“Nous avons un beau potentiel”

Date de publication : 12/05/2014

14 ans après l’avoir quittée, le Lyon Hockey Club retrouvera la saison prochaine la Ligue Magnus, l’élite de la discipline. Stéphane Berthet, le président du club, espère que cette montée participera au développement du hockey sur glace, encore méconnu en France et dans la région. Interview.

Qu’est-ce qui vous a empêché, jusqu’à présent, d’accéder à la Ligue Magnus ?

Stéphane Berthet : Cela ne fait en réalité que deux ans que le club est en capacité d’atteindre ce niveau. L’an dernier, nous avions échoué en finale et cette année nous y sommes finalement arrivés. Sur la fin, cela se jouait sur des détails sportifs mais nous avions l’envergure pour y parvenir.

Quelles sont vos ambitions pour la saison prochaine ?

Il ne faut pas se mentir, on ne va pas courir après un résultat dès la première année. On va surtout chercher à se maintenir au plus haut niveau. Cela nous permettra d’emmagasiner une expérience qui sera profitable par la suite. Il faut être humble au début, apprendre à se frotter aux meilleurs, avant d’espérer quoi que ce soit.

Votre budget va augmenter ?

Oui c’est inévitable. Aujourd’hui notre budget est juste supérieur à un million d’euro. On prévoit qu’il soit de 1,4 million d’euros pour la saison prochaine.

D’où vont venir ces 400 000 euros supplémentaires ? 

On va augmenter le montant de la participation de nos partenaires. Les collectivités peuvent également nous aider.

Le hockey est un sport qui intéresse les investisseurs en Rhône-Alpes ?

De petite importance mais oui. Ce qui les intéresse c’est l’humain, le challenge, plus que les gains éventuels à tirer.

Pouvez-vous aussi compter sur l’engouement du public lyonnais pour ce sport ?

On est déjà le club qui attire le plus de visiteurs en France, toutes divisions confondues ! 3100 personnes viennent en moyenne assister à nos matchs dans notre patinoire. Nous pouvons donc devenir un club qui compte grâce à cet aspect-là. Nous avons un beau potentiel. Pour survivre dans le sport professionnel, la partie la plus importante du travail consiste à faire venir du monde à nos rencontres. Mais une bonne affluence ne signifie pas forcément que les résultats seront bons sur le terrain. L’aspect sportif demeure déterminant.

L’affluence est encore loin du championnat d’Amérique du Nord, la NHL !

C’est vrai, au niveau de l’affluence dans les patinoires, la NHL, c’est incomparable ! Nous avons en France des sports comme le Hand qui sont arrivés à tirer leur épingle du jeu et qui attirent de plus en plus de monde. Mais c’est sûr qu’en Hockey, les Canadiens et les Américains se situent encore dans le haut du panier.

Alors comment développer l’attrait de la discipline en France?

En fait, jusqu’en 2006, le hockey sur glace dépendait de la Fédération Française des Sports de Glace et était donc peu médiatisé car géré en cohabitation avec plusieurs autres disciplines. Depuis, le hockey a monté sa propre fédération et a pu se développer bien plus rapidement. Des investissements sont régulièrement réalisés et donnent toujours plus de sens et de visibilité à notre sport au niveau national. Mais il reste encore beaucoup de travail à fournir avant que notre sport devienne attractif en France.

Être situé dans le quartier en mutation de la Confluence donne des raisons d’y croire ?

Oui totalement ! L’arrivée de la région Rhône-Alpes et du centre commercial, pour ne citer qu’eux, ont rendu le secteur bien plus vivant. Notre patinoire Charlemagne est devenue visible pour davantage de personnes et j’ai ainsi pu observer une hausse des fréquentations.

À Lyon, n’est-ce pas difficile de se développer face à l’omniprésent OL ?

Je pense qu’il y a de la place pour tout le monde à Lyon et personne ne cherche à nous faire de l’ombre. Il y a déjà l’ASVEL au basket, l’OL au football, l’ASUL au volley et bientôt le LOU. La ville se dote d’une dimension sportive et c’est quelque chose de bénéfique pour tout le monde.

Est-ce que cette montée en ligue Magnus va vous permettre d’avoir une nouvelle patinoire ?

La ville de Lyon nous a fait savoir qu’elle nous soutenait dans notre remontée et qu’elle était prête à nous aider. C’est encore au stade des discussions mais nous réfléchissons à d’éventuels travaux sur la patinoire actuelle et espérons un accompagnement financier qui serait plus conséquent.
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