“Je n’ai peur de personne !”

Date de publication : 11/03/2013

Les candidats se bousculent dans la droite lyonnaise pour être tête de liste aux prochaines élections municipales à la place de l’UMP Michel Havard.


La bataille Copé-Fillon vous a dissuadé de lancer des primaires à Lyon ?

Michel Havard : Absolument pas. Je reste partisan de l’organisation de primaires pour designer la tête de liste de la droite aux prochaines élections municipales à Lyon. C’est un bon processus. Si Copé, ou Fillon, l’avait emporté avec une large avance, il n’y aurait pas eu de contestation du résultat et tout le monde aurait salué le bon déroulement démocratique du scrutin. C’est le score serré qui a provoqué ces polémiques.

Vous ne regrettez pas qu’il n’y ait pas eu plus de candidats pour désigner le nouveau président de l’UMP ?

C’est certain qu’il aurait été préférable d’avoir davantage de candidats. Cela n’aurait pas empêché les contestations si, au final, l’écart entre les deux principaux candidats avait été aussi faible que dans le cas du duel Copé-Fillon. Cela ne remet pas en cause la pertinence des primaires. Je suis même sûr que cela va devenir un processus de désignation incontournable dans tous les partis politiques pour les grandes villes où ils n’ont pas de maire sortant.

Vous n’avez tiré aucune leçon des polémiques Copé-Fillon ?

Je crois qu’il faut bien gérer les salles où il y a une forte affluence en prévoyant un nombre d’urnes suffisant. Mais ce scrutin pour la présidence de l’UMP s’est globalement bien passé en France. De plus, je vous rappelle qu’à la fédération du Rhône, il n’y a eu aucun doute sur le bon déroulement du scrutin.

Ces primaires à Lyon, c’est quand même prendre le risque de raviver les divisions de la droite lyonnaise...

Quand il y a compétition, il y a un débat toujours un peu musclé. Le tout est de ne pas déraper. La seule solution c’est de rester sur des sujets de fonds.

Vous avez trouvé un accord sur leur organisation avec vos concurrents ?

Non. Pour l’instant, l’UMP est au stade premier, à savoir est-ce qu’elle va organiser des primaires dans toutes les grandes villes de France. C’est un processus national avec un cadre général. Mais nous n’aurons pas de souci entre compétiteurs lyonnais car on est des gens sérieux.

D’autres formations que l’UMP vont participer à ces primaires ?

C’est encore à déterminer. L’UDI de Jean-Louis Borloo a dit non pour Paris. Peut-être qu’ils refuseront également pour Lyon. C’est dommage. Mais le centriste Christophe Geourjon, qui a rejoint l’UDI, reste toujours partisan de primaires ouvertes.

Du coup, l’UMP a pris du retard sur le calendrier que vous espériez !

J’étais effectivement favorable à ce que ces primaires soient organisées avant le 1er mars pour éviter la période pré-municipales où certaines dépenses peuvent être intégrées dans les comptes de campagne. Mais si cela se fait juste après, on restera dans un délai raisonnable.

Vous teniez aussi à ce que la droite ait rapidement un leader face à Collomb...

Il est bien sûr impératif de désigner notre tête de liste avant l’été. Si les primaires sont trop tardives et trop longues, on va perdre du temps et de l’énergie. L’UMP a déjà lancé le processus pour Paris. Il n’y a aucune raison que cela tarde désormais à Lyon. Je suis donc optimiste car tout le monde souhaite que cela se fasse vite.

La multiplicité des candidatures vous inquiète ?

Non. L’objectif est d’offrir un vrai choix aux militants de la droite et du centre à Lyon. Je reste donc concentré et mobilisé mais aussi confiant sur le choix des Lyonnais car ils savent tout le travail que j’ai mené avec mes équipes.

La présence de tous ces concurrents ne démontre pas votre manque de légitimité ?

On va attendre de voir qui est vraiment candidat. Aujourd’hui, il y a beaucoup de candidats supposés. Mais je pense qu’il y en aura moins qu’imaginé.

Vous n’avez pas peur de Georges Fenech qui vient d’annoncer sa candidature ?

Georges Fenech ne me fait pas peur. Personne ne me fait peur d’ailleurs !

Pourtant, cet ancien magistrat est député et vous ne l’êtes plus, il est plus médiatique que vous...

Et alors ! Vous croyez que les Lyonnais vont choisir leur maire selon ces critères? Moi, je ne le crois pas du tout. Ils choisiront un programme dont ils se sentent proche avec un candidat qui a la légitimité pour le porter. En tout cas, ce que je sais, c’est que les Lyonnais ne souhaiteront pas un nouveau parachutage.

Venir de Givors à Lyon comme Fenech, c’est un parachutage ?

Oui. Il s’agit d’élections municipales. Même si, légalement, il suffit d’être contribuable dans une ville pour s’y présenter, il reste pour moi inconcevable que la tête de liste UMP n’habite pas Lyon !

Et Nora Berra, députée européenne et ancien ministre ?

On verra bien ! J’ai de très nombreux soutiens et je trace mon chemin sans me préoccuper des autres candidats.

Vous passez pour un élu sérieux mais fade, vous allez tenir le choc ?

C’est le portrait que dressent de moi les journalistes mais ce n’est pas le ressenti des Lyonnais. Ils me recommandent de ne surtout pas changer car ils veulent un maire sérieux et passionné par sa ville. Je suis un homme d’ouverture qui aime le travail en équipe et je ne changerai pas. Je crois même que je corresponds bien au tempérament lyonnais.

Vos axes de campagne contre Gérard Collomb ?

Je vais exposer ma vision de l’avenir de Lyon sans omettre un vrai bilan de son action. Que Lyon a-t-elle gagnée pendant ses deux mandats ? Je veux bien croire à sa volonté de s’engager pour son rayonnement mais les faits lui donnent tort. Avec lui, Lyon n’a pas réussi à être capitale européenne de la culture alors qu’elle avait toutes ses chances face à Marseille. Elle a manqué la Cité de la Gastronomie. Pour moi, ces échecs sont dûs à sa volonté de gouverner seul. Sur d’autres dossiers, comme la Sacvl qui est en quasi faillite, il a au contraire manqué de vigilance. Mais que ce soit son autoritarisme ou son laissez-faire, on a dans les deux cas un problème de gouvernance.

Fenech dans la bataille

Mag2 Lyon avait dressé en février 2012 un état des lieux des divisions de la droite lyonnaise avec un portrait des principaux belligérants. Avec une couverture détournant une fameuse scène des tontons flingeurs. Un an après, rien ne s’est apaisé. Au contraire, il faudrait rajouter un candidat supplémentaire. Georges Fenech, député UMP de Givors, a annoncé sa candidature à Lyon. Cet ancien magistrat connu pour sa lutte contre les sectes, a pour lui une vraie détermination et un côté grande gueule qui lui vaut une certaine médiatisation. Mais ce n’est pas tout. François-Noël Buffet, sénateur-maire UMP d’Oullins, a carrément proposé de transformer sa ville en 10e arrondissement de Lyon. Ce qui a été pris comme une manière de tester une éventuelle candidature alors qu’il prétendait jusque là ne viser que la présidence de la Communauté urbaine. Certains de ces candidats semblent attendre le soutien de Paris qui pourrait leur donner un avantage décisif. Mais il est fort probable que les responsables nationaux de l’UMP attendront plutôt que les Lyonnais les départagent pour venir au secours de la victoire.
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