Les enfants de la butte

Date de publication : 07/06/2013

Comme à Notre-Dame des Landes, où le projet d’aéroport de Nantes est bloqué depuis des mois, la construction du stade des Lumières à Décines connaît aussi ses opposants. Une communauté de militants pacifistes, aujourd’hui menacés d’expulsion, a même créé un campement autogéré. Reportage. Par Gautier Guigon

Extrait de Mag2 Lyon de mai.
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Un troupeau de moutons broute dans un champ. C’est le printemps, la nature est en fleurs et on entend le chant des oiseaux. Mais dans ce cadre champêtre, une sono vient troubler la tranquillité des lieux. Sous un drapeau pirate, une dizaine de personnes sont réunies. Des fêtards mais aussi des punks. Tous rassemblés autour d’un sound system, crachant de la musique techno, une bière ou un pétard à la main. C’est le comité d’accueil du campement de "Décines ta résistance”, une Zone à défendre ou ZAD. "Bienvenue sur ce lieu de vie et de résistance contre l’OL LAND !” indique un panneau. Il est à peine 10 heures. En haut du chemin en terre qui mène au sommet de la butte, sur un terrain situé à la sortie de Décines, la commune de l’Est lyonnais qui accueille le projet du futur Stade des Lumières, c’est l’heure du petit-déjeuner. Autour du feu, une vingtaine d’autres jeunes gens discutent, autour d’une tasse de café. Comme tout le monde, j’embrasse les "frangins” en arrivant. L’ambiance est chaleureuse. Les visages souriants. Mais au moment de décliner mon identité de journaliste, certains se crispent. "T’es des RG, vas-y montre tes papiers !” lance Antoine, un blond aux yeux bleus. Afin de me familiariser avec l’endroit, Dawan, 36 ans, me propose une petite visite des lieux, à la rencontre de ses "habitants”.

Campement

Les "fils de la butte” occupent ce terrain depuis le 10 avril 2012. Mais c’est à partir de septembre, avec l’arrivée de 25 personnes, que le camp a été véritablement créé. Objectif, protester contre la construction du Grand Stade à Décines. La plupart faisait déjà partie de la troupe qui a occupé, pendant plus de deux semaines l’an dernier, la place du Gros Caillou à la Croix-Rousse, dans le 4e arrondissement de Lyon, pour manifester leur opposition à la loi Loppsi 2 sur la sécurité intérieure. Par exemple l’incrimination des squatteurs, l’extension de la "vidéo protection” sur la voie publique et les peines plancher. Des mesures liberticides selon ses opposants. "On rêvait de retrouver cette ambiance et on a mis plus d’un an à l’avoir” explique Dawan, pieds nus, avec ses longues drealdlocks blondes.


Habillé d’un sarouel, un pantalon avec l’entrejambe au niveau des genoux, Dawan fait office de "référent” auprès des autres. Cet ancien patron d’une petite entreprise d’électricité, près d’Alès dans le Gard, vit sur la butte depuis septembre. Père de famille, il fait partie des leaders du mouvement. "À 29 ans je rêvais de ne plus rien foutre. Du coup j’ai tout plaqué pour vivre en Ardèche. Quelque part, j’ai réussi mon pari” sourit Dawan. Comme lui, une cinquantaine de personnes vit dans des tipis, des tentes, des cabanes dans les arbres ou des abris fabriqués avec des objets de récupération. Des constructions fragiles, faites de bric et de broc, pas vraiment isolées. Mais peu importe. L’essentiel pour ces "marginaux” qui se sont coupés de la société de consommation, c’est de vivre sans loyer à payer, sans carte bancaire et sans assurance. Pour certains, un choix de vie. Pour d’autres, un rejet brutal de cette société, dans laquelle ils ne trouvent plus leur place. La plupart viennent du milieu underground de la région, comme La Ciergerie, un collectif d’artistes à Annecy, l’université populaire de la Doua, ou encore le squat chez Rita dans le quartier de la Guillotière à Lyon. Un univers où tout le monde se connaît.
Depuis l’été dernier, les constructions précaires se sont multipliées. Jusqu’à constituer un véritable village. Au centre du campement, c’est l’Agora, le lieu de tous les débats. Un peu plus loin, une grande "salle” des fêtes de 170 m2, avec une cuisine et un bar, qui accueille des animations les jeudis et vendredis : soirées tribales, concerts ska… Et derrière, une "zone de bazar” où s’accumule un tas de vaisselle et des dizaines d’ustensiles de cuisine. L’autre lieu de réunion est le "Pentagone”, un espace à vivre de 95 m2, fait d’argile et de paille, avec un banc circulaire creusé à la pioche, au centre de la pièce. À quelques mètres de là, une yourte dont le sol est recouvert de plusieurs couches de moquette, palettes et matelas. Il y a aussi une "bibliotek saloon”, un nouveau bar en construction et plusieurs cabanes disséminées dans les bois.
Dans la forêt, j’aperçois ainsi un tipi suspendu aux arbres. De la fumée s’échappe par l’ouverture de la toile. À l’intérieur, des cris d’enfant. Depuis trois jours, Marc vit de manière clandestine avec son fils de 18 mois et Esther, sa nouvelle compagne. C’est l’heure des légumes pour le petit Léo. "J’aime ce mode de vie, dans un endroit rond, sans angle agressif” dit Marc, la trentaine. À l’écart du campement, il y a même un "cinéma”. Pas d’écran géant bien sûr, mais une vue exceptionnelle sur Lyon, où les jeunes et moins jeunes se réunissent le soir pour philosopher et observer "Babylone”. Pour les occupants, la Zad est comme "une bulle dans la deuxième ville de France”. Un espace de liberté, à l’écart de la société.

