Environnement : les projets contestés

Date de publication : 09/02/2015

Les travaux du Center Parcs de Roybon viennent d’être stoppés par le tribunal administratif de Grenoble. Cette décision a calmé les tensions qui s’envenimaient sur le site mais plusieurs projets demeurent sensibles en Rhône-Alpes. Mag2 Lyon fait le tour d’horizon et liste les autres "Sivens”...

HAUTE-SAVOIE
Le tunnel sous le Semnoz

Pour résorber les difficultés de circulation sur la route départementale 1508, au sud d’Annecy, un tunnel doit être construit entre les villes de Seynod et Sevrier. Il sera long de 3 km et passera sous le Semnoz, une montagne qui surplombe la rive ouest du lac. Du point de vue des financements, la construction du tunnel sera prise en charge par le Conseil général, à hauteur de 142,5 millions d’euros. L’agglomération d’Annecy et les communes concernées devraient prendre en charge l’accès au tunnel. Tout semble donc finalisé mais les associations écologistes sont sur les rangs. Le problème ? Le "tout voiture”. "C’est un projet vieux de 40 ans, né dans le contexte du tout voiture. C’est une mauvaise solution qui ne fera que déplacer les flux de circulation et risque d’ouvrir la rive Ouest du lac à une pression d’urbanisation”, dénonce la Frapna 74. Pour contrer cet argument, le Conseil général et la communauté d’agglomération d’Annecy prévoient d’une ligne de bus à haut niveau de service entre Annecy et Faverges.
Le chantier n’a pas encore été lancé et les opposants n’occupent pas le terrain. En plus de la Frapna 74, ce futur tunnel est dénoncé par des politiques locaux et notamment la liste divers droite Sévrier autrement.

Le Centre de congrès d’Annecy    
Le futur Centre de congrès d’Annecy, porté par la communauté d’agglomération, doit voir le jour sur la presqu’île d’Albigny. Il doit s’étendre sur 10750 m2 mais rencontre une vive opposition. En effet, cette presqu’île a été jusque-là très préservée puisque les constructions actuelles n’occupent que 7,5% de l’espace et les associations d’opposants craignent que ce futur bâtiment bafoue la loi littoral. Autre point de crispation : la ville d’Annecy compte déjà un lieu d’accueil pour les congrès et séminaires : l’Impérial Palace. "Cet établissement tout proche présente un déficit annuel de centaines de milliers d’euros, renfloué par de l’argent public. Il serait donc irresponsable d’engager un tel investissement et de provoquer des dégâts irréversibles pour des bénéfices tout à fait hypothétiques”, dénonce la Frapna 74. Face à ces arguments, la communautés d’agglomération brandit également des chiffres : 70 millions d’euros de retombées économiques attendues par an pour le bassin annécien.
Plusieurs associations d’habitants se sont créées contre le Centre des congrès : le collectif contre le centre des congrès d’Annecy, Défense de la presqu’île d’Albigny, Non au Centre des congrès... L’an dernier, une pétition avait réuni 16 000 signatures et une manifestation avait réuni 400 personnes. Aujourd’hui, la mobilisation continue avec des réunions publiques et des actions en ligne via les blogs et page Facebook des collectifs. Pour autant, le projet avance puisque la communauté d’agglomération devrait avoir acquis tous les terrains en 2015.

LOIRE
La réhabilitation du barrage des plats

Les tensions s’accentuent autour du barrage des plats à Saint-Genest-Malifaux. En effet, le projet prévoit la reconstruction et la remise en eau de l’édifice de 22 m de haut qui n’était plus en service depuis 2005. Il est porté par le syndicat intercommunal des barrages, qui regroupe les communes de Firminy, Unieux, Fraisses et Saint-Paul-en-Cornillon, et vise à satisfaire les besoins en eau potable du territoire. Les travaux ont d’ailleurs déjà commencé et sont pratiquement terminés mais avait été stoppés en novembre 2013 par le Tribunal administratif de Lyon. Un nouvel arrêté préfectoral datant de mars 2014 a remis le chantier en route. Aujourd’hui, les militants écologistes et la Frapna de la Loire se mobilisent car la rivière sur laquelle se trouve l’ouvrage, la Semène, "est la dernière à l’état naturel autour de Saint-Étienne". Pas question de bloquer l’avancée des travaux ou de le faire arrêté, ce dernier est bien trop avancé. La Frapna souhaite au minimum qu’un couloir de dérivation soit mis en place pour préserver la qualité de cette eau et permettre la circulation des sédiments et des poissons. Elle a déposé une requête contre le dernier arrêté afin de provoquer le dialogue.

L’usine stockage de produits chimique SNF
L’usine située à Andrézieux-Bouthéon souhaite doubler ses capacités de production d’acrylamide passant ainsi de 75000 tonnes à 150000 tonnes par an. Pour cela, elle veut étendre son site. Les riverains s’inquiètent et demandent au Préfet de demander une "expertise neutre et indépendante” pour connaître les risques. Les associations d’opposants s’alarment que le doublement de la capacité n’implique pas une augmentation du périmètre de sécurité. Une pétition a été lancée et a recueilli 650 signataires.

RHÔNE
L’A45 entre Lyon et Saint-Étienne     


C’est un projet vieux de 21 ans mais dont le tracé fait toujours débat. Cette future autoroute doit relier Lyon à Saint-Etienne et permettre de désengorger l’A47. Sur 52 km, le futur tracé prévoit4 tunnels, 11 viaducs et 5 échangeurs. L’avantage pour les automobiliste ne fait pas de doute. Mais les associations écologistes s’inquiètent pour l’habitat et le passage pour les animaux. Ces mises en gardes ne semblent pas être entendues puisque les élus locaux, reçus au ministère des transports en décembre dernier, ont confirmé que les appels d’offres pour les concessionnaires étaient en route.

