Nouvelle activité : la corbeille de fruit

Date de publication : 12/01/2015

Cette rubrique est ouverte aux Lyonnais qui se lancent ou qui ont déjà réalisé un bon départ. Ce mois-ci Eric Charpentier qui a lancé à Lyon le premier service de livraison de fruits dans les entreprises. Une idée dénichée lors d’un séjour à l’étranger.


Comment avez-vous créé Pause Fruitée ?
Eric Charpentier :
Après une formation d’expertise-comptable à Lyon 3 puis un Master de contrôleur de gestion à Lille, j’ai travaillé chez Sanofi qui m’a envoyé en mission professionnelle au Danemark. C’est là que j’ai découvert ce concept de mise à disposition gracieuse de corbeilles de fruits pour les salariés. Au départ, les entreprises voulaient les encourager à mieux se nourrir. Ces pauses fruitées se sont aussi révélées plus conviviales que les pauses cigarettes ou cafés car elles rassemblent davantage de salariés. A mon retour, il y 5 ans, je me suis donc lancé à Lyon en déposant la marque Pause Fruitée.
Les débuts se sont-ils bien passés ?
Cela a été très lent. J’ai commencé chez mes parents qui m’aidaient à préparer les corbeilles de 5h à 8h du matin avant de les livrer. L’approvisionnement s’est avéré compliqué au début. Les producteurs de fruits étaient d’accord pour me fournir mais pas pour me réserver une quantité précise. Ils préféraient vendre au plus offrant.
Est-ce que les entreprises lyonnaises ont apprécié votre initiative ?
J’ai démarré avec quelques sociétés qui ont accepté de tester la formule. Boiron, le célèbre spécialiste de l’homéopathie, mais aussi Yole, une PME de marketing installée à Villeurbanne, ou encore Santos, leader des blender pour jus de fruits destinés aux professionnels de l’hôtellerie et de la restauration.
Pourquoi d’autres entreprises se sont-elles montrées plus réticentes ?
Parce qu’elles n’osaient pas être les premières à offrir une corbeille à leurs salariés. Certaines voulaient d’abord voir si leurs voisins se acceptaient. D’autres considéraient que c’était de l’argent investi à fonds perdus. Mais en fin d’année dernière, on a senti un véritable déclic. On livre désormais Mérial, Total, la SNCF...
Combien ça coûte ?
De 30 à 50 euros pour environ 8 kilog de fruit bio qui viennent de la région Rhône-Alpes à hauteur de 30 % en hiver et de 70% en été. On propose des pommes, des poires, des raisins, des prunes, des clémentines, des oranges, des kumquats... Parfois, on fait découvrir des fruits comme les Nashi, des pommes en forme de poire. Ou des mini kiwi.
Comment expliquer ce déclic ?
Les entreprises sont aujourd’hui sensibles à tout ce qui peut améliorer le cadre de travail des salariés car cela réduit l’absentéisme. Surtout dans une période où les augmentations de salaires sont rares. Elles intègrent par exemple la corbeille dans leurs services de conciergerie. Les salariés passent prendre un fruit le jour de notre livraison et ils en profitent pour laisser leur veste au pressing par exemple.
Cela fonctionne par abonnement ?
Oui, 90% de nos clients choisissent de se faire livrer au moins une fois par semaine, ce qui leur permet d’avoir une réduction d’environ 10%. En moyenne, c’est une corbeille par entreprise. Des grands groupes en prennent davantage. Par exemple six pour Sanofi à Gerland. D’autres rajoutent une seconde commande à certaines occasions, par exemple lors d’un comité de direction.
Quel chiffre d’affaires réalisez-vous ?
Environ 250 000 euros pour un résultat à l’équilibre avec trois salariés à temps plein et parfois un renfort.
Vos principales contraintes ?
Les gros jours de livraisons. Généralement le lundi et mardi car toutes les entreprises souhaitent être livrées en début de semaine.
Comment vous êtes-vous rapprochés des Vergers de Gally ?
Ils avaient créés ce service en 2004 à Paris puis à Lille. Pour Lyon, ils m’ont contacté en proposant de nous associer. J’ai vendu mes parts en 2013 et je suis désormais responsable de l’antenne lyonnaise.
Combien avez-vous vendu vos parts ?
Je ne peux pas le dire. C’est une belle opération pour moi et pour eux puisqu’on a doublé notre chiffre d’affaires cette année.
Des pistes de diversification ?
Oui. La corbeille événementielle. On en livre de plus en plus les jeudi et vendredi.  On a aussi acheté des blender à Santos pour assurer des animations Open Juice. A l’occasion d’événements ou pour une opération ponctuelle dans une entreprise. On l’a fait par exemple pour les 600 salariés de la Caisse d’Epargne. Cela coûte environ 1,90 euros par salariés à partir d’un certain nombre. Pour une cinquantaine, on est plutôt à 3,50 euros.
Que vous répondent les entreprises qui ne veulent toujours pas de vos corbeilles ?
Il n’y a aucun refus de principe. En période de crise, le prix peut être encore un frein. Mais on a notre offre bio avec Pause Fruitée et désormais une offre non bio environ 15% moins cher avec les Vergers de Gally.
Mais les traiteurs lyonnais ne se sont pas lancés sur ce créneau pour vous concurrencer ?
Non. Aujourd’hui encore, on est les seuls à le faire à Lyon. Et rien n’est jamais acquis. Dans les pays du Nord où c’est devenu une habitude comme la Belgique, la Hollande et la Suisse, c’est livré dans de vieilles corbeilles sans présentation particulière. Au contraire, nous devons beaucoup travailler l’esthétisme. On a aussi un partenariat avec le Centre Léon Bérard. Les fruits sont offerts par l’entreprise mais les salariés peuvent laisser une pièce dans l’urne associée à la corbeille. Ce qui permet de récupérer 2 000 à 3 000 euros par an pour la lutte contre le cancer.
Qu’est-ce que votre corbeille a de particulier ?
Elle est éco-concue. Fabriquée en France sans plastique et avec des matériaux recyclés, elle est réutilisable pendant deux ans. On l’a bien marketée pour que les salariés voient qu’il s’agit d’un geste de l’entreprise et non d’un collègue qui aurait amené des fruits. On peut la livrer sur une table de l’entreprise ou sur un trépied conçu avec la SEPR. Ses élèves nous ont présentés des projets et on a fait fabriquer en série le modèle retenu pour le livrer chez nos clients.
Vous pensez encore doubler votre chiffre d’affaires l’année prochaine ?
Non. Mais on devrait attendre les 350 000 euros ce qui représentera déjà une belle progression. On va avancer par palier. On envisage de recruter un nouveau commercial et un livreur à temps plein. Les perspectives sont très intéressantes si on étudie ce qui se passe à Paris où les Vergers de Gally livrent chaque semaine 2 000 paniers dans 1 200 entreprises. Avec une concurrence déjà forte puisqu’il y a déjà sept acteurs car le livraison de corbeilles de fruit est devenue une activité à part entière.
Les salariés s’y habituent ?
Oui. On a un client à Ecully qui avaient arrêté nos livraisons pour des raisons budgétaires. Il y a eu une pétition des salariés pour demander sa reprise. Du coup, on continue. Du fait de la connotation santé des fruits désormais bien établie par les campagnes publiques, les salariés qui bénéficient de ces corbeilles, se sentent mieux considérés par leur patron. C’est un signe de reconnaissance.
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