Alternative et écologiste

Date de publication : 10/11/2015

Les écologistes ont décidé cette fois-ci de partir dans le cadre d’un Rassemblement citoyen écologique et solidaire avec le Parti de Gauche, la Nouvelle Gauche Socialiste, Ensemble! et Nouvelle Donne. Objectif : devancer le PS et battre la droite. Interview de
Corinne Morel-Darleux, porte-parole de cette liste.

Ne regrettez-vous pas cette liste autonome quand vous voyez que la gauche peut perdre cette élection régionale ?

Corinne Morel-Darleux : Nous n’avons aucun regret. Il y a toujours eu des listes écologistes autonomes aux élections régionales car c’est un des rares scrutins à la proportionnelle. Les citoyens peuvent donc adhérer au projet qui est le plus proche de leurs aspirations. Ce qui déçoit les électeurs, c’est que depuis des décennies, on passe du Parti Socialiste à la Droite, et vice-versa, sans que rien ne change dans leur quotidien. Avec notre liste, nous représentons une alternative de gauche et écologiste.

Vous reprenez le discours du FN sur l’UMPS ?
Non, le PS et l’UMP, ce n’est pas la même chose. En revanche, la différence entre la politique désastreuse économique de François Hollande et une politique de droite est vraiment mince. La présence de plusieurs listes de gauche à ces élections régionales peut donc permettre de réduire l’abstention car nos propositions sont différentes.

Est-ce que le Parti de Gauche et les écologistes sont ensemble cette fois parce qu’ils avaient peur d’être marginalisés s’ils étaient seuls ?
Non, on est ensemble parce que cela fait des années qu’on se retrouve sur les mêmes positions et parce qu’on est plus fort ensemble. Notre volonté commune est de partir uni pour devancer le PS au 1er tour et garder la Région à gauche car notre analyse, c’est que Jean-Jack Queyranne n’est pas en mesure de battre Laurent Wauquiez.

Croyez-vous toujours pouvoir devancer le PS au 1er tour ?
Oui bien sûr. Les sondages actuels, réalisés à trois mois des élections régionales, sont à relativiser car il y a encore beaucoup d’indécis. De nombreux électeurs ne savent pas à quoi sert le Conseil régional et ils n’ont pas réalisé qu’il y avait un scrutin début décembre. Il faudra bien trois mois de campagne pour les sensibiliser.


Mais Laurent Wauquiez semble quand même favori dans cette élection...

Il bénéficie pour l’instant de l’attrait de la nouveauté et de sa présentation dans les media comme le quadra dynamique. C’est au contraire une personnalité extrêmement controversée qui a des paroles choquantes, contre les écologistes qu’il qualifie d’ayatollahs verts ou contre les précaires qu’il désigne comme le cancer de la société. Les citoyens attendent au contraire besoin d’un discours de réconciliation.

En quoi votre méthode est différente des autres listes ?
Nous ne sommes pas un simple rassemblement de partis. Nous les dépassons. Par exemple, nous allons mettre en place une assemblée représentative d’environ 80 personnes dont beaucoup de gens non encartés qui valideront les listes, définiront les priorités en terme de programme et débattront de la stratégie pour le second tour.
C’est très différent du fonctionnement actuel de la Région où tout s’est resserré autour du cabinet de Queyranne. On se retrouve avec des kilogs de documents à voter sans en avoir eu connaissance au préalable. Cela nous empêche, en tant qu’élu, de faire de la concertation.

Pensez-vous gagner la Région comme Eric Piolle a gagné Grenoble à la tête d’une liste écologiste et de gauche ? C’est une ville où la deuxième gauche était forte dès les années 70, où les écologistes font de bon scores depuis 30 ans...
La politique d’Eric Piolle n’est pas un modèle absolu mais une source d’inspiration. On a aussi regardé ce qui se passe avec Podemos en Espagne ou Syriza en Grèce. Je suis dans la Drôme et je regarde aussi ce qui se passe à Saillans*, un petit village où la liste citoyenne élue aux dernières élections municipales a mis en place un conseil des sages qui examine sa politique avec un regard critique et bienveillant. On aimerait que notre assemblée représentative continue après l’élection régionale en assumant cette fonction.

Mais Eric Piolle est critiqué à droite comme à gauche car on lui reproche de vouloir briser l’élan économique de Grenoble...
Il faudrait déjà prendre le temps de faire le tri entre les rumeurs et les réalités. C’est mal connaître Eric Piolle d’imaginer qu’il est contre l’industrie ou la science. Comme moi, il a fait la première partie de sa carrière dans le privé. Grenoble est la première ville où notre gauche est aux manettes. Du coup, à droite comme à gauche, certains critiquent Eric Piolle car ils ont une grande peur d’un mouvement comme Syriza ou Podemos. Jean-Jack Queyranne n’a pas plus envie que Laurent Wauquiez, qu’on gagne la Région. 


Quels seront les principaux axes de votre campagne ?


La question du bien vivre dans cette grande région. Ce qui n’est pas jouer la concurrence entre les grandes métropoles et les territoires ruraux. On a rassemblé 150 personnes cet été à travers des groupes de travail qui ont défini 110 propositions. Elles feront encore l’objet de discussions pour se concentrer sur les compétences du conseil régional.

Qu’est-ce qu’on peut déjà en retenir ?
On veut repartir du quotidien : se déplacer, manger, étudier... Quand on parle aux citoyens des cantines, cela les intéresse. En revanche, l’institution de la Région ne représente rien pour eux. Elle leur paraît hors-sol. Notre objectif ne sera pas qu’on parle de la région jusqu’à Shanghaï avec des projets de prestige ! D’ailleurs, les aides économiques ont été une question particulièrement clivante au cours de ce mandat.


Qu’est-ce que vous changeriez dans ces aides économiques ?

La question est de savoir ce qu’on fait avec l’argent du contribuable. La Région continue à donner des subventions de plusieurs millions d’euros, à des entreprises qui n’en ont pas besoin, font des profits, versent des dividendes à leurs actionnaires, délocalisent, licencient... SMT Electronics par exemple avec 25 millions d’euros versés par la Région !
Si nous gagnons, nous réorienterons ces aides économiques vers les TPE et les PME de la région qui ont la capacité de créer des emplois localement pour peu qu’on les aide un peu car, pour la plupart, elles n’ont plus accès aux banques. On peut imaginer un fond public régional qui fonctionne avec des prêts conditionnés à des critères clairs et lisibles : la création d’emplois dans la région, l’impact environnemental... 


Rien de bon dans le mandat de Jean-Jack Queyranne ?

Si, il y a eu des choses intéressantes. Exemple les territoires à énergie positive pour réduire notre dépendance au nucléaire sous l’impulsion des écologistes. Tout comme la création d’une délégation spécifique chargé du foncier agricole. Mais Jean-Jack Queyranne voulait aussi subventionner le bétonnage des terres agricoles avec le Center Parcs de Roybon. En fait, le vrai problème, c’est que ce mandat a manqué de cohérence.

* Voir reportage dans le Mag2Lyon N°59

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