Collectors croit en la Bourse

Date de publication : 12/04/2013

Collectors, le n°1 de la collecte de cartouches d’impression et de capsules de café en France, a fait son inscription sur le marché libre, le 19 février. Fabrice Legriffon, 42 ans, est le fondateur de cette entreprise innovante. Il explique cette initiative, rare en temps de crise.


Quelle est l’activité de Collectors ?

Fabrice Legriffon : J’ai créé l’entreprise en 1996, sur un constat simple : le jetable n’est pas durable. A force de créer des déchets, il fallait bien les récupérer. Je travaillais pour un gros distributeur de Hewlett Packard en Auvergne. J’ai alors rencontré un des précurseurs du recyclage en France, qui avait besoin de cartouches vides pour en faire des pleines. Ce côté novateur m’a tout de suite séduit et je me suis lancé dans la récupération de déchets triés.


Comment vous avez développé votre entreprise ?

En 2001 on a créé un centre de tri à Mornant, puis en 2003 on a construit une plate-forme logistique de 2 000 m2 pour le tri des déchets. Aujourd’hui nous avons 12 agences en France, où travaillent 36 salariés, pour un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros en 2012. Le marché des cartouches d’encre représente 70 % de notre activité. C’est ce qui nous a permis ensuite d’aller collecter les petits déchets, comme les capsules Nespresso. Vingt collecteurs interviennent tous les matins dans toutes les boutiques de la marque, les entreprises et les déchèteries, pour collecter ces capsules.


Quelle est votre spécificité sur le marché du recyclage ?

Notre activité s’arrête une fois qu’on a pré-trié le consommable. Ensuite on le remet à disposition des fabricants ou ces déchets sont éliminés. Mais étant le centralisateur des volumes de déchets, on a aussi développé la KTlène, qui est de la valorisation du marc de café et dont on fait des produits biodégradables.  On sait collecter, massifier et trier, donc pourquoi ne pas valoriser la matière.


Vous avez des projets de développement ?

Oui. Notre projet principal c’est de monter en France une unité de broyage polyvalente pour les cartouches jets d’encre ou laser. Mais cet outil pourrait aussi permettre de broyer d’autres petits déchets : les sept déchets capitaux du consommateur : piles, ampoules, CD, accumulateurs, téléphones portables, petit électroménager, capsules de café... Nous
sommes des ferrailleurs de l’informatique.


Qui sont vos clients ?

Nous avons 35 000 clients parmi lesquels des collectivités locales, les grands comptes EDF, Areva, SNCF, Total... et les groupes de la grande distribution Casino, Carrefour et Leclerc. Depuis le début de l’année, nous assistons également les grandes entreprises de recyclage comme Sita et Veolia, qui ne savent pas collecter ce genre de déchets. Car la collecte des ampoules et des piles est réglementée par un éco-organisme, les cartouches pas encore... Mais certains fabricants comme Nespresso ont devancé la réglementation.


Pourquoi introduire votre PME sur le Marché Libre ?

Aujourd’hui il n’y a pas de référence en France dans notre activité parce qu’on est vraiment les leaders. On a rencontré des fonds d’investissement et des business angels pour se développer mais le problème, c’est que notre trop petite taille ne permet pas d’attirer les investisseurs sur un projet industriel. Du coup on a décidé d’entrer sur le marché libre afin d’avoir plus de visibilité. Nous espérons lever un million d’euros en émettant 700 000 titres à 5,71 euros.


Les banques et les fonds d’investissement ont refusé de vous prêter de l’argent ?

Lorsqu’on a présenté notre projet d’investissement dans une machine industrielle, ils trouvaient ça sexy et original... Mais on a eu des refus. Les banques nous suivent sur l’investissement dans nos contenants, pour la collecte des déchets. Mais les partenaires financiers ont une vision à court terme et ne croient pas au projet industriel d’une PME qui fait 3 millions d’euros. Pourtant certains nous observent de près et pourraient peut-être changer d’avis...


C’est Louis Thannberger qui vous a convaincu ?

Oui. On a rencontré Louis Thannberger, par l’intermédiaire de Pierre-Jacques Brivet, patron du salon Vintage de Lyon. On a eu un bon feeling, car c’est quelqu’un d’atypique, un battant. Comme nous. Dès la première rencontre, en octobre dernier, il m’a dit qu’il pouvait introduire l’entreprise sur le marché libre en quatre mois. Et c’est ce qu’il a fait.


Vous n’avez pas de méfiance vis-à-vis de la bourse ?

Aucune. On nous a donné l’opportunité de le faire et il n’y a pas de regrets. On s’expose un peu plus mais ce n’est pas grave. Beaucoup de gens découvrent notre activité à travers la presse et les réseaux sociaux. On a des particuliers qui nous appellent pour nous encourager. Donc cela crédibilise notre action sur le terrain et nous donne du corps vis-à-vis de nouveaux marchés, sur lesquels on est en phase expérimentale.


Vous n’avez pas peur de perdre le contrôle du capital ?

Non, on n’a mis 2 % du capital en Bourse. Moi, je possédais 65 % des parts avec mon épouse. Mais je n’ai pas de problème avec ça. Si demain on me demande de partir je partirai. Le but c’est de développer Collectors en renforçant notre position au niveau national et à l’international. Donc le risque ce n’est pas d’entrer en bourse mais de ne pas y aller. Comme m’a dit Louis Thannberger, il faut toujours être le premier à s’introduire en bourse.


Quels sont vos objectifs ?

En 2013 on vise 4 millions d’euros, puis 6,3 millions en 2014 et
9 millions en 2015. Ce sont des objectifs qui ont été bien analysés et qui correspondent à de nouveaux marchés qu’on est en train de développer. Mais la bourse pourrait
peut-être nous amener sur des secteurs où on n’avait jusqu’à présent pas les moyens financiers d’aller. Le but étant de diversifier nos activités, sans rester dans la cartouche, et de développer notre projet sur d’autres pays comme la Belgique ou l’Espagne. On espère employer une centaine de salariés dans les cinq ans à venir.
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