Biennale interactive et originale

Date de publication : 06/11/2013

Jusqu’au 5 janvier, l’art contemporain se décline sous toutes ses formes à la Biennale. Mag2 Lyon a visité les deux sites principaux de l’exposition internationale, la Sucrière et le Mac. Par Simon Jousset


On a aimé
Des œuvres interactives. Pas de doute, on en prend plein les yeux en pénétrant dans l’univers étrange de l’art contemporain à la Sucrière. La première œuvre présentée, celle de Dan Colen, laisse augurer beaucoup d’interactivité pour le visiteur. En découvrant quatre sculptures, dont l’une de l’artiste lui-même, affalées au sol, on a envie de tourner autour, de parcourir toute la pièce réservée à l’œuvre. Et même plus, puisqu’à bien y regarder, l’œuvre utilise presque tout le rez-de-chaussée de la Sucrière. Une réussite. Même chose pour Antoine Catala, au Mac cette fois : ici l’artiste utilise les potentialités de la vidéo, du son, des odeurs, et a même recours à l’holographie. Le visiteur influence l’œuvre par ses déplacements, tourne autour des objets présentés. C’est lui qui crée le récit de l’œuvre, si cher à Gunnar B. Kvaran, le commissaire de cette 12e édition de la Biennale de Lyon, qui a placé cette dernière sous le thème de la narration.

Des créations originales. Le commissaire islandais a voulu mettre l’accent sur les jeunes, afin de leur permettre d’exposer leurs œuvres à la Biennale de Lyon. Une bonne partie des 77 artistes qui exposent, sont nés après 1980. Un coup de jeune qui permet de découvrir des artistes méconnus. Et la bonne surprise, c’est que la plupart des œuvres exposées, sont des créations originales, réalisées pour la Biennale de Lyon, ce qui confère à cet événement une vraie identité.

Un large choix. Nouveauté cette année, deux lieux d’exposition viennent s’ajouter à ceux de la Sucrière, du Mac et de la fondation Bullukian. En effet, l’église Saint-Just et la Chaufferie de l’Antiquaille accueillent chacune les œuvres d’un artiste. L’exposition internationale est donc répartie dans cinq lieux, tous accessibles avec le même ticket. Cela permet de visiter à son rythme les différents sites, sur plusieurs jours, et éviter ainsi l’indigestion. Autre avantage : celui de pénétrer à chaque fois dans un lieu d’exposition différent, avec son ambiance, ses thèmes. Et pour le visiteur qui en redemande, la Biennale se décline également sous deux autres projets : Veduta, qui fait rentrer l’art contemporain chez les particuliers, avec la possibilité de visiter des œuvres exposées dans 70 appartements et maisons . Et Résonance, qui met en valeur 150 lieux de la région, galeries, institutions, associations… Bref, la Biennale de Lyon est d’une densité impressionnante.

On n’a pas aimé

Des œuvres, ça ? Même
si quelques œuvres sortent du lot et nous racontent des histoires, épousant ainsi parfaitement le thème de cette 12e Biennale, il faut en revanche se creuser la tête pour comprendre ce que certains artistes ont voulu exprimer. On comprend mieux alors pourquoi l’art contemporain est parfois qualifié d’élitiste ou réservé aux "bobos”. Ainsi par exemple l’œuvre d’Alice Lescanne et de Sonia Derzypolski, des cartons accrochés au mur, les uns au-dessus des autres, peut donner au visiteur l’impression qu’on se paie un peu sa tête.

Des vidéos pas toujours traduites. Les artistes contemporains ont souvent recours à la vidéo et au son, c’est particulièrement vrai cette année. Des supports bien adaptés pour nous raconter des histoires. Dans cette Biennale, on trouve donc de nombreux films courts avec des dialogues. Mais beaucoup d’œuvres sont en langue étrangère. Certaines proposent des sous-titres en français, mais c’est loin d’être le cas pour toutes. Difficile alors de saisir l’œuvre, de comprendre le message que l’artiste a voulu faire passer. Dommage.

Verdict.
Le nombre d’œuvres exposées lors de cette 12e  Biennale est impressionnant. Les fans d’art contemporain en auront pour leur argent. Ils apprécieront sans doute de découvrir de jeunes artistes peu connus. En revanche, pour les non initiés, certaines œuvres pourront franchement les rebuter.

Pratique : Du 12 septembre 2013 au 5 janvier 2014, du mardi au vendredi, de 11h à 18h et le week-end de 11h à 19h. Nocturnes et ouvertures exceptionnelles, voir site internet : biennaledelyon.com. Cinq lieux d’exposition : la Sucrière, le Musée d’art contemporain, la fondation Bullukian, la Chaufferie de l’Antiquaille et l’église Saint-Just. Le billet donne accès à chaque site. Plein tarif, 13 euros ; réduit, 7 euros.

Article publié dans Mag2 Lyon d’octobre, retrouvez chez votre marchands de journaux le numéro de novembre
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