Collomb, un an avant les municipales

Date de publication : 12/04/2013

Son bilan, ses regrets, ses projets...

Le maire de Lyon et président de la Communauté urbaine a reçu Mag2 Lyon un an avant les élections municipales de 2014. Pourquoi tient-il à se représenter pour un troisième mandat ? Que compte-il faire de plus pour la ville ? Résiste-t-il à l’usure du pouvoir ? Des réponses sans détour. 


Vous êtes déjà en pleine préparation des prochaines élections municipales ?

Gérard Collomb : Absolument pas ! Ce qui est au centre de mes préoccupations, c’est l’avenir de Lyon qui a considérablement évolué en deux mandats mais qui doit franchir un nouveau cap dans les prochaines années. En revanche, il semble que la bataille soit déjà très dure à l’UMP où plusieurs candidats revendiquent la tête de liste.


Selon vous, comment Lyon a évolué depuis votre élection en 2001 ?

La ville a changé de dimension. On a peine à penser aujourd’hui que Lyon n’ait pas toujours été aussi dynamique pourtant tout cela s’est construit au fil des années. Quand j’ai été élu maire du 9e arrondissement en 1995, on était même dans le creux de la vague. Et en 2001, quand je suis arrivé à l’Hôtel de Ville, beaucoup de quartiers étaient encore en friches. Le sud du Confluent était un terrain vague, la Zac Thiers dans le 3e arrondissement n’était pas construite, la Cité internationale s’arrêtait à l’ancien Palais des congrès, il n’y avait que quelques îlots aménagés au sud de Gerland, les 8e et 9e arrondissements étaient des faubourgs en proie à la désindustrialisation...


Vous avez l’impression d’avoir franchi quelles étapes ?

Dans le premier mandat, on a posé les bases autour d’axes forts : le développement économique, l’équilibre social, le développement durable... Certains considéraient alors que cela n’allait pas assez vite. Moi, je leur disais : c’est l’effet Ketchup. On met des projets dans la bouteille, on croit que rien ne bouge quand on secoue la première fois, puis tout à coup tout sort  ! Et effectivement, on voit le résultat. Lyon s’est transformée.


Les principaux résultats de ces efforts ?

Les exemples sont nombreux, notamment l’achèvement de la Cité internationale. Et la Confluence bien sûr. On nous reprochait au départ de ne pas avoir de projet assez ambitieux et c’est devenu un quartier pilote d’un point de vue européen et même international. Le 7e avec le campus Charles Mérieux et tout un nouveau quartier de logements autour de l’avenue Jean Jaurès, le 8e aussi avec la réalisation des Zones d’aménagement concertées Valéo, la requalification de Mermoz et même le Moulin à Vent, sur lequel depuis le début de la moitié de ce second mandat, on met le paquet. La Duchère et Vaise. Sans oublier la Part-Dieu où il nous a fallu trois ans de travail, pour faire sortir la tour Oxygène. Une tour qui en annonce d’autres.


Vous avez le sentiment d’avoir accéléré le développement de Lyon ?

L’accélération est considérable. Rappelez-vous, il y a dix ans on se demandait à qui comparer Lyon parmi les grandes villes françaises. On était au coude à coude avec Lille, Bordeaux, Marseille et Toulouse. Aujourd’hui, lorsqu’on demande aux investisseurs européens où ils veulent investir en France, en-dehors de la région parisienne, c’est Lyon qui arrive très largement en tête avec 44% contre 18% pour la seconde, Toulouse. Désormais pour nous, le challenge n’est plus français, il est européen.


Vous n’avez pas trop concentré vos efforts sur Lyon ?

Pas du tout. Cela se ressent d’ailleurs d’un point de vue démographique puisque Lyon a gagné 30 000  habitants quand l’agglomération en gagnait 85 000. Regardez Vaulx-en-Velin, il y a aujourd’hui 16 programmes d’accession à la propriété dans le centre-ville. On y développe le projet du Carré de soie aussi ambitieux que la Confluence. Qui aurait imaginé cela il y a vingt ans ? Et le mouvement concerne bien d’autres villes : Décines, Bron ou Saint-Priest sont en train de changer de nature.


Mais Vénissieux semble en retrait et perd au contraire des habitants...

Elle va repartir elle aussi puisqu’on y compte pas moins de trois programmes de Zac qui devraient insuffler un nouvel élan. C’est aussi cela l’effet du tram.


