Les confidences de Jean-Michel Aulas

Date de publication : 07/09/2015

Alors que le Grand Stade devrait accueillir son premier match en janvier 2016, Jean-Michel Aulas prépare sa 28e saison à la tête de l’Olympique lyonnais. L’avenir du club, la concurrence avec les Qataris du PSG, mais aussi sa personnalité et ses ambitions, le patron du club de foot lyonnais s’est confié à Mag2 Lyon. Entretien. Par Maud Guillot

BILAN DE LA SAISON

Est-ce que la saison qui vient de se terminer relève du miracle sur le plan sportif puisque personne ne pariait sur votre équipe qui a finalement terminé 2e ?
Jean-Michel Aulas : Non, ce n’est pas un miracle. Certes, cette deuxième place est dans la version haute de ce qu’on avait imaginé car on visait les 3 premières places en début de saison. Mais on aurait aussi pu remporter le titre puisqu’on a été premiers plusieurs mois et qu’on a fait douter le PSG. Il y a donc des raisons légitimes à cette réussite.

Comment expliquez-vous cette réussite ?

A l’OL, il y a une tradition de la victoire. On a l’habitude d’être dans le haut du panier. 
Il n’y avait pas de raison que ce ne soit pas le cas encore cette année. On n’avait pas fait de recrutement spectaculaire depuis trois ans, mais on n’avait pas non plus vendu nos meilleurs joueurs. Ensuite, nous avons un centre de formation exceptionnel, sacré pour la troisième fois numéro 1 en France. Au final, si on regarde les statistiques, Lyon a été qualifié 18 fois d’affilée en Coupe d’Europe et a été classé 10 fois 1er ou 2e au cours des 15 dernières années...

Vous êtes également satisfait de votre entraîneur Hubert Fournier ?

Oui, Hubert Fournier qui venait d’arriver s’est bien intégré et a apporté des choses différentes de ses prédécesseurs. Mais c’est tout le management qui est à féliciter. Côté sportif, il y a aussi Bernard Lacombe en qui j’ai totalement confiance mais qui n’est pas hiérarchiquement supérieur aux entraîneurs, ce qui évite des conflits d’ego, conflits qui sont nombreux dans le foot. Le conseiller éclaire de ses bons conseils, l’entraîneur est en lien direct avec moi. Le mode de management est ferme et familial. C’est cette constance qui nous permet de réaliser des performances.

Vous êtes finalement déçu de ne pas avoir gagné le championnat ?

Non, ça s’est joué à pas grand chose. Exemple : On aurait dû gagner le match contre Nice, à 5 journées de la fin. On a loupé quelques occasions. Et là, on n’aurait pas réalisé un miracle mais un exploit ! Ceci dit, il y a eu des décisions opérationnelles de la Ligue qui nous ont été défavorables et sans lesquelles on aurait peut-être pu faire mieux...


Vous ne pouvez pas vous empêcher de râler...
Non, justement, je n’ai pas râlé ! On n’a pas été protégés dans le calendrier, alors que dans les autres pays, les clubs qui jouent les compétitions européennes le sont. En revanche, concernant la suspension d’Ibrahimovic, je persiste : elle a été levée sans réelle justification. Il a insulté le football français et la France. On lui a quand même donné le droit de jouer, ce qui a pu fausser le championnat...



YOAN GOURCUFF



Avec le recul comment expliquez vous le cas Gourcuff ? Ce joueur qui n’a jamais réussi à s’imposer avait-il des problèmes spécifiques ?
C’est délicat de parler de Yoan Gourcuff car il y a un côté personnel qu’il faut aborder avec pudeur. C’est un garçon qui, psychologiquement, a beaucoup souffert. Donc il s’est recroquevillé. Or dans un sport collectif, un joueur qui ne s’exprime pas positivement avec et pour les autres, garde son talent pour lui-même. La spirale a ensuite été négative.


Il semblait pourtant bien parti cette saison ?


Oui, j’étais convaincu que cette saison était la bonne. Ça aurait transformé la fin de sa carrière à Lyon. Mais il est sorti par la petite porte, en étant entré par une très grande porte. Je suis déçu autant pour lui que pour nous. Car ce n’est pas un garçon qui triche. Il n’a pas réussi à utiliser ses qualités pour le collectif. S’il avait été joueur de tennis, je suis sûr qu’il se serait ressaisi.

Mais est ce que l’OL n’est pas aussi responsable de son échec ?
Je ne pense pas. A Bordeaux, il avait bien réussi. Mais ils l’ont vendu, parce qu’ils s’étaient rendu compte de certaines choses. Nous on s’en est rendu compte après... Ils ont été plus malins que nous, on était fans, et ils nous l’ont bien vendu ! A Milan également, il ne s’était pas imposé mais c’est bien après que les gens se sont exprimés. C’est dommage. Car j’aime beaucoup Yoann en tant que personne.


En tout cas, ça a été une catastrophe industrielle pour le club !

Non, car le club n’est pas en péril au niveau économique et, sportivement, on a été performant. En revanche, c’est effectivement une très mauvaise opération pour nous. Mais ce n’est pas de sa faute. Il n’a pas fait exprès de ne pas réussir. Ça nous a coûté une fortune en coûts salariaux, mais aussi en gêne indirecte. Car quand vous avez un joueur qui a une rémunération très élevée, le collectif l’a dans la tête. Ça m’a aussi pris beaucoup de temps en termes de management personnel. (...)

La suite de ce grand entretien avec Jean-Michel Aulas est à lire en intégralité dans le numéro juillet-août 2015 de Mag2 Lyon
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