Organisation

À l’heure du repas, une poignée de bénévoles s’active autour de cagettes de légumes. Des produits invendus, récupérés dans deux supermarchés du coin. "On est des cueilleurs de poubelles” plaisante un jeune au look complètement "roots”. "Les restes du magasin bio et d’Intermarché, c’est comme à Noël quand tu ouvres tes cadeaux” commente une autre. Les aliments sont stockés sur des étagères "où les souris se servent”, tandis que les produits frais sont enterrés dans une cave, qui préserve le froid.
Le "Pentagone” sert de salle à manger. Sur le feu central, une pizza posée sur une grille finit de cuire. Je fais la connaissance de Flo, 43 ans, un comédien passionné d’Histoire. Ses bras sont recouverts de tatouages. L’homme est sec et nerveux. En colère contre les "médecins bourgeois”, il me raconte la semaine qu’il vient de passer dans la montagne, pour soigner son mal de dos. Il a préféré consulter un rebouteux, formé par une nonne du Puy-en-Velay… Une cure à base d’argile, d’huile et de massages.
Assise en tailleur, Cloclo, 23 ans, est éducatrice. Visiblement fatiguée, les yeux rougis et la voix stone, cette jeune lyonnaise vit en Presqu’île depuis son enfance. "Entre ici et là-bas, y’a deux réalités complètement opposées. Mais ce n’est pas un mouvement de hippies. Ce n’est pas une question d’utopie, mais de nécessité” explique-t-elle. Mais difficile de rester sérieux quand elle me raconte son rapport à la nature. "J’ai fait un gros câlin à l’arbre et j’ai senti qu’on pouvait communiquer”. Bienvenue dans le monde des Bisounours !
À l’extérieur, sous le soleil, à côté de volontaires qui découpent l’écorce des bois qui serviront à monter la structure d’un nouveau tipi, d’autres sont allongés dans l’herbe, pour un massage du corps réalisé par deux jeunes femmes. À quelques mètres de là, un couple se prélasse dans un hamac, tandis qu’une autre personne, en sueur, retourne la terre du potager. "Chacun fait ce qu’il veut. On ne fait pas l’apologie de l’activité” explique Dawan. "C’est important de pouvoir glander” nargue un paresseux allongé dans l’herbe. En clair, faire les choses quand on a envie de les faire. Et de temps en temps "se bouger pour les autres”.

Du coup j’en profite pour buller moi aussi, en testant le "massage par la vibration” proposé par Nanou, 50 ans, prof d’arts plastiques dans un collège de Haute-Loire. Sa technique consiste à souffler dans un didgeridoo, un instrument de musique à vent, fabriqué en bois d’eucalyptus et utilisé à l’origine par les aborigènes d’Australie, afin d’émettre des ondes sonores le long du corps. Je m’allonge donc sur une planche en bois surélevée par rapport au sol, après avoir préalablement quitté mes chaussures. L’effet relaxant est immédiat. Nanou, qui vit d’habitude dans un appartement avec ses deux chiens, est venue passer quelques jours sur la butte, avec son compagnon.

