On a aimé : Les poupées extravagantes de Julien Martinez

Date de publication : 09/06/2015

ON A AIME

L’univers Julien Martinez s’inspire d’un univers cinématographique particulier. De Tim Burton à Jim Henson, réalisateur de Dark Crystal, l’ambiance oscille entre le baroque, la fantaisie et la science fiction. L’artiste, passé par l’école des Beaux Arts de Bordeaux, puise également son imagination dans la littérature du XIXe siècle et dans la bande dessinée. Dès que l’on franchit la porte de la salle d’exposition, on s’imprègne de ce monde. Les personnages rappellent forcément des films ou des livres qui nous ont marqué : Alice au pays des merveilles, un chapelier toqué, un vieux roi de la mer… Chaque poupée a son petit nom, certaines sont articulées et prennent un air théâtral. On jubile presque devant les expressions de ces figurines plus vraies que nature.

Le sens du détail Des petites étoiles de mer, du maquillage, des costumes travaillés... Julien Martinez soigne ses pièces, et ça se voit. Chaque poupée est soigneusement travaillée, de la matière brute au costume. Certaines sont en résine, d’autres en porcelaine. Les yeux, en cristal ou en verre, paraissent réels. Plusieurs semaines sont nécessaires à l’artiste pour réaliser un exemplaire. La présentation est également aboutie, chaque poupée étant renfermée dans un cadre en verre avec un décor adapté à la scène.

Le cabinet noir, réservé aux adultes L’équipe du musée a eu la bonne idée de séparer l’exposition en deux parties. Derrière un rideau noir, une petite pièce abrite quelques œuvres mises à l’écart pour "éviter les critiques”. Un choix judicieux, puisque les poupées exposées derrière le rideau ne sont pas franchement à portée de tous. De la petite fille au teint blafard, le regard perdu, à une prostituée attendant les clients, en passant par des corps démembrés… Des œuvres explicites qui, bien qu’elles soient remarquables dans leur conception, ne sont pas vraiment destinées aux enfants.

ON N’A PAS AIME

L’atmosphère inquiétante Une Petite Sirène un peu triste, un clown franchement flippant… Certaines poupées peuvent faire grimacer. La musique de fond à la Hitchock, ponctuée de bruits de corbeaux, rend l’ambiance encore plus angoissante. On se dit alors que la mise en scène est un peu trop exagérée. Julien Martinez s’inscrit en effet déjà dans ce registre en avouant "être attiré par le morbide et les arts funéraires”. Ce n’était peut-être pas la peine d’en rajouter, au risque de créer une ambiance pesante.  

Le manque de cohésion En déambulant entre toutes les œuvres, on finit par chercher, en vain, un fil conducteur. Certaines poupées, comme ces deux éléphants ou les personnages de cirque aux couleurs criardes, contrastent avec les visages pâles des petites filles exposées à côté. Les 65 pièces que compte l’exposition retracent une quinzaine d’années de travail pour Julien Martinez, avec des périodes différentes. Résultat, on peut s’y perdre.

Verdict L’exposition de Julien Martinez parvient à casser les codes du monde de la poupée. Loin de l’image douce et policée que l’on peut en avoir, l’exposition donne à voir de véritables personnages, parfaitement travaillés. À contre-courant de ce qui est présenté dans le reste du musée, elle provoque des émotions, à intriguer, voire à déranger. L’artiste tutoie le second degré, et ça marche.

Musée Miniature et Cinéma : 60 rue Saint-Jean, Lyon 5e. 04 72 00 24 77.
Tarifs de 6,50 à 9 euros. Exposition "Poupées extravagantes”, jusqu’au 27 septembre.




















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