Certains vous reprochent de vous attribuer tous les mérites du développement de Lyon comme si c’était vous qui preniez la truelle pour monter les tours...

En fait, on me fait deux reproches contradictoires, soit de n’avoir aucun rôle dans le dynamisme économique de Lyon soit de privilégier dans ce dynamisme économique certains acteurs. Il faudrait choisir ! Le mieux est de poser la question aux acteurs lyonnais de l’économie. Demandez donc à Alain Mérieux ou à Christopher Viehbacher, le président de Sanofi-Pasteur, si Gérard Collomb dit vrai quand il affirme avoir quelque rôle dans la construction des Sciences du vivant à Lyon.


Comment vous analysez ces critiques ?

Je crois que mon opposition s’aperçoit que les milieux économiques qu’elle pensait forcément proches, sont plutôt en empathie avec l’action que nous menons et qu’ils souhaitent voir continuée. Du coup, certains élus véhiculent ces critiques mais c’est surtout l’aveu de leur impuissance.


Et cette critique récurrente de privilégier certains architectes ou certains promoteurs comme Jean-Christophe Larose, du groupe Cardinal ?

Mais qui le dit ? Quel architecte ? Quel promoteur ? Moi, je n’en connais pas un qui affirme cela. Pas un ! Aujourd’hui, tout le monde peut travailler à Lyon. Il n’y a ni architecte ni promoteur favori du maire à Lyon. Regardez la Confluence, tous y sont aujourd’hui. Et tant mieux si, quand cela ne se bousculait pas, certains ont été dans les premiers à oser se lancer.


Mais que va vous permettre un troisième mandat ?

De continuer à faire changer la ville, de continuer à l’embellir. Le changement ne sera pas seulement quantitatif mais qualitatif. En matière d’éco-construction, de maîtrise énergétique, de mobilité, la révolution va être tout simplement incroyable. On va vraiment changer d’époque. A la Confluence, les premiers bâtiments que l’on a construits étaient déjà haute qualité environnementale mais les projets qu’on lance aujourd’hui sont encore d’une autre nature, comme le projet Hikari, un immeuble à énergie positive qui va émettre l’électricité nécessaire à l’alimentation d’une flotte de véhicules électriques en libre partage.


Sur quels autres aspects va porter ce changement qualitatif ?

Ce que je viens d’évoquer n’est qu’un exemple. Le projet Lyon ville intelligente, que nous sommes en train de finaliser, va toucher tous les domaines. Optimod va nous permettre de mieux organiser les déplacements en favorisant le report modal sur les transports en commun et en évitant la congestion automobile. Dans le domaine des voitures électriques, Vincent Bolloré vient de décider la mise en place d’une flotte en autopartage. Pour ce qui est de l’énergie, Lyon va être l’objet de toute une série d’innovations qui vont être à la base d’une nouvelle économie : dans la vallée de la chimie, le projet Gaïa qui vise à récupérer la chaleur fatale issue des bâtiments et des sites industriels pour la convertir en énergie, le projet Axel’One pour l’économie circulaire, qui va recycler des matériaux anciens pour en produire de nouveaux ; au Carré de soie, Alsthom va développer une recherche pour transporter l’électricité issue de l’éolien ou du photovoltaïque sur de très longues distances. Ces révolutions technologiques vont nous permettre de créer beaucoup d’emplois et de construire la ville de demain, une ville plus confortable à vivre, mais  aussi capable de relever des défis comme celui du changement climatique.


Et en matière d’urbanisme ?

Ce qu’on lance à la Part-Dieu va être particulièrement impressionnant. On va construire ou reconstruire 1 million de m2 en 20 ans. J’ai beaucoup parlé de ce projet avec le concepteur de la Part-Dieu, Charles Delfante avant qu’il ne nous quitte. Il partageait la vision qui est la nôtre. On doit sortir de cet urbanisme de dalle qui voulait séparer les flux de circulation des flux piétonniers mais qui a abouti à ce qu’à la Part Dieu on n’a souvent que des murs devant soi quand on passe dans la rue. On va recréer des rez-de-chaussée animés, revégétaliser le quartier. La finalité est de faire de la Part-Dieu, un quartier à vivre, où l’on aime à se donner rendez-vous pour passer un bon moment plutôt qu’un quartier qu’on traverse juste pour prendre son train. Bien sûr on n’oubliera pas de renforcer les atouts économiques car c’est le deuxième centre d’affaires du secteur tertiaire en France, après la Défense, un centre de niveau européen.