 Grand Stade : où en est le projet ?

Malgré les nombreux recours administratifs déposés par les opposants à la construction du futur Stade des Lumières, les travaux de terrassement du Grand Stade à Décines continuent. Jean-François Carenco, le préfet du Rhône, s’est même félicité que 9 des 10 recours examinés par le tribunal administratif de Lyon, le 13 mars dernier, avaient été rejetés. Concernant la déclaration d’utilité publique du prolongement de la ligne T3 du tramway, Bernard Rivalta, le président du Sytral et le représentant de l’État dans le Rhône, ont décidé de faire appel. Depuis novembre 2008, cette même juridiction a débouté 26 des 27 recours déposés.


Écologie

Mais vivre dans un camp sauvage nécessite un minimum d’implication. Par exemple sur la colline, il n’y a aucun point d’eau. Du coup il faut descendre remplir les bidons à la fontaine, dans le centre du village, presque tous les jours. "On remonte environ 80 litres d’eau douce par jour” soupire Dawan. Et la remontée du champ, se fait à pied… Pour tout le reste, c’est-à-dire la cuisine, la vaisselle ou la toilette, c’est l’eau de pluie qui est récupérée. Un système simple de bâches tendues, permet aussi d’arroser les plantes et le potager. Les toilettes sont sèches. Un gros sac de copeaux de bois est à disposition. Mais comme il n’existe pas de planning, chacun vide la cuve en fonction de ses envies. Et surtout de ses besoins.
Le respect de la terre et de la nature est un élément important pour les militants. Autour du petit potager, j’aide Éléonore, la trentaine, à arracher les mauvaises herbes. Sur cette butte pérenne, elle a déjà planté des piments, haricots, oignons, salades et de la menthe. Tranquillement, elle prend le temps de m’expliquer ce qu’est la permaculture. Un discours militant bien rodé. Mais quand je lui demande si les graines qu’elle plante sont bio, sa réponse est plus ambiguë. "En fait on plante ce qu’on nous donne…” dit-elle. Et voyant un bidon d’herbicides, je l’interroge. "J’ai trouvé ça là-bas, donc quitte à le jeter, autant que ça serve aux plantes” tente-t-elle. Pas vraiment convaincant.
Des panneaux incitent à jeter les déchets naturels dans une boîte à compost, pour le jardin. Pourtant quand un punk demande où il peut jeter sa peau de banane, on lui indique les buissons. Je prends un air étonné. Mais visiblement, cela ne dérange personne. "C’est biodégradable”. Dans ce cas à quoi sert le compost ? Pour toute réponse, j’ai droit à un regard hagard et à un haussement d’épaules… Le verre est recyclé et les métaux sont triés, par exemple les conserves ou les canettes vides.
Occupation
Depuis la création de la zone, des centaines de personnes se sont rendues sur la colline, le temps d’une soirée. D’autres restent quelques jours. Et enfin certains ne sont jamais repartis. Ici personne ne peut s’approprier un lit ou une place. Même si en réalité, les gens ont tendance à dormir au même endroit. "On a demandé aux anciens de libérer la yourte pour accueillir les nouveaux” raconte une jeune arrivée pendant le week-end. Dans les tipis, les matelas sont roulés contre la toile, pour gagner de la place. Pour maintenir un semblant d’ordre et de la cohésion.
Mais depuis le 30 avril, tous les occupants du campement sont expulsables. "Un huissier est venu nous signaler en décembre qu’on devrait partir. Mais le procès a été reporté” explique Éléonore, les mains dans son potager. En fait les Zad s’installent là où sont prévus des projets de construction, par des grands groupes "capitalistes”, Vinci par exemple. En France, on en dénombre neuf. Comme à l’aéroport de Nantes, le plus médiatisé, ou le projet de rocade pour la Liaison Est-Ouest à Avignon. "La zone de liberté de Décines est belle. Mais avec la route et le stade construits, ça n’aura plus d’intérêt de rester ici” ajoute-t-elle. Car les "résistants” sentent que la fin est proche.
"D’habitude les flics nous comptent tous les lundis. Mais ces derniers temps, ça s’accélère” raconte un militant, qui a passé l’hiver sur place. Au milieu du champ, une immense banderole sur laquelle est inscrit : "Non à l’OL Land”, lance un message d’alerte à la gendarmerie, qui survole le "village libre”. "L’hélicoptère passe cinq fois par jour” assure un militant de passage à la base. La majorité pacifiste prône la non-violence. Mais en cas d’attaque des forces de l’ordre, pour les déloger, certains sont prêts à se défendre.
Car la route qui monte du Grand Stade à Eurexpo devrait passer en contrebas, à travers le champ de Philippe Laya, le berger qui a accueilli une dizaine d’opposants en avril dernier. "Pour faire passer cette route qui va ceinturer encore plus la ville, ce mec s’est fait exproprier pour 1 euro du m2 !” s’emporte un militant. Les "enfants de la butte” voulaient y implanter leur village en autogestion. Mais le berger en a eu marre de voir ses champs piétinés par une bande de jeunes utopistes. Du coup les "beatniks” se sont fait exproprier à leur tour. Avant de se retrouver sur la colline.
Pour se protéger de l’assaut de la police, des renforts sont arrivés de Nantes. Des jeunes activistes, parfois fichés par les services de police, qui viennent partager leur expérience de la lutte. "À Notre-Dame des Landes, c’est une occupation militaire. Mais on a résisté. Si les gens se mobilisent et qu’on est assez nombreux, alors nous aussi on envahira le chantier de l’OL Land” assure Hugo, 23 ans. Avec ses camarades, il construit des barricades autour du campement. Pioche à la main, il termine une tranchée sur une dizaine de mètres, rehaussée de branches. Un mirador doit être hérissé pour apercevoir l’ennemi. Au total, quatre barrages devraient freiner la progression des CRS. "En gagnant une ou deux heures, ça nous laisse le temps de faire rappliquer tout le monde” espère le jeune, très déterminé.
Un exemple de mobilisation réussie motive les troupes, c’est l’occupation du site de La Borie, dans les Cévennes gardoises. Ce projet de construction d’un barrage sur le Gardon, présenté en 1982, avait été annulé en 1992 par le Conseil d’État, suite à la forte mobilisation des villageois et des écologistes. Un modèle qu’espèrent transposer à Lyon les militants de la ZAD.

