Le Mud phénomène

Date de publication : 09/12/2014

Dimanche 7 septembre. 10h. Près de 400 personnes se massent au départ du Mud Day qui se déroule autour du Lac de Vénérieu en Isère. Beaucoup de trentenaires, mais aussi des familles et pas mal de femmes prêtes à en dé- coudre. Il y a un départ toutes les 20 minutes. Il fait beau. Mais de toute façon, aucune importance. Pour ce genre de compétition, la météo ne compte pas. Car les "Mud guy” ont un objectif: finir le parcours boueux de 13 km parsemé de 22 obstacles tous plus difficiles les uns que les autres : course avec les mains liées, traversée d’eau sur un pont de singe, passage sous des barbelés... Pourtant, aucun rapport avec le service militaire. Les participants sont enthousiastes et volontaires. Ils doivent avant tout faire preuve de combativité mais aussi d’esprit d’équipe et de solidarité pour aller jusqu’au bout. "Je sais que ça peut sembler dingue, mais on s’éclate vraiment” explique Cédric, un des concurrents venu de la Loire. À 33 ans, il n’est pas particulièrement sportif, mais il est venu avec trois potes pour "dépasser ses limites” et "découvrir de nouvelles sensations”.

Ce sont au total plus de 9000 personnes qui vont défiler sur le week-end. De quoi satisfaire les organisateurs, à savoir Amaury Sport Organisation, un des principaux promoteurs d’événements sportifs en France, avec des compétitions comme le Tour de France ou la Paris-Roubaix. C’est dire si cette manifestation qui s’apparente de prime abord à un bizutage d’étudiants est prise très au sérieux. À 65 euros minimum l’inscription, l’enjeu économique est même très important.

FUN

Ces courses d’obstacles dans la boue ont été importées des États-Unis et surtout de Grande Bretagne où le concept est né en 1987. Elles y rencontrent depuis un succès fulgurant. De la Death Race réservée aux sportifs, limite militaires..., à la Muddy Run ou la Frappadingue plutôt déjantées car déguisées, en passant par la Tough Mudder ou le Mud Day, elles sont une véritable alternative à la course à pied, considérée parfois comme ennuyeuse. Il y a même des Color Run où le participant est aspergé de couleurs au fil de l’épreuve, ou l’Electric Run, une course nocturne son et lumières.
Mais ce n’est qu’en 2010 que les Mud ont vraiment débarqués en France. Quatre ans plus tard, ce sont près de 40 épreuves qui sont organisées en France dont trois à Lyon. "On a été les premiers mais on a très vite été suivis” explique Marc Devins, l’organisateur de la Frappadingue. Cet ancien géomètre organisait chaque année une course "plaisir” dans le Pas de Calais, mais il s’est rendu compte que plus il ajoutait d’obstacles et des difficultés, plus les participants s’éclataient. Programmée sur un week-end, sa course, qui est précédée d’une journée festive avec concert et bonne bouffe, est une des plus demandées. Même si à Lyon, en mai dernier, il le concède, le succès n’a pas été au rendez-vous. Il n’a réuni "que” 2 500 per- sonnes, autour du lac de Miribel-Jonage. Un demi-échec qu’il attribue à un manque de communication mais aussi à un public lyonnais difficile à conquérir. Alors même que son épreuve de Courchevel fait un véritable carton.