Vous n’avez pas peur de saturer le marché lyonnais avec ce million de m2 ?

On a toujours pris soin de construire ces projets à un rythme raisonnable pour réguler en quelque sorte le marché. La vérité c’est qu’aujourd’hui il n’y a plus d’offre sur la Part-Dieu. Le dernier immeuble d’Eiffage dont nous avons fait la visite officielle l’autre jour, a trouvé un investisseur avant même d’être terminé. Preuve qu’il y a de la confiance ! Et puis à la Part-Dieu, cela ne se fera pas en un jour. Ce que l’on va lancer c’est la partie sud et l’ensemble bureaux-hôtels à la place de l’Athena et du Novotel. Avec bien sûr La Tour Incity, dont nous poserons la première pierre le 11 avril.


Vous ne bétonnez pas trop Lyon ?

Non. Aujourd’hui, à la Part-Dieu comme ailleurs quand on réfléchit à un nouveau projet, on étudie aussi -et j’allais même dire d’abord- sa végétalisation. C’est une autre conception de la ville. Exemple : la Zac des Girondins à Gerland où l’architecte et urbaniste Alain Marguerit a d’abord étudié comment on pouvait amener la nature depuis les berges du Rhône, comment on pouvait tracer un certain nombre de corridors écologiques pour que la faune et la flore se développent dans ce secteur. Les études ont même été jusqu’à s’inquiéter des parcours des lombrics pour préserver leur cheminement entre les fondations des immeubles. La nature en ville est vraiment au cœur de notre projet. C’est bien sûr les Rives de Saône, c’est aussi le nouveau Plan local d’urbanisme qui va prévoir sur Lyon et Villeurbanne un espace vert tous les 400 m.


Etre un maire bâtisseur, c’est votre plus grande fierté ?

Non, ma grande fierté c’est d’avoir construit une ville solidaire en évitant que des territoires se paupérisent. Pour cela on attire des classes moyennes dans des communes comme Vaulx-en-Velin mais on construit 25 à 30 % de logements sociaux dans des nouveaux quartiers comme la Confluence.


Mais on vous reproche d’imposer vos projets comme l’Hôtel-Dieu, le Grand Stade...

L’élu chargé de la concertation c’est Gérard Claisse et je ne connais personne qui ait plus le dialogue dans l’âme que lui. Vous n’imaginez pas le nombre de réunions qu’il tient par an avec l’ensemble des acteurs. Mais comme il le dit, il y a des invariants. On a décidé de réaliser le Grand Stade. C’est là un invariant que l’on ne saurait abandonner pour le seul plaisir de ceux qui n’en veulent pas. En revanche, on peut discuter de sa desserte en transports ou de la manière dont la nature va s’insérer autour de ce site...


Vous vous impliquez aussi dans ces concertations ?

Oui, sur l’Anneau des Sciences, j’en suis à ma onzième réunion et mes équipes atteignent la vingtaine. J’écoute les critiques car elles enrichissent nos projets. Mais j’ai des convictions. Si je pensais que construire le Grand Stade ou l’Anneau des Sciences n’était pas bon pour l’agglomération lyonnaise, je n’irais évidemment pas les présenter !


Pourquoi n’organisez-vous pas des référendums sur ces grands projets ?

Parce qu’un maire est élu sur un projet. Ce projet je l’ai clairement énoncé et on ne peut quand même pas me reprocher d’appliquer le programme sur lequel je me suis présenté. Vous savez, ce n’est pas si facile d’être élu. Il faut du courage. Certains veulent croire qu’il vaudrait mieux louvoyer et dire systématiquement à chacun ce qu’il veut entendre. Je suis persuadé que ce n’est pas pertinent à terme. Ce que les Lyonnais apprécient chez moi, c’est au contraire ma loyauté.


La Cité de la Gastronomie que Lyon n’a pas obtenue ou la Capitale européenne de la Culture accordée à Marseille, c’est un signe d’usure de votre "modèle lyonnais” ?

On n’a effectivement pas obtenu le label capitale européenne de la culture en 2008, mais regardez, notre politique culturelle est aujourd’hui unanimement saluée pour son effervescence et sa capacité de création. Quant au projet de la Confluence qui était à la base même de notre candidature, il est aujourd’hui réalisé. Demain, il en ira de même pour l’Hôtel-Dieu autour de la gastronomie.


