéphane Courbis. "C’est quand même deux très bons joueurs. Lisandro a réalisé une belle carrière en Europe et Gomis a marqué beaucoup de buts lors de la première partie de saison”.
Les deux attaquants sont donc restés, au grand dam de Jean-Michel Aulas. "Cette sortie médiatique au début du mercato s’apparente à une erreur de communication. Mais je crois surtout qu’il a voulu envoyer des signaux à ces actionnaires qui lui demandaient de réduire la masse salariale. Je ne suis pas certain qu’il était forcément convaincu du bien fondé de les vendre”, pense Geoffroy Garétier, journaliste à Canal+. Coup de com’ ou non, la stratégie de Jean-Michel Aulas n’a pas été payante, bien au contraire. Entre début janvier et fin février, l’OL n’a enchaîné que quatre victoires en 10 matches. Soit autant qu’en trois semaines en décembre. Pire encore, pendant cette période, le club lyonnais a été éliminé de la Coupe de France par Epinal et de la Ligue Europa par Tottenham. Seule satisfaction : le championnat. Malgré des résultats inconstants, les Lyonnais restent dans le sillage du PSG, le club des richissimes Qataris.

Séquelles

Mais, au sein du groupe lyonnais, ce mercato hivernal semblait avoir laissé des séquelles jusqu’à la mi-février. Principalement sur Bafé Gomis. Auteur de onze buts jusqu’en janvier, l’ancien stéphanois n’a marqué qu’une seule fois depuis deux mois. Pendant cette période, il a même affiché une attitude "hostile”. Remplacé en cours de match face à Evian Thonon Gaillard, il n’avait par exemple pas voulu serrer la main de son entraîneur. "Gomis est un joueur remarquable dans l’état d’esprit. Depuis qu’il est à Lyon, il a souvent été sifflé par les supporters et il n’a jamais rien dit. J’ai été étonné de le voir manifester un réel mécontentement”, analyse Aymeric Blanc, le rédacteur en chef du magazine Planète Lyon.
Lisandro, lui aussi, a très mal vécu cet épisode. Outre les rumeurs de transferts, c’est le fait de devoir jouer sur un côté, à gauche, qui l’a déçu. "Depuis qu’il est à Lyon, Lisandro a souvent évolué à ce poste. Mais il ne s’en est jamais vraiment plaint, en tout cas pas ouvertement. Là, pour la première fois, il l’a fait publiquement”, complète Aymeric Blanc. Visiblement mal à l’aise depuis décembre, l’Argentin a même rendu le brassard de capitaine. "Il est venu de lui-même, plusieurs fois, me demander d’être déchargé de cette fonction, parce qu’il voulait se recentrer sur son jeu, ne plus avoir ces responsabilités dans le groupe qui, d’après ce que j’ai compris, ne l’aidaient pas à donner la pleine mesure du grand joueur qu’il est, donc, bon, j’ai fini par accepter”, avait commenté Rémy Garde en conférence de presse à l’époque.
Une situation qui a pourri le vestiaire pendant de nombreuses semaines comme l’expliquait à demi-mot le nouveau capitaine, Maxime Gonalons dans les colonnes du Parisien. "On a connu une intersaison compliquée. On savait que le club voulait vendre cet hiver. Il y a eu pas mal de rumeurs et certains joueurs ont été touchés. Mais à partir du moment où ça a été terminé, on s’est tous resserré les coudes”, déclarait-il après la victoire face à Lorient fin février.

Union sacrée

Il est vrai que depuis la fin du mercato fin janvier, la situation semble s’apaiser peu à peu. Certes aucun des deux ne semble être revenu à son meilleur niveau mais la bonne humeur est de retour. Sans qu’une réorganisation tactique n’ait eu lieu. "La mode actuelle est de jouer avec un seul attaquant de pointe. Toutes les grandes équipes jouent comme ça et l’OL n’y échappe pas”, analyse Stéphane Courbis. Rémi Garde n’allait donc pas tout changer alors que son club est encore en course pour le titre de champion de France. Visiblement, même Lisandro Lopez se serait fait à cette idée. "Depuis quelques semaines, il ne rechigne plus à jouer à ce poste excentré. Il a compris que l’Olympique lyonnais avait besoin de toutes ses forces vives pour suivre Paris et encadrer les jeunes”, explique Aymeric Blanc.
Le sens du collectif ? C’est aussi ce que pense Jacques Crouzel, autre agent de joueur français. "Lisandro est un joueur intelligent avec un bon état d’esprit. Il ne créera pas de problèmes et placera les intérêts du club avant les siens. Il y a des abrutis dans le football qui pourraient avoir un comportement différent. Mais avec ces deux joueurs-là, je ne pense pas”, commente-t-il.
Mais avec seulement douze matches de championnat à disputer, les rotations ne seront pas nombreuses. Du coup, l’argentin ne devrait vraiment pas avoir beaucoup d’occasions de jouer à son poste préféré. Saura-t-il tenir jusqu’en mai ? Difficile à prévoir. Mais si tel n’était pas le cas, Rémi Garde devrait intervenir pour Geoffroy Garétier : "Si Lisandro ou Gomis venaient à râler à nouveau, ça relèverait exclusivement de la compétence de Rémi Garde. C’est à lui de fixer la concurrence entre les deux hommes. L’objectif capital, c’est d’être dans les deux premiers pour se qualifier directement pour la Ligue des champions. Le club ne peut pas se permettre économiquement de ne pas y participer”.  

Gomis plus efficace. Depuis le début de la saison, Bafé Gomis a marqué 15 buts toutes compétitions confondues contre 11 pour Lisandro Lopez. Souvent blessé et aligné sur le côté gauche de l’attaque lyonnaise la plupart du temps, l’Argentin est aussi moins efficace. Il marque un but toutes les 186 minutes, alors que le ratio est d’une réalisation toutes les 155 minutes pour l’international français.

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