Ce que ne l’empêche pas d’annoncer sa prochaine édition, toujours au même endroit, le 24 mai 2015. Ce qui n’a pas empêché non plus la grosse machinerie ASO de venir en septembre dernier, pour sa première édition près de Lyon, rassemblant cette fois 9 000 participants contre 13 000 pour le Mud Day parisien. "Le bilan est bon et on reviendra l’année prochaine” explique Pascal Quatrehomme, directeur des Mud Day pour le groupe. Mais le 19 octobre prochain, c’est bien un Lyonnais qui va proposer sa propre formule, Lyon Extra Race. Il s’agit de Sébastien Olive, un spécialiste des épreuves sportives puisqu’il organise la mythique Sainté-Lyon. "Avec cette course, mais aussi nos trails, nous drainons une véritable communauté qui s’est montrée intéressée par le Mud. Nous avons donc lancé ce projet dès 2012, mais nous avons mis du temps à trouver un site” raconte Sébastien Olive qui, du coup, s’est fait coiffer au poteau. Mais il est confiant car sa compétition aura lieu à Eurexpo. "C’est décisif. Le site est accessible en transports en commun et il autorise des obstacles outdoor et indoor. De plus, on propose des obstacles originaux”. Son objectif : 5 000 participants.
Ce que ne l’empêche pas d’annoncer sa prochaine édition, toujours au même endroit, le 24 mai 2015.
Ce qui n’a pas empêché non plus la grosse machinerie ASO de venir en septembre dernier, pour sa première édition près de Lyon, rassemblant cette fois 9 000 partici- pants contre 13 000 pour le Mud Day parisien. "Le bilan est bon et on reviendra l’année prochaine” explique Pascal Quatrehomme, directeur des Mud Day pour le groupe. Mais le 19 octobre prochain, c’est bien un Lyonnais qui va proposer sa propre formule, Lyon Extra Race. Il s’agit de Sébastien Olive, un spécialiste des épreuves sportives puisqu’il organise la mythique Sainté-Lyon. "Avec cette course, mais aussi nos trails, nous drainons une véritable communauté qui s’est montrée intéressée par le Mud. Nous avons donc lancé ce projet dès 2012, mais nous avons mis du temps à trouver un site” raconte Sébastien Olive qui, du coup, s’est fait coiffer au poteau. Mais il est confiant car sa compétition aura lieu à Eurexpo. "C’est décisif. Le site est accessible en transports en commun et il autorise des obstacles outdoor et indoor. De plus, on propose des obstacles originaux”. Son objectif : 5 000 participants.

ULTRA RENTABLE

Comment expliquer un tel succès? D’abord, ces Mud touchent une cible beaucoup plus large que celle des spor- tifs du marathon. "Nous avons un tiers de femmes, 20 % de sédentaires contre 45 % de sportifs au sens large...” argumente Marc Devins de la Frappadingue. "Et même si la moyenne d’âge est de 32 ans, on voit de tout, comme des parents avec leurs enfants.” ajoute-t-il. "C’est une épreuve intergénérationnelle” confirme Pascal Quatrehomme d’ASO qui insiste justement sur l’absence de compétition et de chrono, l’objectif étant de finir, de prendre du plaisir et surtout de s’entraider pour passer les obstacles. Des valeurs qui ne sont pas si fréquentes dans le sport. "Il y a clairement un phénomène commu- nautaire du style "j’y étais” avec des participants qui font même des selfies sur les obstacles”, renchérit le Lyonnais Sébastien Olive.

La plupart des participants s’inscrivent en effet par équipe. Et promettent de revenir l’année suivante. "Il y a un taux de satisfaction de 90 %” explique Pascal Qua- trehomme. Ce qui garantit un bel avenir à cette compéti- tion ? "En réalité 10 à 15 % seulement reviennent, parce qu’ils zappent, ont autre chose à faire” tempère Sébastien Olive qui parle d’une cible volatile, qu’il faut sans arrêt reconquérir.

Résultat, la concurrence est désormais particulièrement âpre dans un marché presque saturé mais qui reste très rentable. Si personne ne communique sur ses chiffres, il semblerait que, malgré les exigences fortes de sécurité, le matériel soit amorti en 7 courses. Car il faut compter 50 euros par participant. De plus, ces Mud attirent de plus en plus de sponsors. Comme Deezer, Samsung, Nis- san. Des sponsors attirés par le profil atypique des cou- reurs. Ce qui explique que le puissant groupe ASO tente désormais de contenir la concurrence. Sébastien Olive de Lyon Extra Race et Marc Devins de la Frappadingue ont tous deux été approchés. Mais ces indépendants n’ont pas donné suite. "Il y a de la place pour tout le monde” rassure Pascal Quatrehomme, d’ASO. Jusqu’à quand ?

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