Utopie

En attendant les CRS, Julicia, 29 ans, organise un atelier cirque pour les enfants. Membre de la Compagnie Les messagers du feu, elle est aussi artificier et mère d’un petit garçon de 3 ans, avec qui elle vit dans la Drôme. Pour accueillir les enfants, un tipi doit être monté dans l’après-midi. Problème, où l’installer ? Certains proposent un terrain plat, situé à l’extérieur du campement, où quatre poteaux en bois sont plantés par paire, face à face.
Pas de filet ni de ligne blanche, mais il s’agit a priori d’un terrain de football. Une évidence qui curieusement, ne saute pas aux yeux de tout le monde… S’en suit une discussion surréaliste. "À quoi ça sert ?” demande un jeune homme. "Ben m’a dit que c’était pour empêcher les camions de passer” répond Julicia. "Ah bon, t’es sûre ?” lui dit le premier. Au bout de 10 minutes de discussion, Dawan intervient enfin : "C’est un terrain de foot, ça se voit quand même !”. Un jeune rebelle propose alors de planter le tipi en plein milieu. "Un acte symbolique” selon lui. Du coup le débat reprend. "Mais on ne va pas gâcher l’énergie du frangin qui a fait ça” coupe un autre. Au final, la décision est prise. Le tipi sera déplacé quelques mètres plus loin, en dehors des limites invisibles du terrain. Une scène vraiment cocasse. "Ici c’est vraiment la colonie de vacances” souffle Antoine, un militant qui a vécu à Notre-Dame des Landes.
La comparaison avec Nantes est cruelle. 80 000 personnes sont attendues le 11 mai pour une grande chaîne humaine afin de protester contre le projet "Ayrault Port”. Pas sûr que le phénomène prenne la même ampleur à Lyon. Combien seront-ils pour défendre un site situé à 1 km à vol d’oiseau de l’OL Land ? Mais pour les occupants, le principal, c’est de se mobiliser. Ici ou ailleurs. Certains pensent déjà à l’après Décines. Et espèrent secrètement semer des Zad partout en France. En s’éloignant du campement, on entend encore au loin les sons du didgeridoo, de l’accordéon et des tam tam. Pour les enfants de la butte, qui vivent au jour le jour, demain, c’est loin.

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