Gary Stal, le golfeur lyonnais qui monte

Date de publication : 09/06/2015

Inscrit au Golf Club de Lyon, à Villette d’Anthon en Isère, Gary Stal évolue sur le circuit professionnel depuis 2013. En janvier dernier, il a fait parler de lui en remportant, à 22 ans, une épreuve majeure du Tour Européen, à Abu Dhabi, aux Emirats Arabes Unis. Le jeune homme semble promis à un bel avenir. Portrait. Par Clément Barraud

Fin avril, au bar du Golf Club de Lyon, Gary Stal profite d’un moment de calme après deux semaines à l’autre bout du monde. Le golfeur vient de participer à deux tournois majeurs, en Chine. "Je n’ai pas été très bon, mon meilleur résultat a été 44e sur la première épreuve”, souffle-t-il. Peu satisfait de sa performance, il revient à Villette d’Anthon pour se ressourcer et reprendre des forces après un début d’année tonitruant. Afrique du Sud, Etats-Unis, Emirats Arabes Unis... Depuis quelques mois, Gary Stal se rend aux quatre coins du monde pour disputer les plus grands tournois du circuit européen. Un rythme effréné pour le jeune homme, originaire de Villette. La maison familiale est située à proximité du Golf Club, un avantage non négligeable pour ce passionné.
"Je l’ai poussé à faire du sport parce que ça rend très fort mentalement”, assure Georges, son père, lui-même golfeur et ancien dirigeant d’une entreprise de démolition automobile, dans le 3e arrondissement de Lyon. La famille Stal a toujours vécu ici. Petit, il touche à tout : tennis, karaté, ski, mais préfère traîner sur les greens. Même s’il n’est pas très loquace, une chose est sûre : le natif de Décines ne jure que par le golf. "J’ai commencé très jeune, vers 3-4 ans, raconte-t-il. Mon père m’emmenait au golf de Villette d’Anthon et j’y ai pris goût. Au début c’était un amusement, puis j’ai commencé à me mesurer à d’autres joueurs, jeunes et moins jeunes”. Après les cours, il se rend sur le terrain d’entraînement pour taper des balles, encore et encore. Au fil des années, Gary progresse et songe de plus en plus à vivre du golf. D’autant plus qu’il ne se plaît pas vraiment sur les bancs de l’école. "À 16 ans, il m’a annoncé qu’il voulait arrêter les études pour se consacrer à sa passion. Ça ne m’a pas surpris, on n’est pas très scolaire chez nous. Je lui ai dit que j’étais d’accord mais à la condition qu’il s’investisse à fond pour que ça devienne son métier. Je n’ai pas eu besoin de le lui rappeler par la suite, c’est un gros bosseur”, explique Georges Stal. Gary s’entraîne dur pour monter les échelons un à un.

Dans le grand bain

Dans la catégorie amateur, il remporte plusieurs compétitions et devient même champion d’Europe avec l’équipe de France. En 2012, alors qu’il n’a que 20 ans, il termine 11e du classement mondial et se voit ouvrir les portes du circuit professionnel. Ce passage d’un monde à l’autre, le jeune Villettois le vit bien, soutenu par son entourage. Son père, notamment, le suit de très près. "Pendant deux ans, je me suis occupé de tout. J’ai constitué un staff autour de lui, avec un entraîneur, deux préparateurs physique et mental, un agent”, précise Georges Staff. Un encadrement qui permet à Gary de suivre le rythme soutenu du circuit pro. Après une saison sur le Challenge Tour, la deuxième division européenne, il passe toutes les pré-qualifications requises et intègre l’élite, le Tour Européen PGA. "J’ai eu des difficultés sur ce circuit, beaucoup de choses ont changé par rapport aux parcours que je connaissais auparavant. Les terrains sont plus fermes, avec plus de pentes... Il a fallu que je m’adapte rapidement”, se souvient-il.

La surprise à Abu Dhabi

Les efforts de Gary Stal finissent par payer. Fin 2014, il termine cinquième en Afrique du Sud. Puis le 18 janvier dernier, il remporte le tournoi d’Abu Dhabi, aux Emirats Arabes Unis, l’un des plus importants de la saison. "J’avais beaucoup de points de retard par rapport aux premiers, je n’aurais jamais dû gagner ce tournoi en temps normal... Mais j’ai saisi ma chance au bon moment”. Une analyse partagée par Benjamin Cadiou, spécialiste golf au quotidien L’Equipe : "Son principal rival, l’Allemand Martin Kaymer, a craqué, mais Gary a su aller chercher la coupe. Cette victoire n’est pas du tout usurpée, la pression était énorme ce jour-là, il n’y avait que des gros noms”. Classé 357e mondial avant l’épreuve émiratie, il fait un bond au classement et rentre dans le top 100, à la 89e place. Il empoche également un chèque de 380 000 euros, ce qui le propulse n°1 français en termes de gains. En quelques jours, Gary change de statut. "Depuis le début de l’année, il a gagné environ 500 000 euros. C’est beaucoup d’argent d’un coup, mais ça ne lui fait pas tourner la tête, ce n’est pas un but pour lui. On vient d’un milieu modeste, j’ai moi-même longtemps travaillé comme mécanicien. Gary aurait très bien pu faire un autre métier moins prestigieux, ce n’était pas le problème. Mais mon discours aurait été le même : qu’il s’y mette à fond”, affirme Georges. Toutefois, il veille à ce que son fils garde les pieds sur terre, dans un milieu comme le golf où l’argent est très présent.

Se maintenir au haut niveau

Pour Gary, les semaines qui ont suivi sa grosse performance à Abu Dhabi ont été compliquées : "J’ai eu un coup de mou, je n’ai pas bien joué. Il a fallu libérer de la pression et garder la tête sur les épaules”, concède-t-il. Malgré cette période difficile à gérer, son père n’est pas inquiet : "Il a eu besoin de temps pour digérer mais c’est normal. Il sait où il veut aller, il va se remettre dans le bon rythme”.
Trois autres Français font partie des 100 meilleurs mondiaux, avec qui il s’entend bien. "On a été champions d’Europe ensemble, on est comme une petite famille”, sourit-il. Mais depuis sa victoire à Abu Dhabi, le regard des autres golfeurs a changé. "Depuis, je suis vu comme un vainqueur, je ne suis plus personne. Les autres me remarquent, me saluent, ça change...". Le jeune homme a de l’ambition, mais ne s’étend pas sur ses objectifs précis. D’ici à la fin de l’année, il espère "bien figurer sur les plus gros tournois du circuits, dont l’US Open. Mon but est de me maintenir parmi les meilleurs joueurs européens, avant de voir plus haut”. Un objectif largement abordable, selon le journaliste Benjamin Cadiou : "Il a un gros mental qui lui permet, en compétition, de tirer 120 % de son potentiel. Il est bien entouré, il a une bonne maîtrise. Dans les années qui viennent, il peut tout à fait figurer dans le top 30 européen”. En attendant, Gary, qui habite désormais à Genève et s’y entraîne, continue de se rendre régulièrement à Villette pour retrouver ses proches et les membres du Golf Club. Il ne rate pas une occasion d’aller sur le practice pour s’entraîner, sous le regard de son père. "Quand je lui demande à quoi il pense au moment où il tape la balle, il me répond qu’il s’imagine en finale du British Open, un tournoi du grand chelem !”. Au beau milieu du green, en toute discrétion, le gamin de Villette voit loin.


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