Un nouvel exploit pour Hedrich ?

Date de publication : 09/09/2013

Interview publiée dans Mag2 Lyon de Juillet-Août 2013
En rubrique Sport dans le numéro en kiosque, Tennis. En mettant fin à sa carrière début août à l’âge de 28 ans, Marion Bartoli a pris tout le monde de cours. Pourtant, pour ceux qui la connaissent, cette décision est plutôt logique. L’ex-joueuse de tennis, qui est passée par Lyon pendant sa jeunesse, a toujours fait preuve d’indépendance... Mais aussi, Football. Les premières sanctions du fair-play financier pourraient tomber en 2014. Certains grands clubs européens sont dans le collimateur de l’UEFA. L’Olympique lyonnais de Jean-Michel Aulas peut-il en profiter ?

L’aventurier lyonnais Charles Hedrich se lance dans un nouveau projet un peu fou : relier à la rame les océans Pacifique et Atlantique. Cet ancien chef d’entreprise, amateur de sensations fortes, n’en est pas à son coup d’essai puisqu’il a déjà réalisé la traversée du pôle nord en traîneau, l’ascension de l’Everest, le Dakar… Interview par Stéphane Damian-Tissot.



Dans quel nouveau défi fou vous êtes-vous lancé ?
Charles Hedrich : Je vais ramer pendant plus de 6 000 kilomètres pour relier les océans Atlantique et Pacifique. Je vais passer par le nord du Canada et de l’Alaska pour arriver en mer de Baffin, face au Groenland. J’ai environ 100 jours pour faire cette traversée avant le retour du gel. C’est un paramètre nouveau pour moi car je n’ai jamais été vraiment contraint de devoir respecter un timing.

Cette traversée est-elle une première mondiale ?
A la rame oui, mais ce trajet a déjà été réussi par des aventuriers à la voile. Je l’ai d’ailleurs fait moi-même il y a trois ans. Depuis, la fonte des glaces s’est accélérée et c’est désormais possible de le faire à la rame. Du moins je l’espère ! Sur le bateau, je vais être seul mais s’il y a beaucoup de glace sur le parcours, un de mes fils m’assistera pour tirer l’embarcation qui pèse 220 kg.

Double traversée de l’Atlantique à la rame (2012) Justement, l’eau ne va pas être glacée tout au long du parcours ?
Pas forcément. Il peut y avoir des portions de mer ouverte mais aussi de la banquise. Lorsque j’arriverai dans ces zones, je n’aurai pas le choix, je devrai tirer l’embarcation jusqu’à la prochaine zone d’eau praticable. Le risque, c’est de tomber sur une banquise à la fois trop fine pour supporter mon poids et en même temps suffisamment solide pour m’empêcher de ramer. Ça me ralentirait considérablement.

Vous allez faire des escales pendant ce périple ?
Oui. D’ailleurs j’ai pris de la nourriture pour seulement deux semaines car il ne faut pas que je sois trop lourd à bord. Tout au long de mon parcours, il y a une dizaine de petits villages peuplés notamment d’Inuits et de Tchouktches et j’ai prévu de m’y arrêter.
Certains vivent de manière traditionnelle avec des iglous et des chiens de traîneau et d’autres à l’occidentale, surtout vers le Canada.

Vous partez à bord de quel bateau ?
C’est un bateau en kevlar carbone de sept mètres de long spécialement conçu pour les glaces puisqu’il est très léger. Il peut aussi toucher la banquise sans s’abîmer et, comme il est très léger, on peut donc le tirer sur la banquise. Il est aussi équipé de panneaux solaires, ce qui me permet d’être autonome au niveau de ma consommation d’énergie, car j’en ai besoin pour le GPS, le téléphone satellite et, si j’ai le temps, pour brancher des objets plus ludiques comme une liseuse ou un lecteur DVD.  

