Photoweb Le leader des livres photos

Date de publication : 06/11/2013

Livres photo, calendriers, faire-part… Photoweb, basé à Fontaine, près de Grenoble, est un des leaders du tirage photo sur internet. La recette d’Étienne Descure, son PDG : privilégier une évolution prudente basée sur ses fonds propres. Par Simon Jousset

Comment est né Photoweb ?
Étienne Descure :
L’entreprise a été lancée en février 2000 par Philippe Bianchetti, un entrepreneur grenoblois. Je l’ai reprise quatre mois plus tard, alors que j’étais encore étudiant à l’École de commerce de Grenoble. Je voulais vraiment être chef d’entreprise, même si je connaissais mal ce secteur de la photo sur internet.

Parce que cette start-up ne marchait pas ?

Philippe Bianchetti souhaitait passer la main car il sentait que ça allait être un peu laborieux… En 2000, c’était le début des appareils photo numériques. Une imprimante personnelle était souvent vendue avec pour faire les tirages photos, ce qui nous concurrençait. Je crois que la première année on a dû faire 30 000 ou 40 000 euros de chiffre d’affaires. Donc c’était balbutiant. Ça n’a vraiment pris qu’au bout de trois ans.

Comment avez-vous tenu pendant trois ans ?

Avec Hervé Allibe, un de mes amis qui est aujourd’hui directeur opérationnel de production, on travaillait dans un appartement. C’était très rudimentaire. À un moment je ne me payais pas, ce qui nous a permis, en ayant très peu de charges fixes, de résister, contrairement à bon nombre de nos concurrents. Les premières années, il n’y avait pas d’ADSL, le client était obligé de payer chaque minute de communication internet. C’était donc plus cher, plus lent, plus fastidieux que le commerce traditionnel !

Pourquoi avez-vous persévéré ?

Je croyais en l’avenir du marché. Et puis quand on a le nez dans le guidon, souvent on ne se pose pas trop de questions. Mais c’était un mal pour un bien. Cette période difficile m’a permis d’apprendre les bases de la gestion, de ne pas trop dépenser, de se focaliser sur ce qui est le plus important pour l’entreprise, de croître petit à petit.

Quelles ont été les grandes étapes de la croissance de votre entreprise ?

À partir du moment où l’ADSL s’est développée, on a acheté une machine plus performante. Du coup, l’activité a commencé à croître. Par la suite on a développé des produits personnalisés, comme les livres photos, fin 2005. Aujourd’hui ce sont les produits que nous vendons le plus. Photoweb, c’est désormais 300 000 tirages photos par jour.

Quel est le chiffre d’affaires de votre entreprise ?

En 2012, on était à 20,5 millions d’euros de chiffre d’affaires. Pour cette année, on pense réaliser aux alentours de 22 millions d’euros. On est contents parce qu’on arrive à grossir chaque année tout en gardant une bonne rentabilité. On finance la croissance nous-mêmes en nous basant sur nos fonds propres. Notre résultat net était de 1,6 million d’euros en 2012. Et on vise + 20 % en 2013. Avec 140 salariés. On passe même à 215 en novembre et décembre, période où nous réalisons 40 % de notre
chiffre d’affaires.

Quelles sont désormais vos parts de marché ?

15 à 20 % en France. Ce qui nous place en 2e position derrière Photobox. On n’a jamais voulu être le leader pour être le leader, on a toujours privilégié la sécurité. Comme on n’a jamais levé de fonds, on a essayé de miser davantage sur le bouche-à-oreille, rendu possible grâce à l’album photo, qui se partage. Du coup c’est ce cercle vertueux qui nous a fait progresser. C’est un petit peu plus long mais c’est plus stable, et surtout c’est gratuit, ça nous évite de grandes campagnes de communication.

Mais avec le numérique, les clients n’impriment plus leurs photos…

Il y a toute une catégorie de la population qui reste attachée à des supports physiques. C’est plus convivial, que ce soit pour montrer ses photos ou pour faire un cadeau. La deuxième raison c’est la longévité. On a tous un album photo de nos parents, sur lequel on est retombé un peu par hasard, et ça c’est vraiment appréciable. Les pères et mères de famille ont vraiment gardé cet attachement. Par contre il y a d’autres catégories de la population qui y sont moins sensibles, les jeunes notamment. On s’est donc concentrés sur ce segment de marché, plutôt familial. Le gros de notre clientèle, ce sont des femmes qui ont entre 25 et 45 ans. Enfin, on essaie d’être innovants.

Comment être innovant sur ce marché ?

On propose des nouveaux produits qui mettent en scène les photos. Au-delà d’avoir un simple archivage, cela permet d’avoir une véritable histoire, il y a une valeur ajoutée supplémentaire. Il y a une mise en scène de l’histoire familiale à travers ces livres photos.

Comment résistez-vous à la concurrence ?

Au début nous avons proposé des prix plus compétitifs. Nous visions le low cost. Puis les prix du marché sont devenus anormalement bas, car certaines entreprises qui avaient levé des fonds importants voulaient conquérir des parts de marché comme ça. Du coup on s’est plus positionné sur la qualité, ce qui s’est avéré payant. Le panier moyen est aujourd’hui de 30 euros.

Quels sont désormais vos projets ?

On déménage en mars 2014 à Saint-Égrève, à quelques kilomètres. Cela va nous permettre de consolider l’entreprise, d’être propriétaire du bâtiment, de nous faire des fonds propres et surtout d’avoir plus de place. Nous allons avoir 7 500 m2, contre 4 000 m2 actuellement. C’est un gros progrès.

Pourquoi ne pas vendre vos produits à l’étranger ?

J’ai toujours souhaité rester sur le marché français parce qu’en termes d’évolution d’entreprise, cela aurait été trop hasardeux et cher de nous attaquer à d’autres marchés. On a toujours privilégié la sécurité. Et puis d’autres entreprises sont déjà implantées à l’étranger. On le fera peut-être à l’avenir mais pour l’instant ça ne nous semble pas la priorité.

Comment voyez-vous l’évolution du tirage photo ?

Les besoins en tirage photo classique tendent à diminuer, on s’oriente plus vers le tirage sous forme de livres et de produits personnalisés. Il y a de belles perspectives pour augmenter le marché. Si on s’endort ça va stagner, par contre si on arrive à innover, à bien anticiper les besoins de la clientèle, je pense que ça peut progresser.

Interview publiée dans Mag2 Lyon d’octobre, retrouvez chez votre marchands de journaux le numéro de novembre
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