Où trouver 40 millions ?

Date de publication : 07/09/2015

Institutions culturelles, associations, clubs sportifs, mais aussi fonctionnaires et usagers, tout le monde va être mis à contribution. Mais quand et à quel niveau ? Mag2 Lyon décrypte le plan d’économies adopté par la Ville de Lyon. Par Maud Guillot

Culture

C’est le secteur qui contribue le plus aux économies en termes de montant : 7 millions d’euros. Mais la culture est aussi le deuxième poste de dépenses de la Ville, puisqu’il représente 20 % du budget. Un budget qui n’a cessé d’augmenter au cours des deux derniers mandats. De plus, proportionnellement à son poids, il n’est pas "sacrifié”. C’est-à-dire que les institutions culturelles ne feront pas plus d’efforts que les autres secteurs. La Ville a décidé de baisser de 7 % ses dépenses de fonctionnement. C’est ce ratio qu’elle applique à la culture.
Parmi les changements, certes symboliques, on note la création d’un poste unique de directeur pour les trois musées : Gadagne, Malartre et Imprimerie. C’est Xavier de la Selle, 49 ans, qui a pris ses fonctions en mai. "Cette nouvelle configuration s’inscrit dans un souhait de la Ville de renforcer les synergies et les coopérations entre les trois principaux musées liés à l’histoire de Lyon, au bénéfice du public” a expliqué l’adjoint à la Culture Georges Képénékian. L’objectif est aussi de supprimer des hauts salaires ! Chaque musée conservant toute de même ses collections et son projet scientifique. Il faut également dire que ces établissements ne sont pas "stratégiques” pour la Ville... D’ailleurs, faute de visiteurs, le musée Malartre ne sera, désormais, plus ouvert que l’été.
Musée encore, le tarif des billets d’entrée devrait augmenter. La proportion n’a pas été fixée mais tous les établissements dépendants de la Ville seraient concernés : MAC, Musée des Beaux Arts... Une certitude : la gratuité sera conservée pour les enfants, dans une perspective pédagogique. Une politique qui fait d’ailleurs le succès du Musée des Confluences qui est, lui, sous l’égide de la Métropole. En revanche, les pistes de réflexion portent sur la gratuité des accompagnants de personnes handicapées et bien sûr le prix du ticket adulte. Les arbitrages ne sont pas encore tombés.
Côté bibliothèques, l’automatisation des prêts permet de réduire le nombre de postes. Il n’y aura donc que 14 embauches, au lieu de 24 nécessaires, pour l’ouverture des trois nouvelles bibliothèques de Lacassagne dans le 3e arrondissement, Sèze dans le 6e, ou Gerland dans le 7e. Pas de conséquences majeurs pour les usagers. 
Pour les grandes institutions culturelles, le choc va être un peu plus rude. Gel du budget de l’Orchestre National de Lyon et des Célestins alors qu’il devait progresser de 1,5 %, maintien du soutien à l’Opéra, baisse de celui des Subsistances, diminution du budget du Musée des Beaux-Arts, du Musée d’Art contemporaine et des Archives municipales... la Ville entend économiser plusieurs millions. Donc près de 1 million uniquement auprès de l’ONL et des Célestins (voir interview). Pour autant, la fronde n’est pas encore déclarée dans ce milieu très dépendant des subventions publiques, où certains responsables sont aussi conscients des réalités économiques. Le Conservatoire qui devait voir sa subvention baisser est finalement épargné, pour favoriser l’éducation à la musique.
Quelle conséquences cela va-t-il avoir sur la programmation et surtout la création de ces institutions ? "L’idée n’est évidemment pas de tuer la création. Ils devront réorganiser leur programmation culturelle” explique Gérard Claisse. "Chacun doit faire des efforts. Et puis, on va leur laisser le temps de trouver d’autres sources de financement, par exemple le mécénat.” Cette baisse des subventions se fera donc sur plusieurs années.

Sport


Environ 1 million d’euros va être récupéré au niveau du sport, à partir de 2016.
345 000 euros, c’est tout d’abord la somme dont devra se passer l’OL qui part à Décines. Ce qui recouvre la subvention attribuée pour la formation des jeunes et l’achat de prestations (budget maintenu en 2016, avec l’Euro). Il s’agit pour la Ville de "prendre en compte le nouveau modèle économique de l’OL”. Une goutte d’eau pour Jean-Michel Aulas qui annonce un budget de 180 millions d’euros... (voir Grand Entretien dans ce numéro). Dans le même temps, la Ville va faire des économies sur l’entretien du stade de Gerland, notamment en reprenant en régie la pelouse, soit 150 000 euros d’économies. 
Le LOU Rugby qui a le malheur de redescendre en Pro D2 va voir sa subvention rabotée. Enfin, pas question de créer de nouvelles patinoires ou piscines, équipements qui font pourtant cruellement défaut à Lyon. Les équipes vont même être "rationalisées”. Concrètement, les pôles techniques vont être regroupés.

Petite enfance

Cette mesure va surprendre plus d’un parent qui a cherché en vain une place en crèche à Lyon. La Ville va tenter d’améliorer son taux d’occupation qui n’est que de 71 % ! Tous les enfants ne sont en effet pas à temps plein dans ces établissements et tous les emplois du temps ne se compensent pas. Résultat, les crèches sont sous exploitées. L’optimum étant autour de 77-78 %, la mairie espère une progression de 1,5 point sur le mandat, soit 330 000 euros de recettes supplémentaires. "Il faut donc gérer de façon plus optimale les demandes des places en temps partiel, pour, en plus, rendre plus de services à la population” conclut Gérard Claisse.
Plus polémique, la Ville envisage de louer 10 % de ses places à des entreprises privées, charge à elles de les occuper. Pour récupérer 1,5 million d’euros. Problème, les salariés des entreprises concernées seraient donc privilégiés. Puisqu’ils ne devront plus passer par le filtre des fameuses commissions. "Mais on peut tout à fait instaurer des critères de priorité pour restaurer l’équité” ajoute-t-il. La Ville de Lyon pourrait d’ailleurs faire partie de ces entreprises adhérentes, car les fonctionnaires ne sont aujourd’hui pas prioritaires pour obtenir des places en crèche. (...)

Scolaire, associations, personnes âgées, stationnement
, impôts, fonctionnaires... Découvrez où se font le reste des économies dans le numéro juillet août de Mag2 Lyon.

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