Une usine de méthanisation à Corcelles-en-Beaujolais  

Le projet est de construire une usine de méthanisation sur plusieurs communes du Beaujolais dont Dracé, Corcelles, Saint-Jean-d’Ardières, Taponas, Lancie, Romanèche Thorins ou encore Saint-Symphorien d’Ancelles. Cette construction doit permettre de valoriser les effluents issus de l’élevage pour produire de l’énergie et va également traiter les déchets de la collectivités et accueillir une plateforme de compostage. Le volume annoncé est important : 23 400 tonnes par an.
C’est cette ampleur qui pose problème aux riverains opposant. Regroupés sous la forme de l’association Espace nature vallée Beaujolais (AENVB) ils craignent des nuisances olfactives, sonores et l’augmentation du trafic routier. Sans oublier les risques d’incendies, d’explosion ou de pollution des eaux. Le patrimoine des riverains pourrait ainsi se dévaloriser. Cette association est soutenue par la Frapna.
À l’issu de l’enquête publique, le Préfet a pourtant autoriser la construction de l’usine. L’association récolte actuellement des fonds pour poursuivre son action.

L’anneau des sciences
Le tronçon ouest du périphérique lyonnais est un sujet très ancien. Mais il devrait s’accélérer dans les prochains mois. En effet, Gérard Collomb en a fait une promesse de mandat lors de sa dernière élection et l’enquête publique est annoncée pour 2016, en vue de démarrer les travaux en 2020. Pour autant, le tracé ne fait pas l’unanimité. C’est la version courte qui est pour l’instant retenue : 14,8 kilomètres reliant la porte de Saint-Fons (ou celle de Gerland) à la porte de Valvert. Une partie serait enterrée sur 80 % de son parcours. "Nous avons repéré des enjeux naturalistes sensibles”, annonce la Frapna du Rhône. La contestation, encore, pourrait alors prendre de l’ampleur avec le début des enquêtes publiques. A condition que le projet à 2,5 milliards d’euros soit maintenu, dans un contexte de coupes budgétaires drastiques...

ISÈRE
Le Center Parcs de Roybon

Le groupe Pierre & Vacances souhaitait implanter un Center Parcs dans la forêt de Chambaran, en Isère (voir Mag2 Lyon de décembre 2014). Malgré une enquête "loi sur l’eau” défavorable au projet, le Préfet avait tout de même autorisé le début de travaux et la déforestation avait commencé. Le protestation a pris de l’ampleur et les "Zadistes” se sont installés sur le chantier, stoppant la progression. Mi-décembre, le tribunal administratif de Grenoble saisi par les associations opposantes a ordonné la suspension des travaux. Pierre & Vacances ainsi qu’André Vallini, secrétaire d’Etat en charge de la réforme territoriale et ex président du Conseil général de l’Isère, espèrent tout de même que le projet se fera. Les Zadistes occupent toujours la zone.

AIN
Une cité médiévale à Aranc

Ce futur parc de loisirs doit occuper 10 ha d’espaces naturels sur le site de Montcornelles. Il aura pour objet la création d’un village type médiéval avec des techniques du moyen-âge et mettra en valeur les savoir-faire locaux des charpentiers, tailleurs de pierre, maçons... 85000 visiteurs seraient attendus et le coût est estimé à 2 millions d’euros, pris en charge par l’Etat, la Région et le Département.
Problème : l’Agence de l’eau a mis en garde les institutionnels du risque d’impact sur la ressource en eau. D’après le rapport rendu : "les éléments ne permettent pas de conclure à la faisabilité de l’alimentation en eau potable du site du projet, en quantité et en qualité, sans perturbation pour le reste du réseau”. La faune serait aussi menacée puisque le site est fréquenté par des oiseaux protégés, des reptiles, des invertébrés et des mammifères. La Frapna s’oppose ainsi à la concrétisation de cette cité médiévale. Elle pourrait pourtant voir le jour en 2015...

Un parc éolien à Innimond
Innimond, petit village d’une centaine d’habitants, est au coeur d’une polémique concernant l’installation d’un parc éolien. Ce dernier comprendrait 6 aérogénérateurs d’une hauteur de 130 m, modifiant totalement le paisible paysage d’Innimond. Et serait situé à proximité de site remarquables et notamment Natura 2000. Les éoliennes pourraient perturber des espèces de chiroptères et le lynx, présent dans le coin. Du coup, les trois quarts des habitants ont signé une pétition contre le projet soutenu par le maire réélu en mars dernier. Une association s’est créée : Innimond Nature et Protection du Patrimoine. La mobilisation semble payer : les villageois seront appelés à se prononcer sur le parc éolien le 8 février prochain.

Une ferme aux 1000 vaches à Saint-Didier-d’Aussiat

Une ferme de 1000 vaches dans la Somme a défrayé la chronique fin 2014. Pourtant, un projet quasiment identique est passé inaperçu en Bresse. Située à Saint-Didier-d’Aussiat, cette ferme doit accueillir 1020 bovins. Elle pose le problème de l’élevage en masse et des risques sanitaires que cela entraine. Pour autant, cette ferme bressane a obtenu un avis favorable de la direction régionale de l’environnement à Saint-Didier-d’Aussiat dans l’Ain. La Frapna s’oppose à ce projet, tout comme les représentants locaux d’EELV.

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