Vous avez lu les déclarations de Jean-Robert Pitte, président de la Mission française du patrimoine qui vous fait porter une part de responsabilité ?

Ce que j’avais affirmé, et qui à l’époque faisait l’objet de contestations, est que pour ce projet de cité de la gastronomie, on ne pouvait pas seulement compter sur de l’argent public. Quand on nous annonce que l’Etat, et donc les collectivités publiques, doit faire six milliards d’économie, je me dis que je n’avais pas tort de ne pas vouloir  tout faire financer par la Ville.


Mais est-ce indispensable pour Lyon que vous enchaîniez un troisième mandat ?

Ce sont les électeurs qui décideront. Mais une ville se construit nécessairement sur la durée. Je me méfie des idées toutes faites, celle par exemple qui consiste à affirmer qu’il ne faudrait être élu que pour un seul mandat. Cela me semble une aberration. Dans tous les métiers, on souligne l’apport de l’expérience. Pourquoi la politique serait-elle une exception ? Quand j’ai été élu maire du 9e arrondissement de 1995 à 2001, j’avais certes certaines intuitions. Celle par exemple que le renouveau de Vaise passerait par son renouveau économique. Une relance par l’innovation. Ce que j’ai appris à l’échelle de cet arrondissement m’a ensuite servi à l’échelle de Lyon. Et ce que j’ai réalisé à la Confluence me sert aujourd’hui pour le Carré de Soie et toute l’agglomération...


Le pouvoir ne monte pas forcément à la tête ?

Personnellement, je n’ai pas l’impression que l’exercice du pouvoir m’ait changé. Si vous voulez dire que j’ai du caractère, cela ne date pas de mon élection à la mairie de Lyon. A la mairie du 9e arrondissement, il m’arrivait de pousser des coups de gueule. Je le fais encore aujourd’hui mais c’est pour mieux aller de l’avant car j’ai une exigence d’excellence. Parfois, des collaborateurs me disent : "Monsieur le Maire vous ne vous rendez pas compte de tout le travail qu’on a fait”. Si, je m’en rends compte. Mais il faut que tout soit parfait pour pouvoir réussir. Imaginez qu’un avion se crashe et que son fabricant vienne vous dire : mais 95 % des pièces étaient bonnes. Serait-ce une justification ? Et bien, nous, nous avons collectivement pour les Lyonnais un devoir de réussite.


L’exercice du pouvoir ne vous a vraiment pas changé ?

En tout cas, il ne m’a pas enlevé de l’énergie, il ne m’a pas rendu présomptueux. Il ne m’a ni usé ni amolli. Mes collaborateurs ne sont d’ailleurs pas plus révérencieux qu’au premier jour. Mais il est vrai qu’il y a deux manières de diriger : on peut avoir une gestion un peu molle -mais on vous le reproche très vite- ou un management plus directif. Moi, je préfère qu’on me reproche l’autorité plutôt que la mollesse, car dans une équipe, il faut qu’il y ait un patron.


Est-ce que vous avez malgré tout des regrets depuis 2001 ?

Pas de regrets mais des combats que je n’ai pas encore gagnés comme celui de détourner l’autoroute de Lyon pour que tout le trafic européen depuis la Scandinavie jusqu’à la Méditerranée cesse de passer au cœur de Lyon. Et c’est le même problème pour le nœud ferroviaire lyonnais qui est saturé. C’est un projet à 15 ans mais il faut le décider aujourd’hui.


L’Etat ne va pas ralentir vos projets en réduisant ses dotations aux collectivités locales ?

Certes le Grand Lyon a déjà perdu 24 millions d’euros en quatre ans mais notre gestion prudente nous permet de conserver une certaine marge. La dette de la ville de Lyon, elle, est identique à celle de 1999.


Vous n’êtes donc pas fâché avec l’ensemble du gouvernement que vous avez beaucoup critiqué ces derniers mois ?

Je crois au contraire que mes prises de positions sont utiles. Pour la décentralisation, Claude Bartolone est d’ailleurs venu dire combien l’annonce à Lyon de la création d’une métropole avait incité Paris et Marseille à bouger.


Mais la décentralisation qu’annonce François Hollande, vous la voyez venir ?

Bien sûr. La loi devrait être votée dans l’année, pour être effective en avril 2015. Lyon dans ce domaine a été moteur. Et partout désormais où je vais, on me parle de la métropole lyonnaise. Avec Michel Mercier c’est vraiment une dynamique formidable que nous avons lancée.
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