Elections régionales : le sondage évènement


Date de publication : 09/10/2015


Les principaux acteurs du prochain scrutin sont en place. Le jeune député-maire du Puy-en-Velay Laurent Wauquiez défie, au nom des Républicains, le président sortant du conseil régional Jean-Jack Queyranne, un élu expérimenté. Avec les écologistes et le FN qui espèrent créer la surprise. Mag2Lyon a donc commandé un sondage à l’institut BVA (les détails sont à lire et ici) pour avoir une vision précise des forces en présence. Analyse. Et réactions.

1- Laurent Wauquiez serait élu président du conseil régional Rhône-Alpes-Auvergne si les élections avaient lieu en cette rentrée 2015. C’est le principal enseignement de ce sondage exclusif BVA-Mag2Lyon. Plus marquant : sa victoire serait assurée dans toutes les configurations possibles. Même dans une triangulaire au second tour face à une liste d’union de la gauche et des écologistes rassemblés derrière Jean-Jack Queyranne avec un Front National au-delà des 20%. Dans cette hypothèse, l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy l’emporterait encore avec 40% des voix. Bien sûr, à trois mois des élections régionales, rien n’est encore joué et Jean-Jack Queyranne peut encore espérer renverser cette tendance car Laurent Wauquiez ne creuse pas l’écart de manière spectaculaire. En revanche, il confirme son statut de favori de cette élection où le Parti Socialiste et ses alliées pourraient perdre plusieurs Régions gagnées lors des précédents scrutins. Autre élément à prendre en compte qu’on découvre dans les détails du sondage fournis par BVA à Mag2Lyon : la fermeté du choix. Cet institut réputé pour son professionnalisme a naturellement demandé aux électeurs s’ils étaient sûr de voter le moment venu pour le candidat qu’ils soutiennent aujourd’hui. 76 à 82% des électeurs de Laurent Wauquiez affirme que leur choix est déjà arrêté. Le jeune député-maire du Puy-en-Velay n’avance donc pas sur du sable mouvant. Seuls les électeurs du FN sont légèrement plus déterminés que les siens (79 à 86% sûrs de leur choix). Autre enseignement intéressant : le Modem qui a occupé son début de campagne jusqu’à son alliance contestée (voir encadré), ne lui est pas totalement indispensable pour gagner. Sans ce soutien, il devance toujours Jean-Jack Queyranne de 9 points au 1er tour comme au 2nd tour.

2- Jean-Jack Queyranne paye cher sa rupture avec les écologistes. Ne s’estimant pas considérés à leur juste valeur après avoir réalisé en Rhône-Alpes leur meilleur score de France aux élections régionales de 2010, ils se sont peu à peu radicalisés. Ce qui s’est traduit par le choix comme tête de liste de Jean-Charles Kohlhaas, bien décidé à ne lui faire aucun cadeau et à négocier son ralliement au prix fort lors du second tour puisqu’il laisse entendre qu’une alliance au second tour ne serait pas forcément automatique. Le président sortant du Conseil régional, ancien ministre et ancien député-maire de Bron, a le plus souvent géré sa majorité avec une certaine habileté au cours de ce mandat, trouvant des appuis parmi les écologistes les plus modérés. Mais sur certains dossiers, il a paru hésiter entre les marginaliser en s’appuyant sur des majorités de circonstances ou au contraire à céder comme sur le projet de Center Parcs à Roybon dans l’Isère qu’il a préféré suspendre. Du coup, l’électorat écologiste, toujours très mobilisé pour les élections régionales et européennes où le scrutin proportionnel leur permet de mieux se faire entendre, ne se reporte pas massivement sur lui en cas d’alliance au second tour. Jean-Jack Queyranne totalise au maximum 38% des voix alors que le potentiel de la gauche, PS, PRG, écologistes et communistes réunis, atteint les 41 à 42%. Quelles sont ses marges de manoeuvre ? Elles se situent tout d’abord chez les électeurs de ses alliés traditionnels. En s’alliant avec des écologistes modérés, rassemblés dans le nouveau parti lancé par François de Rugy et Jean-Vincent Placé qui ont claqué la porte des Verts en les accusant de dérive gauchistes, Jean-Jack Queyranne pourrait récupérer quelques points. Un soutien réel du PC, aujourd’hui isolé, pourrait aussi appuyer sa candidature au second tour. Mais l’arithmétique électorale n’est jamais simple. Les communistes se sont clairement désolidarisés de la politique actuelle du gouvernement soutenue par Jean-Jack Queyranne. Même si leurs leaders opèrent un revirement au niveau régional en se ralliant au PS pour barrer la route à Laurent Wauquiez, leurs électeurs ne vont pas forcément les suivre. Autre piste : la tentation centriste. La Lyonnaise Anne-Sophie Condemine à qui certains prêtaient l’intention de lancer une liste Front Démocrate autonome, a précisé à Mag2Lyon que ce n’était pas d’actualité et qu’elle négociait une liste commune avec le PS. Mais la faible notoriété de son mouvement risque de limiter son impact électoral. De plus, son leader, l’ancien écologiste Jean-Luc Bennahmias est tenté de rejoindre le nouveau parti créé François de Rugy et Jean-Vincent Placé. Ce qui brouille les cartes ! La partie est donc serrée pour le président sortant du Conseil régional qui va faire pour la première fois une campagne sur deux régions.