Quelles vont être les principales difficultés de l’aventure ?
Il y en a plusieurs mais je dirais que le danger le plus sérieux ce sont les ours polaires. Ils sont dangereux et imprévisibles. Ils peuvent passer à côté de vous sans problème ou vous suivre sur des kilomètres en vous voyant comme un possible casse-croûte. Il y a aussi des orques qui peuvent m’attaquer. Les autres dangers, ce sont bien sûr les blocs de glaces et le vent qui peut me projeter sur les falaises. Mais aussi les crêtes de compression. Ce sont des blocs de banquise qui montent les uns sur les autres et peuvent atteindre jusqu’à 10 mètres.

Il y a aussi le froid !
Ça, c’est beaucoup moins problématique car j’ai l’équipement qu’il faut. On est dans des températures entre -15 et 5 degrés. Ramer par 5 °C, c’est bien plus agréable que sous les tropiques. On transpire moins. La seule chose à laquelle il faut faire attention, c’est de ne pas trop mouiller l’intérieur du bateau pour être au sec pour se reposer.

Combien de temps vous êtes-vous entraîné ?
Je n’ai pas vraiment eu besoin de m’entraîner puisqu’en décembre dernier, je suis revenu d’une aventure de 145 jours à la rame. Depuis, je me suis quand même entraîné sur des lacs de montagne gelés pour tester mon bateau, mes vêtements… J’étais dans des conditions quasiment identiques. J’ai aussi fait du ski avec mes enfants, du vélo et même du tennis.

Est-ce que vous avez déjà réalisé un défi qui s’en approche ?
Oui. Au printemps 2009, j’ai fait la traversée du pôle nord en traîneau. Donc au niveau des conditions climatiques et de l’environnement, ce sera très similaire. Sinon, en termes d’effort, l’aventure que je viens de terminer à la rame, la double traversée de l’Atlantique, s’en rapproche également. Je suis rodé.

Pourquoi vous lancez-vous dans tous ces défis ?
Vraiment pour l’aventure. C’est ma passion. Et si en plus il y a un record de vitesse ou une première, ça renforce mon intérêt pour la chose.

Mais au fond, c’est un peu pour être reconnu !
Non, pas forcément. Ça fait plus de 10 ans que je fais cela et au départ, personne ne s’intéressait à moi. C’est vraiment le défi qui m’intéresse. D’ailleurs, les premières fois, je ne prenais même pas d’appareil photo. Puis j’ai aussi fait le Dakar en moto, le Vendée Globe et l’Ironman de Nice… Des courses que je ne peux pas gagner donc ce n’est pas du tout un besoin d’être reconnu. Même si ça me fait plaisir quand on parle de moi.

Combien coûte cette expédition ?
Depuis presque trois ans, ça ne me coûte plus d’argent personnel puisque la participation des sponsors équilibre mon budget. Pour cette aventure, le coût est d’environ 300 000 euros et une dizaine d’entreprises m’aident. Parmi elles, on retrouve ERDF ou BNP Paribas.

A 55 ans vous n’avez pas envie de raccrocher ?
Vraiment pas. J’ai toujours l’envie, la motivation et surtout les projets. Et ça, j’en ai encore plein en tête. Reste le physique, mais pour l’instant tout va bien. Je me sens aussi fort qu’il y a 20 ans car je compense avec l’entraînement et l’expérience. En voile ou dans les ultra-trails, on peut encore être très compétitif à mon âge.

Mais vous n’avez pas envie d’être plus souvent à la maison ?
Honnêtement non. Mes trois garçons m’ont toujours vu faire des aventures et maintenant ils participent de plus en plus à l’organisation ou à la logistique. Et ma femme est partie prenante dans mes relations avec les partenaires et les médias. Donc tout le monde est intégré dans mes aventures. D’ailleurs, prochainement, je pense me lancer dans une autre aventure et faire un tour du monde à la voile, en multicoque et en solo. Mais c’est un projet de 4 millions d’euros donc pour l’instant, je n’ai pas les fonds.

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