3- Un FN en légère baisse. Le Front National réalise de bons scores aux élections régionales depuis le milieu des années 1980. C’est ce qui a permis à son leader historique, Bruno Gollnisch, d’émerger sur la scène politique nationale avant d’être élu député européen malgré des scores limités aux élections municipales Lyon. Est-ce son retrait des élections régionales et son départ vers le sud de la France qui explique ce recul du FN qui perd xx % par rapport à son résultat en 2010 ? D’évidence, ni le FN, ni Gollnisch n’ont gagné dans cette opération puisqu’il peine à percer dans sa nouvelle région et que son parti n’a pas trouvé de successeur aussi médiatique. Ce recul peut aussi s’expliquer par le spectacle pitoyable de la guerre familiale des Le Pen. Inversement, le FN peut aussi estimer sauver les meubles car il a confié la tête de liste au lyonnais Christophe Boudot qui réalise jusqu’à 22% des voix au second tour malgré sa faible notoriété régionale.

4- Des écologistes qui talonnent le PS. Le poids réels des écologistes dans la vie politique est toujours difficile à évaluer car leurs résultats varient de quelques pourcents à la Présidentielle jusqu’à 20% lors des élections régionales et des européennes. Mais ce sondage BVA-Mag2Lyon démontrent qu’ils sont enracinés dans la vie politique régionale et que le PS a tort d’expliquer leurs percées électorales par des éléments purement de circonstances. Cependant, les écologistes ne réussissent pas leur pari de devancer le PS comme à Grenoble où Eric Piolle a battu Jérôme Saffar, l’actuel directeur de campagne de Jean-Jack Queyranne, aux dernières élections municipales. Selon ce sondage, ils jouent les seconds rôles. De plus, leurs électeurs ne sont que 52% à être certains de leurs choix au 1er tour. En revanche, on note que ces mêmes électeurs leurs restent fidèles au second tour quand leur liste se maintient plutôt que de voter utile en soutenant Jean-Jack Queyranne, mieux placé pour gagner. Un poids supplémentaire pour négocier.


5- Le Modem n’est pas mort. Avec 7% au 1er tour, il peut s’allier avec une liste capable de se maintenir au second tour. Est-ce qu’il ira au secours de Jean-Jack Queyranne pour battre un Laurent Wauquiez jugé trop à droite par certains centristes ? Rien n’est moins sûr. Le score de ce parti centriste apparaît aujourd’hui aussi incertain que sa stratégie. Son leader régional, Patrick Mignola, affirmait avant l’été qu’il présenterait bien une liste autonome au 1er tour mais il s’est finalement rallié à Laurent Wauquiez sans attendre. Une stratégie aussitôt dénoncée par le lyonnais Cyrille Isaac-Sibille qui se fait fort d’obtenir un désavoeu cinglant par François Bayrou d’ici fin septembre et son soutient pour une liste autonome. Il a été rejoint par d’autres Modem, notamment Jean-Marie Peyron, président du Modem Haute-Loire. Mais Patrick Mignola et Laurent Wauquiez affirment au contraire que cette alliance aura l’aval officiel du Modem...


6- Des communistes marginalisés.
Leur leader Cécile Cukierman, sénatrice de la Loire, s’est mobilisée tout l’été pour convaincre l’alliance EELV-Parti de Gauche de l’accepter dans leur rassemblement. Sans succès. Avec 3% au 1er tour, sa liste n’aurait même pas le droit de se rallier à une liste présente au second tour puisqu’il faut atteindre au moins 5% des voix. Les communistes devraient trancher mi-septembre sur leur stratégie finale.

Article extrait de la rubrique "Politique” du numéro de septembre 2015 de Mag2 Lyon
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